La star de « Dear Evan Hansen » dans « Ratatouille », comédie et phénomène TikTok
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La star de « Dear Evan Hansen » dans « Ratatouille », comédie et phénomène TikTok

Andrew Barth Feldman joue le rôle principal dans une comédie musicale en ligne du classique de Disney diffusée pendant la pandémie au profit des acteurs en difficulté

Andrew Barth Feldman dans le rôle éponyme de ''Dear Evan Hansen' avec, de gauche à droite, Michael Park, Jennifer Laura Thompson et Mallory Bechtel. (Crédit : Matthew Murphy/via JTA)
Andrew Barth Feldman dans le rôle éponyme de ''Dear Evan Hansen' avec, de gauche à droite, Michael Park, Jennifer Laura Thompson et Mallory Bechtel. (Crédit : Matthew Murphy/via JTA)

NEW YORK — Andrew Barth Feldman en profite au maximum. Ce jeune Juif américain de 18 ans, originaire de Long Island, devait intégrer pour la première fois Harvard à l’automne. Il était appelé à devenir la personnalité la plus populaire du campus pour tous les étudiants amoureux de comédie musicale. Il faut dire que sa courte carrière sur les planches a été un triomphe – il a ainsi obtenu le Jimmy Award, prix qui récompense les lycéens qui se distinguent dans une comédie musicale. Puis, au mois de janvier 2019, il a endossé le premier rôle de « Dear Evan Hensen », le spectacle chéri par tous les amateurs du genre à Broadway.

Feldman n’avait que 16 ans à l’époque, et il a été le tout premier adolescent à tenir ce rôle, très dur au niveau émotionnel, d’un jeune en crise.

Il a quitté la scène new-yorkaise au mois de janvier 2020 alors qu’il était considéré comme une étoile montante de Broadway promise à un avenir brillant. Il a travaillé avec dévotion à mettre en place des projets qu’il voulait produire lui-même. Malheureusement, sa mère est alors décédée d’un cancer.

Une grande partie de son amour de la comédie – un amour encouragé par sa mère – trouve sa source chez Walt Disney. Rien d’étonnant, par conséquent, qu’il débute cette année 2021 dans le premier rôle d’un projet nouveau et inhabituel. Si « Ratatouille : La comédie musicale » n’est pas officiellement estampillée Disney, il s’agit assurément d’une œuvre qui n’a pu être créée que par la jeune génération qui gravite sur les réseaux sociaux.

L’aventure a commencé sous forme de blague sur TikTok, avant de se propager de manière virale (c’est le bon côté des virus) à un moment où les acteurs se retrouvent comme tout le monde bloqués chez eux pour cause de pandémie. Chaque jour, les usagers de l’application de partage de vidéos ont commencé à faire part d’idées, les présentant aux autres et les mettant en commun par vidéo. Des compositeurs, de leur côté, ont écrit des chansons diffusées dans des clips. Des arrangeurs se sont chargés de l’orchestration. Les acteurs ont apporté leur entrain et, finalement, c’est à partir de ces multiples contributions individuelles que les producteurs se sont interrogés : « N’avons-nous pas là quelque chose qui pourrait former un spectacle ? »

Andrew Barth Feldman, quatrième à gauche, dans une scène de ‘Dear Evan Hansen’ au Music Box Theatre de Broadway à New York. (Autorisation)

Dans la mesure où les droits de l’œuvre ne leur appartenaient pas, impossible de produire la comédie musicale « pour de vrai » – mais dans la mesure où cette production permettait de collecter de l’argent au bénéfice exclusif du Fonds des acteurs, à une époque où soutenir les comédiens en proie aux répercussions de la COVID-19 est tout particulièrement nécessaire, les avocats de Disney ont choisi de ne pas intervenir (ils auraient paru monstrueux le cas échéant et, d’une certaine manière, il s’agit aussi pour Disney d’une publicité gratuite).

Dans cette courte comédie née des contributions des talents accumulés d’usagers de TikTok, Feldman joue le rat-chef Luigi, et côtoie de vraies stars comme Adam Lambert, Tituss Burgess, Ashley Park et Wayne Brady. La comédie a été diffusée pendant une période limitée au lendemain du Nouvel An.

J’ai pu m’entretenir avec Feldman par visioconférence depuis son domicile, après la surprise entraînée par le succès remporté par « Ratatouille: The Musical ». Ci-dessous est une retranscription révisée de cette conversation.

