La Russie dément les rapports faisant état d’altercations avec des avions israéliens
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La Russie dément les rapports faisant état d’altercations avec des avions israéliens

Le porte-parole du Kremlin estime que les rapports des médias israéliens sont "loin de la réalité". Selon eux, des avions russes auraient intercepté les forces aériennes israéliennes à la frontière syrienne

Le président russe Vladimir Poutine prononce un discours lors d'une cérémonie au Kremlin, le 25 mars 2014 (Crédit : Alexei Nikolsky/AFP Photo/Ria Novosti/POOL)
Le président russe Vladimir Poutine prononce un discours lors d'une cérémonie au Kremlin, le 25 mars 2014 (Crédit : Alexei Nikolsky/AFP Photo/Ria Novosti/POOL)

La Russie a démenti vendredi les récents rapports faisant état d’une interception par son aviation d’avions israéliens, près de la frontière syrienne, au cours des derniers jours.

Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a déclaré que les rapports dans la presse israélienne étaient inexacts et a démenti le fait que le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président russe Vladimir Poutine ont discuté de ces prétendues altercations entre forces israéliennes et russes.

Jeudi, les médias hébreux ont signalé un incident aérien irrégulier ayant eu lieu au cours des derniers jours, lorsque des avions de combat israéliens ont rencontré des avions de combat russes le long de la frontière syrienne.

Les informations concernant l’incident présumé ont été limitées, et jeudi, les rapports étaient contradictoires.

Selon un article du site d’informations Ynet, un jet russe a été envoyé pour rejoindre un avion militaire israélien opérant le long de la frontière nord. Le rapport indiquait qu’il était difficile de comprendre pourquoi le soldat russe avait été envoyé. Il soulignait que les deux avions n’étaient pas entrés en contact et que le soldat israélien avait continué son parcours sans obstacle.

Un second rapport sur la Deuxième chaîne a affirmé que l’incident avait eu lieu entre les escadrons russes et israéliens, alors que les avions israéliens volaient le long de la côte syrienne.

Les deux groupes de combat se seraient approchés mutuellement, et se seraient quasiment affrontés. Cependant, les contacts entre les responsables israéliens et russes – par le biais d’un organe de coordination mis en place l’an dernier – auraient empêché un incident plus grave.

Un bombardier Sukhoi Su-24 russe sur  la base militaire russe à Hmeimin dans la province de Lattaquié, dans le nord-ouest de la Syrie, le 16 décembre 2015 (Crédit : Paul GYPTEAU / AFP)
Un bombardier Sukhoi Su-24 russe sur la base militaire russe à Hmeimin dans la province de Lattaquié, dans le nord-ouest de la Syrie, le 16 décembre 2015 (Crédit : Paul GYPTEAU / AFP)

Enfin, Alon Ben-David, reporter militaire de la Dixième chaîne, semblait combiner les deux versions, jeudi, lorsqu’il a tweeté qu’un seul jet russe avait été envoyé pour rencontrer un escadron israélien sur la côte syrienne. Il a lui aussi souligné que l’incident n’avait jamais été une confrontation à part entière, et qu’aucun des avions n’avaient véritablement visé les autres au cours de l’événement.

Quels que soient les détails de cet incident, il semble avoir eu lieu plusieurs jours en amont de la réunion de jeudi entre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président russe Vladimir Poutine. La rencontre a porté en partie sur la coordination entre les deux armées le long de la frontière syrienne. Le Premier ministre israélien l’a par ailleurs qualifiée de « grand succès. »

«Je ne veux pas commenter les médias israéliens », a déclaré vendredi Peskov. « Les rapports des organes de presse israéliens sont loin de la réalité dans ce cas. »

Yedioth Ahronoth a également rapporté vendredi que les forces russes avaient tiré sur les avions de la Force aérienne israélienne au moins deux fois au cours des dernières semaines. Ce rapport sans source n’indiquait rien sur le fait que les avions israéliens aient pu être touchés, ni ne mentionnait de date sur les incidents en question.

L’article explique que le président Reuven Rivlin a soulevé la question avec le président Vladimir Poutine lors de sa visite à Moscou le mois dernier, et que Poutine a dit que c’était la première fois qu’il entendait parler de ces incidents, en dépit de la coordination entre les deux armées.

