Israël en guerre - Jour 253

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La procureure-générale estime que Ben Gvir a des « mobiles cachés » dans son désir de renvoyer Shabtai

Baharav-Miara a indiqué au ministre d'extrême-droite que la convocation du chef de la police était "illégale" et qu'elle laissait penser à une tentative d'intimidation des forces de l'ordre

Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, à gauche, pendant une cérémonie officielle de Yom HaZikaron au cimetière militaire d'Ashdod, le 13 mai 2024. (Crédit : Liron Moldovan/Flash90); la procureure-générale Gali Baharav-Miara s'exprime à l'occasion de la conférence annuelle de l'Association israélienne du Barreau à Eilat, le 27 mai 2024. (Autorisation :  Israel Bar Association)
Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, à gauche, pendant une cérémonie officielle de Yom HaZikaron au cimetière militaire d'Ashdod, le 13 mai 2024. (Crédit : Liron Moldovan/Flash90); la procureure-générale Gali Baharav-Miara s'exprime à l'occasion de la conférence annuelle de l'Association israélienne du Barreau à Eilat, le 27 mai 2024. (Autorisation : Israel Bar Association)

La convocation, par le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, du commissaire de la police israélienne Kobi Shabtai pour une audience en amont de son renvoi est illégale et elle doit être annulée, a écrit la procureure-générale Gali Baharav-Miara dans un courrier adressé au ministre, mardi. Elle a ajouté qu’il n’avait pas apporté de raisons suffisantes permettant de justifier ce limogeage.

Ben Gvir avait annoncé, lundi, qu’il examinait la possibilité de mettre un terme prématuré au mandat de Shabtai, qui doit quitter son poste dans deux mois. Il avait expliqué avoir pris sa décision au vu du comportement dysfonctionnel général, selon lui, de ce dernier.

Toutefois, cette recommandation en faveur du départ du commissaire, de la part de Ben Gvir, était arrivée vingt-quatre heures seulement après que Shabtai a informé la procureure-générale que le ministre intervenait illégalement dans les activités de la police.

Baharav-Miara a indiqué qu’elle pensait que le ministre d’extrême-droite avait « des mobiles cachés ».

« La proximité chronologique pose de graves inquiétudes, à savoir, que sous couvert d’affirmations dont vous prétendez qu’elles sont ‘de principe’ visant le commissaire, vous ne tentiez en fait de le ‘sanctionner’ pour avoir cherché à vous empêcher d’interférer de manière inappropriée dans le travail de la police – et ce alors même que vous agissez apparemment en violation directe de la décision expresse qui avait été prise par la Haute-cour de justice », a écrit la procureure à Ben Gvir, ajoutant qu’elle était aussi préoccupée à l’idée que le ministre puisse essayer « de transmettre un message à toute la chaîne de commandement pour l’effrayer ».

D’importants affrontements avaient éclaté, samedi soir, entre les policiers et les fidèles venus sur le mont Meron – des centaines d’hommes ultra-orthodoxes avaient cherché à violer l’interdiction de la présence des pèlerins sur le site, une interdiction décidée en raison de la guerre. Les Juifs haredim se rendent habituellement tous les ans sur le mont Meron à l’occasion de la fête de Lag BaOmer.

Dans son rapport soumis dimanche à Bahara-Miara, Shabtai avait accusé Ben Gvir d’avoir contrevenu à un jugement rendu au mois de janvier par la Haute cour de Justice qui lui interdisait de donner des ordres à la police s’agissant de la prise en charge des manifestations.

Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, à droite, et le chef de la police israélienne Kobi Shabtaï, lors des funérailles de l’officier de la police des frontières, le sergent Shay Germay, au cimetière militaire de Karmiel, le 7 janvier 2024. (Crédit : David Cohen/Flash90)

Baharav-Miara a ajouté dans sa lettre qu’en raison des implications fortes de la convocation de Shabtai à une telle audience, Ben Gvir était tenu de justifier de façon suffisante son initiative en présentant des éléments convaincants.

Dans sa recommandation datée de dimanche, Ben Gvir avait accusé Shabtai d’être « déconnecté », de ne promouvoir que les agents qui sont proches de lui et d’avoir échoué à organiser des réunions en profondeur sur le problème du crime endémique au sein de la communauté arabe israélienne, entre autres.

Toutefois, selon Baharav-Miara, la missive « n’a pas apporté les éléments de fond nécessaires, ce qui est un problème intrinsèquement et ce qui ne peut que renforcer les inquiétudes sur le fait que d’autres considérations aient pu guider » Ben Gvir.

Elle a aussi indiqué que la recommandation visant à limoger Shabtai était arrivée même si le mandat du commissaire – « que vous aviez prolongé il y a seulement quelques mois, doit se terminer dans moins de deux mois et à une période où l’État d’Israël est en guerre ».

Au mois de janvier, la procureure-générale avait expliqué à la Haute-cour que le ministère de la Sécurité nationale était en droit d’établir des politiques mais pas de donner des instructions à la police sur des actions spécifiques, après une requête qui avait été déposée par des groupes activistes qui demandaient aux juges d’empêcher Ben Gvir de donner des ordres sur les moyens de prendre en charge les mouvements de protestation.

Les magistrats avaient estimé que le ministre d’extrême-droite avait violé une décision émise par le tribunal, l’année dernière, qui avait statué qu’il n’avait pas le droit de donner de tels ordres.

Des agents de police escortent un homme ultra-orthodoxe hors du complexe du mont Meron, le 25 mai 2024. (Crédit : Capture d’écran/Police israélienne)

Ben Gvir et Shabtai entretiennent des relations en dents de scie. Le ministre avait menacé, l’année dernière, de ne pas prolonger le mandat du commissaire d’un an – comme c’est la coutume – déclenchant une querelle avec le président du parti Hamahane HaMamlahti Benny Gantz. Le maintien à son poste de Shabtai avait finalement été négocié par le parti du Likud.

Shabtai devait terminer son mandat au mois de janvier et il avait dit qu’il ne réclamerait pas de pouvoir rester à ses fonctions. Une décision qui avait changé après l’attaque commise par le groupe terroriste du Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre – les hommes armés avaient tué près de 1200 personnes et kidnappé 252 personnes qui avaient été prises en otage dans la bande de Gaza – et la guerre qui avait suivi.

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