The Times of Israël: Alors ce « Ratatouille: the Musical », ça ne plaisante pas – deux millions de dollars collectés en quelques jours pour mener à bien le projet ! C’est une somme sûrement très supérieure à ce que vous attendiez de prime abord.

Andrew Barth Feldman: : En réalité, je ne m’attendais pas du tout non plus à une comédie musicale qui serait inspirée par Ratatouille, sans même parler d’être l’une des premières personnes appelées à m’impliquer dans le projet. Jamais je n’aurais imaginé le casting, la beauté de l’orchestration, la quantité de gens à l’origine du projet, le nombre de spectateurs ou le montant collecté en financement participatif. ‘Deux millions’, c’est un chiffre que je n’arrive pas à concevoir. C’est incroyable.

Et finalement, c’est une histoire en termes de création qui est vraiment belle – la manière dont tout s’est assemblé au nom d’une cause. Sans oublier que Broadway, parmi tous les arts, sera a priori le dernier sur la liste à pouvoir reprendre normalement des activités.

Le théâtre, c’est avant tout des rassemblements d’individus – et la pandémie frappe donc l’industrie particulièrement fort. C’est une industrie qui est déjà dure à la base mais, aujourd’hui, c’est encore bien plus difficile pour les acteurs. Je veux dire que, si on nous avait proposé d’autres projets, on n’irait pas seulement sur les planches des théâtres, peut-être qu’on travaillerait un peu, vous comprenez ?… C’est une époque très dure pour les acteurs de théâtre.

Vous aviez initialement prévu de commencer votre année d’étude – à Harvard – cet automne. Avez-vous repoussé votre entrée là-bas ?

Oui, j’ai pris une année sabbatique. Les cours en distanciel, cela n’a pas beaucoup de sens pour moi, et j’avais de surcroît commencé d’autres projets pendant la pandémie, comme Broadway Jackbox et Broadway Whodunit, et je me suis donc dit que ce serait peut-être plus productif, en ce qui me concerne, de me concentrer là-dessus que sur mes études par Internet.

Vous ne me l’avez pas demandé mais je vais tout de même vous donner mon avis : vous avez pris la bonne décision. Faire des études supérieures, c’est plutôt être sur le campus et y rencontrer des gens plutôt que de simplement se plonger dans les livres.

C’est ce que disent beaucoup de gens. Ma mère était conseillère concernant les admissions dans les universités, et je veux vivre cette expérience de la manière la plus complète possible.

Avez-vous été immédiatement au courant de l’existence de « Ratatouille » sur TikTok quand cette aventure spontanée a commencé, il y a quelques mois ?

Je n’étais jamais trop entré dans l’univers TikTok. Et ce n’est toujours pas le cas maintenant, d’ailleurs.

Vous êtes fidèle à Twitter. Vous appréciez les classiques.

Oui, je suppose. Mais entre les jeunes qui fréquentent le milieu du théâtre, les informations se propagent vite alors j’ai rapidement entendu parler de « Ratatouille » – mais je n’étais pas du tout conscient du côté gigantesque du projet. Puis un bon ami à moi, Nathan Fosbinder, qui est compositeur, m’a demandé si je pourrais interpréter une chanson pour « Ratatouille » s’il l’écrivait. Et moi, j’ai répondu que oui, bien sûr. On l’a fait et c’est ce qui m’a amené, avec Kevin Chamberlin, qui joue Gusteau, à faire des vidéos. Et quand les producteurs ont voulu s’emparer de ce phénomène TikTok, ils nous ont demandé d’y figurer.

Si je n’avais pas fait cette vidéo ridicule en cinq minutes dans mon sous-sol, on ne serait pas en train d’en parler tous les deux à ce moment précis

@chamberlin_kevin

@ratatouillemusical ???? Anyone Can Cook ???? #Gusteau #ratatouillemusical #kevinchamberlin #theatrekid #musicals #broadway #ratatouille #fyp #composer

♬ original sound – Kevin Chamberlin

Quelle est la chanson écrite par votre ami ?

C’est « Anyone Can Cook (Reprise) ». C’est une super chanson, c’est un compositeur formidable.

Je veux dire, la magie est là – la musique dans son ensemble est fantastique. C’est le cas également de votre deuxième chanson.

C’est « Kitchen Tango », écrite par Blake Rouse.