Le rapport de Yedioth déclarait que les incidents étaient la véritable raison du voyage du Premier ministre Benjamin Netanyahu à Moscou, jeudi, pour rencontrer Poutine ainsi que le ministre de la Défense russe.

Israël et la Russie ont établi un mécanisme destiné à assurer la coordination entre leurs forces aériennes en Syrie après que la Russie a commencé à mener des frappes aériennes pour aider le président syrien Bashar el-Assad, qui a déclaré que ses forces se battent contre les militants islamiques et autres « terroristes ». Le gouvernement d’Assad fait régulièrement référence à tous les combattants d’opposition comme étant des terroristes.

Prenant la parole lors de sa visite à Moscou jeudi, Netanyahu a déclaré que les deux pays sont parvenus à des ententes sur des questions qui n’avaient auparavant pas été suffisamment clarifiées.

« J’établis l’objectif de cette réunion comme étant le renforcement de la coordination entre la Russie et Israël pour prévenir les accidents », a déclaré Netanyahu. « Je pense que nous avons clarifié certaines questions, et c’est très important. »

On s’attendait à ce que les sujets de la guerre civile syrienne et de la propriété du Golan soient les principaux à l’ordre du jour de la réunion. Depuis septembre de l’an dernier, la Russie mène des raids aériens en Syrie en soutien au président assiégé Bashar el-Assad. Et bien que Moscou ait récemment annoncé qu’il retirerait une grande partie de ses troupes du pays déchiré par la guerre, les avions russes y effectuent encore des sorties régulières.

En novembre, le ministre de la Défense Moshe Yaalon a déclaré qu’un jet russe avait violé l’espace aérien israélien, et que la question avait été « réglée immédiatement via des canaux de communication » entre les deux pays. A la fin du mois dernier, le roi Abdallah de Jordanie a déclaré aux parlementaires américains que les avions israéliens et jordaniens avaient affronté, ensemble, des avions militaires russes en janvier, dans le sud de la Syrie, et leur a déconseillé de traverser leur frontière commune.

Netanyahu a déclaré jeudi que les responsables militaires israéliens et russes avaient discuté de la coordination entre leurs deux armées.

« Je pense [qu’une telle coordination] est capitale car nous devons conserver la liberté de mouvement de l’armée, sur terre ou dans les airs, dans les endroits qui sont importants pour nous, pour notre sécurité, et je pense que c’est l’essentiel », a-t-il déclaré.

Les frappes aériennes israéliennes en Syrie ont également fait l’objet de précédentes réunions entre Moscou et Jérusalem. Un certain nombre de frappes aériennes en Syrie a été attribué aux efforts menés par les Israéliens pour empêcher que des armes perfectionnées n’atteignent le Hezbollah.

Le Premier ministre a annoncé qu’il retournera en Russie le 7 juin.

Au cours de la réunion, Netanyahu a informé Poutine de ses « lignes rouges » en ce qui concerne la sécurité des frontières du nord d’Israël, et a souligné que l’Etat juif était déterminé à maintenir son contrôle sur le plateau du Golan.

« Je suis venu en Russie pour renforcer la coordination en matière de sécurité, pour éviter les erreurs, les malentendus », a déclaré Netanyahu lorsque les deux dirigeants se sont rencontrés.

« On ne va pas revenir à l’époque où des roquettes étaient tirées sur nos communautés et nos enfants depuis les hauteurs du Golan… Ainsi, avec ou sans accord, le plateau du Golan demeurera au sein du territoire souverain [d’Israël]. »

Le Premier ministre a souligné qu’Israël ferait « tout » ce qu’il est en son pouvoir pour empêcher le groupe terroriste libanais Hezbollah d’obtenir des armes de pointe, et qu’il travaillait à faire en sorte qu’un nouveau « front de la terreur » n’apparaisse pas sur le plateau du Golan.

Israël a un intérêt à faire en sorte que le Hezbollah et d’autres groupes terroristes soutenus par l’Iran ne soient pas en mesure d’utiliser le vide du pouvoir du côté syrien du Golan pour mettre en place une base près de la frontière qui servirait à mener des attaques contre Israël.

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