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La télédétection, bientôt un outil standard dans la panoplie de l’archéologue en Israël ?

L'Autorité des antiquités d'Israël et le ministère de l'Innovation appellent les entrepreneurs et sociétés spécialisées à soumettre des propositions

Le site où a été découverte une mosaïque vieille de 1 600 ans lors de fouilles archéologiques à Yavne (Crédit : Assaf Peretz/Autorité des antiquités d'Israël)
Le site où a été découverte une mosaïque vieille de 1 600 ans lors de fouilles archéologiques à Yavne (Crédit : Assaf Peretz/Autorité des antiquités d'Israël)

Israël a relevé le défi de moderniser la cartographie des sites archéologiques en utilisant la télédétection souterraine afin de réduire les coûts et les ressources utilisées pour les fouilles.

Dans le cadre de cette initiative, le ministère de l’Innovation, des Sciences et de la Technologie et l’Autorité des antiquités d’Israël (IAA) ont fait appel aux entrepreneurs et aux sociétés spécialisées dans les technologies de télédétection pour soumettre des propositions de solutions innovantes et révolutionnaires pour la cartographie souterraine préliminaire des vestiges archéologiques avant le début des fouilles.

L’IAA a annoncé lundi que 150 000 shekels seraient affectés pour couvrir les coûts des trois technologies de télédétection, sélectionnées pour la démonstration de leurs solutions adaptées à la localisation et à la détection de trésors anciens sous la surface de la terre sans avoir à utiliser de pelle.

« Israël est le premier pays au monde à lancer une telle initiative », a déclaré le directeur de l’IAA, Eli Eskosido. « Les archéologues d’Israël et du monde entier utilisent de temps en temps les technologies de télédétection, mais c’est la première fois au monde qu’un pays a pour objectif d’inclure la télédétection comme outil standard dans la panoplie de l’archéologue, et de créer une technologie adaptée aux besoins spécifiques du domaine. »

L’astronaute israélien Eytan Stibbe (à droite) tient une pièce de 1 900 ans datant de la révolte de Bar Kochba qu’il emportera dans l’espace, aux côtés d’Eli Eskosido, directeur de l’Autorité des antiquités d’Israël, en août 2021. (Crédit : Yoli Schwartz/Autorité des antiquités d’Israël)

L’IAA est à la recherche de solutions technologiques non intrusives pour les projets archéologiques, afin d’éviter des excavations trop vastes et d’ainsi réduire les coûts, le temps et les ressources nécessaires, tout en limitant les risques de dommages pour l’environnement.

Cette initiative survient alors que le gouvernement israélien et l’IAA tentent de faire face à un nombre croissant de projets de construction et de développement sur des sites archéologiques à travers le pays. On dénombre environ 5 000 projets de ce type par an, qui donnent lieu à quelque 300 fouilles archéologiques destinées à la protection des sites.

Historiquement, le savoir-faire d’Israël en matière de technologie de capteurs provient d’applications militaires développés pour les besoins de la défense, avec des capteurs intelligents utilisés le long des frontières et des clôtures, sur les chars d’assaut ou pour l’armée de l’air israélienne, ainsi que l’exploitation de données à l’aide d’intelligence artificielle et d’algorithmes. Des entreprises telles qu’Elbit Systems, Rafael Advanced Defense Systems et Seraphim Optronics sont à la pointe dans ce domaine.

Ces dernières années, le déploiement de la technologie des capteurs utilisant le traitement de l’image et les algorithmes a été de plus en plus recherché par l’industrie civile dans des secteurs tels que le diagnostic médical et les infrastructures urbaines.

Photo non datée de fouilles sur le site de Gesher Benot Yaaqov, près du Jourdain, dans le nord d’Israël. (Crédit : Courtoisie/Université de Tel Aviv)

« L’un des principaux problèmes des fouilles archéologiques est d’identifier la disposition des vestiges dans le sous-sol, afin de pouvoir définir à l’avance les limites des aires dans lesquelles les fouilles seront effectuées », a déclaré le professeur Gideon Avni, scientifique en chef de l’IAA.

Avni a reconnu qu’au cours des 20 dernières années, bien des tentatives ont été faites pour utiliser les technologies de télédétection afin de localiser les vestiges archéologiques, mais jusqu’à présent, elles n’ont pas réussi à fournir une solution viable qui serait applicable pour différents types de sols, de roches et de zones topographiques.

« Ces techniques ont connu un grand essor et ont été perfectionnées en Israël lorsque l’establishment de la défense a dû relever le défi de localiser les tunnels souterrains [transfrontaliers] du Hamas », a déclaré Avni.

Les entreprises technologiques qui souhaitent participer au défi ont jusqu’au 12 février pour soumettre leurs propositions de capteurs. Après cela, huit entreprises seront sélectionnées pour présenter leur projet devant un comité, qui choisira les trois technologies retenues pour effectuer des démonstrations en mars 2023.

Le professeur Gideon Avni, qui dirige la division archéologique de l’Autorité israélienne des Antiquités, présente la pierre originale de Magdala, qui porte la ménorah à sept branches découverte dans une synagogue de Galilée et date de l’époque du deuxième Temple (entre 50 avant l’ère commune et 100 après), dans les salles de stockage des trésors nationaux de l’Autorité, à Beit Shemesh, le 19 mars 2017. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

« L’innovation dans le domaine de l’archéologie est nécessaire pour préserver notre histoire tout en maintenant l’efficacité et la rapidité du développement et de la construction, au bénéfice de l’ensemble de la population », a déclaré Hilla Haddad Chmelnik, directrice générale du ministère de l’Innovation, des Sciences et de la Technologie.

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