Ce n’est pas seulement brillant et accrocheur, mais en plus, ça paraît déjà difficile à interpréter en duo dans des circonstances normales. Alors qu’est-ce que ça a dû être quand on se trouve en confinement et par téléphone…

Avant tout, Ashley Park n’avait jamais dû prendre l’accent français auparavant – et elle le reproduit de manière incroyable. Mais ça a été très dur. Il a fallu vraiment apprendre à contrôler le souffle. C’est une chanson où l’énumération des paroles est vraiment rapide, ça fait penser à l’opéra comique. Il a fallu que je répète beaucoup, encore et encore. Il y a des composantes différentes entre le dialogue et la danse.

Avez-vous beaucoup travaillé individuellement avec votre réalisatrice ? Ou travailliez-vous plutôt en trio, avec votre « partenaire de scène » et la réalisatrice ? Ou ce travail a-t-il été réalisé seulement après et intégré ensuite dans la comédie musicale ?

Cela ne s’est pas passé comme ça. On nous a donné un fichier avec une liste des prises et en nous donnant des indications à respecter sur chaque prise.

On nous demandait d’ajouter X secondes avant et X secondes après. Cela n’aurait pas pu être plus précis – c’était étonnant. J’ai rencontré notre réalisatrice, Lucy Moss, et on a parlé de l’ensemble du projet. Puis je m’y suis mis et j’ai fait ce qu’on me demandait de faire.

@mikeyjosemusic

Full version on my insta @mikeyjosemusic #remi #ratatouille #musical #singer #disney #theatrekid #disneymusicals #fyp #foryou

♬ original sound – Mikey Jose Music

Vous avez donc téléchargé vos vidéos, puis la réalisatrice vous a donné à des ajustements à faire a posteriori ?

Si on avait plus de temps, oui. Mais il n’y avait pas réellement de séance de rattrapage. Je disais : « s’il y a des choses que vous voulez que je refasse, dites-le moi ! » Mais on me répondait souvent qu’on n’avait pas le temps nécessaire pour le faire.

On va dire que vous avez donc, d’une certaine manière, été votre propre réalisateur ?

Oui, d’une certaine façon, en effet. Mais c’est ce qui distingue aussi un grand réalisateur. La réalisatrice voulait que tout le monde puisse apporter sa propre singularité, c’est la raison pour laquelle elle avait fait appel à nous.

Quand il y avait des scènes où intervenaient beaucoup de gens, on nous envoyait un document où étaient spécifiées les lignes de chacun et le minutage. D’autres fois, on nous disait seulement : « Laissez du temps pour que les autres puissent s’exprimer », et ça a marché bien mieux que ce à quoi je m’attendais.

Pour quelqu’un d’aussi jeune, vous avez une expérience importante sur les planches des théâtres – mais vous n’avez jamais travaillé dans un film ou à la télévision. Ce sont des compétences quelques peu différentes et pourtant vous avez, d’une certaine manière, foncé tête baissée dans le projet. Il n’a jamais été demandé à un acteur ayant tourné des centaines de films de s’en tenir à un document et de terminer seul une liste de prises…

C’est la raison pour laquelle je pense que seuls les acteurs de théâtre peuvent faire ça. Seuls les acteurs de théâtre peuvent se dire : « OK, j’ai une poubelle, un balai, un chapeau : qu’est-ce que je peux faire avec tout ça ? » C’est notre état d’esprit en permanence.

Une grande partie de ce projet a consisté pour moi à livrer mes scènes à ce type [il brandit au-dessus de lui une peluche Remy le rat]. C’était le but, avec cette idée de bricoler un truc, c’est la même idée qu’on retrouve dans les vidéos originales publiées sur TikTok.

Concernant les comédiens, les stars qui s’illustrent à vos côtés dans ce projet, les avez-vous rencontré en vrai ? Avez-vous, par exemple, rencontré Tituss Burgess ?

Seulement Ashley Park, mais personne d’autre, je ne crois pas.

Finalement, vous pourrez dire « on y était » !

On était dans « Ratatouille » ! J’ai parlé à Kevin Chamberlin mais, c’est vrai, je suis réellement impatient de rencontrer certains de mes partenaires et qu’on se dise : « On a tous participé à une comédie musicale à Broadway. »

Parce qu’habituellement, c’est ce que j’adore dans le théâtre – la proximité avec les autres acteurs. Et que cette fois-ci, nous ne nous trouvions même pas dans la même pièce.

