La traductrice de Trump en hébreu préférait travailler pour Obama
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‘Je serais plus à l’aise en traduisant pour un président qui n’offense pas la moitié du peuple américain’

La traductrice de Trump en hébreu préférait travailler pour Obama

Née en Israël, Merav Rozenblum, qui a travaillé pour 3 présidents américains, dit n’être “pas très fière” de son travail actuel

Merav Rozenblum (Crédit : autorisation de JCHS via JTA)
Merav Rozenblum (Crédit : autorisation de JCHS via JTA)

SAN FRANCISCO (The Jewish News of Northern California) – Une professeure de San Francisco embauchée par le département d’Etat américain pour traduire en hébreu les discours « pas très éloquents » (comme elle le dit) du président américain Donald Trump en Arabie saoudite et à Jérusalem la semaine dernière a indiqué qu’elle n’était pas fière de travailler pour cette administration. Elle a juré que « mes élèves ont ma préférence, en particulier par rapport à ce président. »

Merav Rozenblum, professeure d’hébreu au lycée communautaire juif de Bay, est traductrice pour le département d’Etat, et a travaillé pour trois présidents, notamment pour le voyage en 2013 de Barack Obama en Israël.

Rozenblum, qui a emménagé aux Etats-Unis depuis Israël en 2001, et travaille depuis neuf ans au lycée de San Francisco, a dit que son travail était de traduire précisément les mots du président de l’anglais à l’hébreu, même si elle n’est pas d’accord avec ce qu’il dit.

« L’éthique de ma profession nécessite que je répète ce qui a été dit aussi précisément que je le peux, sans rien ajouter de personnel, a-t-elle expliqué. Si quelqu’un lit ma traduction et peut lire mes critiques entre les lignes, alors je n’ai pas fait correctement mon travail. »

« Bien sûr, quand il s’agit de mes principes, je serais plus à l’aise en traduisant pour un président qui n’offense pas la moitié du peuple américain. Mais quand je travaille, ceci ne doit en rien se refléter dans ce que je fais. »

Le président américain Donald Trump au musée d'Israël de Jérusalem, le 23 mai 2017. (Crédit :  Yonatan Sindel/Flash90)
Le président américain Donald Trump au musée d’Israël de Jérusalem, le 23 mai 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Rozenblum et un collègue de Washington, D.C, ont été embauchés pour traduire le discours de Trump du 21 mai en Arabie saoudite, au sommet arabo-islamo-américain. Il leur avait été dit que le texte de 3 000 mots du discours devait leur parvenir à 6h00 (heure de Californie) le 20 mai, et ils s’étaient mis d’accord pour le diviser en deux puis relire le travail de l’autre.

Le texte est arrivé avec douze heures de retard, le samedi à 18h00, et les deux traducteurs ont eu jusqu’au dimanche matin à 6h00 pour rendre leur travail. Après le discours, la version hébraïque a été mise à jour pour refléter les changements mineurs que Trump avait faits dans le discours.

« Ce président parle en phrases très courtes, ce n’était donc pas un discours très difficile à traduire », a dit Rozenblum.

Pendant son discours du 23 mai au musée d’Israël à Jérusalem, Trump a ajouté une référence à l’attentat de Manchester. Rozenblum a également changé la traduction de son collègue de l’un des propos de Trump.

En parlant du partenariat de sécurité entre les Etats-Unis et Israël, Trump a dit « sous mon administration, vous verrez la différence, une grande, grande et belle différence ». Son collègue de Washington « l’avait fait sonner mieux » en hébreu, a dit Rozenblum, mais elle s’est en tenue aux mots originaux parce que « je voulais que cela sonne aussi mal que ça l’était [en utilisant] son vocabulaire creux habituel. »

Le président américain Barack Obama lors de son discours au Caire, le 4 juin 2009. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Le président américain Barack Obama lors de son discours au Caire, le 4 juin 2009. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Rozenblum, qui a traduit le discours de 2009 d’Obama à l’université du Caire, « Un nouveau départ », en hébreu, a dit que l’administration précédente était bien organisée et que les discours étaient plus complexes à traduire parce qu’ils étaient mieux écrits, et comprenaient des citations du Talmud et du Coran.

Rozenblum s’est rendu au Moyen Orient en tant qu’interprète avec Obama, et avec son prédécesseur, George W. Bush.

« Le protocole exige que le président soit interprété par un Américain. Ils voyagent toujours avec un interprète, ils ne peuvent pas utiliser d’interprètes locaux, a-t-elle dit. Tout comme il existe une unité spéciale qui apporte la nourriture et l’eau du président, ils emmènent leurs propres interprètes. »

Diplômée du programme de traduction et interprétation de l’université Bar-Ilan, Rozenblum traduit aussi de l’espagnol à l’hébreu. Elle dit qu’elle était plus à l’aise en travaillant pour Obama que pour Trump.

« Je ne suis pas très fière de traduire ce président en particulier, mais je pense que je fais mon travail pour mes collègues, pour le peuple américain, a-t-elle dit. C’est ce que je fais, et je le fais de mon mieux. »

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