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La sécurité d’Israël en partie à l’origine de la visite de Biden en Arabie saoudite

Le président a rejeté l'idée que son déplacement à Ryad était lié à des questions énergétiques ; les dates définitives des arrêts à Jérusalem et Bethléem restent indéterminées

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le président Joe Biden dans le bureau ovale de la Maison Blanche, le 31 mai 2022 à Washington. (Crédit : AP Photo/Evan Vucci, File)
Le président Joe Biden dans le bureau ovale de la Maison Blanche, le 31 mai 2022 à Washington. (Crédit : AP Photo/Evan Vucci, File)

Le président américain Joe Biden a indiqué dimanche que son déplacement prévu en Arabie saoudite serait l’occasion de parler de la sécurité nationale d’Israël, tandis qu’un responsable israélien a confié au Times of Israel que les visites qui seront effectuées par le locataire de la Maison Blanche au sein de l’État juif et en Cisjordanie ont été provisoirement fixées au 14 et au 15 juillet.

« Les engagements des Saoudiens n’ont rien à voir avec des questions énergétiques. En fait, il s’agit d’une réunion bien plus importante qui se déroule à ce moment-là en Arabie saoudite. C’est pour ça que j’y vais. Et cette réunion concerne notamment la sécurité nationale pour eux – pour les Israéliens », a dit Biden aux journalistes avant d’embarquer à bord de l’Air Force One.

« J’ai un programme – quoi qu’il en soit. Et il englobe des problématiques bien plus larges que la seule problématique énergétique », a-t-il ajouté.

Il est difficile de dire à quoi Biden s’est référé en évoquant la sécurité nationale israélienne.

La Maison Blanche doit encore finaliser les dates de ce déplacement au Moyen-Orient qui était initialement prévu fin juin mais qui a été reporté au mois de juillet en raison de ce qu’un responsable américain a décrit comme un problème de calendrier.

Interrogé, un porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche a expliqué que « nous continuons à finaliser la planification d’un déplacement en Israël et en Arabie saoudite ; nous n’avons aucun détail à confirmer pour le moment mais nous vous en ferons part dès que nous serons en mesure de le faire ».

« Ce voyage a lieu dans le cadre d’un ordre du jour important en ce qui concerne l’Arabie saoudite, Israël et les autres pays du Moyen-Orient », a continué le porte-parole. « Cet ordre du jour vise à apporter des résultats qui amélioreront les choses pour le peuple américain ; ce voyage sera aussi l’occasion de tenter de mettre un terme aux conflits et de mener un travail diplomatique dont l’objectif est d’apporter la stabilité au Moyen-Orient. »

Une grande partie de ce déplacement est encore en cours de préparation mais il comprendra les rencontres bilatérales traditionnelles avec le Premier ministre Naftali Bennett, le président Isaac Herzog, le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid et le ministre de la Défense Benny Gantz en Israël, et avec le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, en Cisjordanie, a noté le responsable israélien. Il a ajouté que l’entretien avec Abbas devrait avoir lieu à Bethléem et que Biden devrait également se rendre au musée de commémoration de la Shoah de Yad Vashem, et à Jérusalem-Est.

Sur cette photo du 22 novembre 2020, le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane assiste à un sommet virtuel du G-20 organisé par vidéoconférence, à Riyad, en Arabie saoudite. (Crédit : Bandar Aljaloud/Palais royal saoudien via AP, Fichier)

Mais la Maison Blanche a semblé accorder plus d’attention au déplacement en Arabie saoudite du président américain – un arrêt qui aura lieu la même semaine que la visite en Israël.

L’officiel israélien a indiqué que le report initial du voyage avait été entraîné en raison de la finalisation, à la Maison Blanche, de différents aspects de la visite du président américain en Arabie saoudite. Il est vrai qu’elle reste politiquement sensible, Biden ayant, pendant sa campagne électorale, annoncé qu’il traiterait le royaume en « paria » en raison de l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi. Peu après avoir pris ses fonctions, Biden avait rendu public un rapport établi par les services américains de renseignement qui affirmait que le prince héritier Mohammed Bin Salman avait personnellement autorisé le meurtre de Khashoggi.

Biden avait aussi revu à la baisse le soutien apporté par les États-Unis à la campagne aérienne dirigée par l’Arabie saoudite au Yémen, dans un contexte d’écœurement face aux nombreuses victimes civiles.

La chaîne NBC News, qui avait initialement fait part du report du déplacement, a expliqué que l’administration Biden œuvre actuellement à organiser un sommet, au mois de juillet, avec les pays membres du Conseil de coopération du Golfe qui est formé de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, de Bahreïn, du Koweït, d’Oman et du Qatar.

Tandis que de nombreux analystes avaient estimé que le voyage serait l’occasion, pour l’administration Biden, d’exercer des pressions en faveur de l’augmentation de la production pétrolière au vu des prix de l’énergie qui sont en hausse partout dans le monde, Biden a semblé minimiser ce lien.

Les rumeurs sur le prochain voyage se sont intensifiées ces dernières semaines, certaines informations faisant le lien entre cette visite et les pourparlers en cours entre l’Égypte et l’Arabie saoudite – qui ont lieu sous l’autorité des États-Unis – et qui pourraient inclure des avancées vers la normalisation avec Israël.

Une délégation américaine, placée sous la direction de la vice-Secrétaire d’État Barbara Leaf, se trouve actuellement dans la région pour des rencontres avec les officiels israéliens et palestiniens en amont de la visite de Biden.

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