Parce qu’habituellement, c’est ce que j’adore dans le théâtre – la proximité avec les autres acteurs. Et que cette fois-ci, nous ne nous trouvions même pas dans la même pièce

Vous n’avez pas fait que participer à une comédie musicale. Vous avez participé à une comédie musicale qui a récolté la somme de deux millions de dollars en quelques jours seulement.

Deux millions de dollars ! C’est complètement hilarant.

Présumons que cette pandémie va bientôt se terminer mais – Dieu nous en préserve – si ce n’était pas le cas et que vous deviez faire revivre un autre dessin animé Disney sous la forme d’une comédie musicale, ce serait lequel ?

Je pense que ce serait « En avant », le récent film sorti par les studios Pixar, qui fonctionnerait très bien en comédie musicale. Et j’adorerais jouer le personnage de Tom Holland. En remontant plus loin, il y a « Là-haut » qui pourrait être une comédie musicale très émouvante.

En fait, tout est là. Au théâtre, la question n’est pas : « Est-ce que ça ferait une bonne comédie musicale ? », mais bien « comment l’arranger pour que cela fasse une bonne comédie musicale ? » Il s’agit avant tout d’avoir des idées pour faire fonctionner le spectacle et c’est pour ça que « Ratatouille » a été aussi étonnant, on a pu faire tout ce qu’on voulait. On a pu faire des marionnettes, on a pu faire des costumes, on a pu forcer le trait… Et là, on se demande plus si ce qu’on a fait a été bon, mais plutôt : « Est-ce que ça n’a pas été réellement sympa à imaginer, tout ça ? »

Je vais faire une simple supposition : votre bar-mitzvah a-t-elle été organisée sur le thème du théâtre ?

Oui, absolument.

Quels ont été certains des grands moments de la bar-mitzvah ?

Des spectacles différents auxquels j’avais participé ou auxquels j’aurais voulu participer. « Rent » ou « Avenue Q », par exemple, auxquels je n’ai jamais évidemment pris part puisque je n’avais que douze ans. J’avais seulement fait des montages par Photoshop en mettant mon visage sur le corps de John Tartaglia qui tenait une marionnette « Avenue Q ».

Un an à-peu-près après ma bar-mitzvah, ma mère avait démonté tous les personnages et elle avait tout mis au sous-sol, à ma grande tristesse. Maintenant que mes amis sont partis à l’université, ils ont pris des morceaux des différents polystyrènes et ils les ont mis dans les dortoirs et je ne sais où. Le résultat, c’est qu’il y a un morceau de polystyrène me représentant dans le personnage de Nathan Detroit quelque part dans une fac de Boston, qui témoigne de je ne sais quoi.

Quelle est la première pièce qui vous a fait réaliser que le théâtre était pour vous ?

Ma première comédie musicale, ça a été « La Belle et la Bête ». J’avais trois ans mais j’ai réalisé qu’il y avait d’autre manière de s’immerger dans le théâtre que de s’asseoir pour regarder la pièce en tant que spectateur. Puis « High School Musical » est sorti et j’ai rêvé d’être Zac Efron. Mais je n’avais pas encore compris que c’était faisable et ça, je ne l’ai compris que lorsque j’ai eu huit ans et que j’ai joué dans « Annie ». Ensuite, j’ai découvert « Rent » et j’ai réalisé que les comédies musicales n’étaient pas seulement des contes de fées, qu’elles pouvaient tout raconter.

Quelle a été la première fois où vous avez vu un spectacle en vous disant : « C’est bien mais je sais comment faire mieux ? »

C’est arrivé quand je faisais du théâtre communautaire, réellement. Quand j’étais dans le spectacle en train de faire mon numéro d’acteur. J’avais été engagé pour être l’âne dans « Shrek » et le premier jour, je suis allé voir le réalisateur et je suis allé le remercier pour m’avoir engagé et il m’a répondu : « Je le regrette déjà. »

Et ça a été une immense réussite. Dans l’une de mes premières pièces – j’avais neuf ans ou quelque chose comme ça – je jouais LeFou dans la « Belle et la Bête » et je me mets en boule, et Gaston monte un fusil sur mon dos. J’ai toujours cherché des moyens de faire des choses qui soient différentes.

Il y a eu aussi « Seussical ». J’ai pu voir beaucoup de versions de « Seussical », mais elles se concentraient toutes sur le côté éclatant – mais, en fait, c’est une comédie musicale qui est en elle-même belle, vraiment bonne. Et l’une des premières choses que ma compagnie de production a choisi de faire, ça a été d’assombrir un peu ce côté lisse et éclatant.

