La Suisse étudie une plainte pour crimes de guerre contre Tzipi Livni
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La Suisse étudie une plainte pour crimes de guerre contre Tzipi Livni

Le parquet indique que la plainte d’une association pro-palestinienne pour l’opération Plomb durci “est actuellement étudiée”

Tzipi Livni, députée de l'Union sioniste, pendant une réunion du groupe parlementaire à la Knesset, le 16 janvier 2017. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Tzipi Livni, députée de l'Union sioniste, pendant une réunion du groupe parlementaire à la Knesset, le 16 janvier 2017. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Le bureau du parquet suisse a annoncé mercredi que le pays étudiait la possibilité de poursuivre pour crimes de guerre l’ancienne ministre Tzipi Livni en raison de son rôle dans la guerre dans la bande de Gaza à l’hiver 2008 – 2009.

« La demande [juridique] est actuellement étudiée », a indiqué le bureau du procureur général au site d’information suisse Swissinfo.

Citant le quotidien suisse francophone Le Temps, Swissinfo indique que la plainte a été déposée lundi par l’association suisse pro-palestinienne Urgence contre Livni. La députée de l’Union sioniste était ministre des Affaires étrangères pendant le conflit de trois semaines entre Israël et le groupe terroriste du Hamas, l’opération Plomb durci.

La plainte contre Livni a été soumise après sa visite à Lugano dimanche, où elle s’est exprimée pendant un évènement organisé par l’Association Suisse-Israël.

L’ONG suisse Procès international a salué la décision d’Urgence de porter plainte, affirmant que cela permettrait aux autorités suisses de prendre des mesures juridiques contre Livni si elle revenait dans le pays.

Israeli tanks at the staging ground outside Gaza on December 29, 2008, the third day of Operation Cast Lead (Photo credit: IDF Spokesperson/ Flash 90)
Tanks israéliens devant la bande de Gaza pendant l’opération Plomb durci, le 29 décembre 2008. (Crédit : unité des porte-paroles de l’armée israélienne/Flash90)

« La Suisse a l’obligation de travailler sur les cas de crimes de guerre présumés si le suspect entre en territoire suisse. Si la Suisse ouvre une enquête, elle se conforme à la loi suisse, étant donné en particulier les crimes présumés commis pendant l’opération Plomb durci », a dit un représentant de l’ONG à Swissinfo.

Livni est la cible de plusieurs associations qui tentent de poursuivre pour crimes de guerre pour l’opération Plomb durci les responsables israéliens dans plusieurs pays européens.

En janvier, Livni avait annulé un voyage à Bruxelles, alors que les procureurs belges avaient prévu de l’interroger sur ces accusations de crimes de guerre.

« Nous voulions tirer partie de sa visite pour faire avancer l’enquête », a déclaré un porte-parole de Thierry Werts, procureur fédéral de la Belgique.

Un porte-parole de l’évènement où devait venir Livni avait indiqué qu’elle avait annulé sa visite à Bruxelles pour des « raisons personnelles ».

Livni est citée aux côtés d’autres responsables politiques et militaires israéliens dans une plainte déposée en Belgique en juin 2010 pour des crimes de guerre présumés commis pendant l’opération Plomb durci.

Ehud Olmert, à droite, alors Premier ministre, et son ministre de la défense Ehud Barak, le 4 juillet 2007. (Crédit : Ariel Jerozolimski/Flash90)
Ehud Olmert, à droite, alors Premier ministre, et son ministre de la défense Ehud Barak, le 4 juillet 2007. (Crédit : Ariel Jerozolimski/Flash90)

L’Association Belgique-palestinien soutenant la plainte avait déclaré dans un communiqué qu’elle voulait tenir Livni pour responsable de son rôle pendant la guerre, tout comme Ehud Olmert et Ehud Barak, alors Premier ministre et ministre de la Défense.

En décembre 2009, Livni avait annulé une visite à Londres, après avoir appris qu’elle faisait l’objet d’un mandat d’arrestation délivré par un tribunal britannique pour son rôle dans la même guerre. Les députés britanniques ont depuis amendé la législation pour rendre ces affaires moins probables.

Plus de 1 400 Palestiniens, dont environ la moitié de civils, sont morts pendant la guerre entre Israël et le Hamas entre le 27 décembre 2008 et le 18 janvier 2009. Treize Israéliens, dont 10 soldats, avaient été tués.

Israël affirme que le conflit était une réponse aux centaines de roquettes lancées par le Hamas sur les centres de population israéliens. Le Hamas a juré de détruire Israël.

L’AFP a contribué à cet article.

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