Une version brute et un peu graveleuse de « Seussical ».

Peut-être même excessivement sombre. On s’est concentré sur le propos social de la comédie musicale – c’est ce qu’évoque finalement le docteur Seuss – mais oui, cela n’a pas peut-être été comme ça que des jeunes âgés de 14 ans auraient abordé la pièce.

Vous avez encore beaucoup de projets en cours aujourd’hui, en attendant la fin de la pandémie. Parlez-moi de « As The Curtain Rises ».

Ce projet entre dans le cadre du Broadway Podcast Network. À la base, c’est un soap-opera au sujet d’un soap-opera consacré à l’histoire d’une troupe de théâtre qui monte une comédie musicale, une adaptation du film « Avatar ». C’est hilarant et l’équipe d’acteurs, qui regroupe des gens qui ont remporté des Tony, et aussi des légendes, se répartit dans des personnages complètement loufoques – je suis le seul à jouer mon propre rôle. J’y campe Andrew Barth Feldman, consultant scientifique spécialisé du monde de « Avatar ».

C’est adorable parce que vous êtes très jeune – mais vous avez été adopté par les anciens de Broadway. Personne n’a semblé dire « Mais il se prend pour qui, ce gamin ? » à votre sujet.

Cela a été adorable. C’est Ashley Park, en fait, qui m’a pris à part la première pour me dire combien les gens étaient contents de m’accueillir lors d’un événement au 54 Below. Je ne pourrai jamais l’oublier.

Eh bien, gardez bien ça à l’esprit. Vous ne serez pas un éternel adolescent. Un jour, de nouveaux jeunes feront leur apparition et ce sera votre tour de…

Je saurai me battre contre ma jalousie, j’en suis sûr. Je rigole : j’espère vraiment que mon rôle dans « Dear Evan Hansen » et que mon amie qui tient le rôle de Renée Rapp dans « Mean Girls » changeront les choses pour les jeunes artistes, et la manière dont nous envisageons la manière de les former.

Dans « Dear Evan Hansen », oui, j’ai réellement été formé. Benj Pasek raconte que, quand je suis entré dans la salle pour l’audition, ils avaient besoin d’un « Evan » et que j’étais un « Evan ». Mais je n’étais pas prêt. Je n’étais pas prêt à aller dans les notes aigües ou à pleurer chaque soir, ou à faire ce que je devais faire – mais j’étais « lui ». Et c’est une manière tellement formidable de faire un casting : on a la bonne personne pour le rôle, alors équipons-là des outils nécessaires pour raconter l’histoire.

Je n’étais pas prêt à aller dans les notes aigües ou à pleurer chaque soir, ou à faire ce que je devais faire – mais j’étais « lui ». Et c’est une manière tellement formidable de faire un casting : On a la bonne personne pour le rôle, alors équipons-là des outils nécessaires pour raconter l’histoire


Les acteurs qui avaient joué le rôle auparavant n’avaient jamais été aussi jeunes, n’est-ce pas ?

J’étais de loin le plus jeune. Plus jeune que le personnage, d’ailleurs. La majorité de ceux qui ont tenu le rôle avaient une vingtaine d’années, voire la trentaine.

Je crois que je peux comprendre ça. C’est lourd à assumer. Mais vous avez réussi !

C’est la chose la plus dure que j’ai jamais faite – mais c’est aussi l’expérience la plus éclairante qu’il m’aura été donné de vivre.

Parlez-moi de Broadway Whodunit.

J’ai toujours organisé des « murders mysteries » pour mes amis du théâtre alors, avec cette pandémie, c’est un « murder mystery » qui est presque virtuel, presque en direct. Je définis des objectifs pour les acteurs, avec une grande part d’improvisation. Tout le monde peut obtenir un billet, c’est très drôle. Autre projet, Broadway Jackbox, qui a collecté plus de 100 000 dollars pour le Fonds des acteurs, et aussi un groupe appelé Broadway for Racial Justice. Normalement, il y a un écran vert derrière moi pour tous ces événements.

Oui, pour un homme de théâtre, la pièce que j’aperçois derrière vous est plutôt vide, sans âme, avec rien d’autre qu’une chaise pliante…

Oui. C’est le bureau. Ce n’est pas ma chambre à coucher ! Il y a un lit d’appoint pour les invités et c’est tout. Mais je vous ai offert aujourd’hui la vue authentique !

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