L’activiste du mont du Temple Yehudah Glick candidat à la présidence d’Israël
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L’activiste du mont du Temple Yehudah Glick candidat à la présidence d’Israël

Cette personnalité controversée, née aux USA, qui a rompu avec certaines des positions traditionnelles du Likud, se dit la plus apte à guérir les divisions de la nation

Shalom Yerushalmi est analyste politique pour Zman Israël, le site en hébreu du Times of Israël sur l'actualité israélienne.

Le député du Likud Yehudah Glick à Tel Aviv, le 6 septembre 2018. (Gili Yaari/FLASH90)
Le député du Likud Yehudah Glick à Tel Aviv, le 6 septembre 2018. (Gili Yaari/FLASH90)

Un nouveau candidat, quelque peu surprenant, est entré dans la course pour devenir le prochain président d’Israël l’année prochaine.

Yehudah Glick, ancien membre de la Knesset et défenseur de longue date des droits des Juifs sur le mont du Temple de Jérusalem, a déclaré aux députés de droite qu’il se présenterait à ce poste lorsque le mandat de Reuven Rivlin prendra fin à l’été 2021, a appris Zman Yisrael, le site jumeau en hébreu du Times of Israel.

Le président, une figure essentiellement symbolique, est élu par les membres de la Knesset une fois tous les sept ans.

Glick, qui a demandé aux députés de le soutenir, a déclaré qu’il était le seul candidat qui correspondait à ce rôle.

« J’ai réfléchi à Rosh HaShana, pendant deux jours entiers, et j’ai décidé de me présenter à ce poste », a déclaré Glick aux membres de la Knesset. « Je vois ce qui se passe aujourd’hui dans la nation. Je suis peiné par les divisions et les clivages ».

« Je regrette l’époque où nous étions une société modèle, une société solidaire, où nous nous efforcions d’être une lumière pour les nations plutôt que de nous battre et de nous haïr les uns les autres », a-t-il déclaré. « Nous pouvons revenir à cela ».

Contacté par Zman Yisrael, Glick a refusé de commenter.

Le député du Likud Yehuda Glick, (à droite), pendant la manifestation contre la haine et la violence sur la place Rabin de Tel Aviv, le 7 janvier 2015. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Parmi les autres candidats présumés à la présidence figurent le chef du Parti travailliste Amir Peretz, le ministre de la Santé Yuli Edelstein et le président de l’Agence juive Isaac Herzog.

Glick, 55 ans, un sioniste religieux né aux États-Unis, a été député du parti au pouvoir, le Likud, de 2016 à 2019. Il a été élu comme représentant des implantations de Cisjordanie, mais s’est rapidement montré ouvert à toutes les opinions et à tous les secteurs, ce qui a fait de lui une figure populaire, surtout en dehors des rangs du Likud.

Glick, contrairement aux autres membres du Likud, a dénoncé le soldat Elor Azaria de l’armée israélienne, qui a tiré et tué un terroriste palestinien désarmé et blessé.

Il a mis en colère les juifs du mouvement Massorti – la communauté dont il est issu – en refusant de boycotter les Juifs réformés. Il a également défendu les dirigeants du groupe de défense des droits de gauche B’Tselem lorsque ses collègues de droite ont voulu leur retirer leur citoyenneté.

Si Glick est élu, il deviendra probablement le premier président à se rendre sur le mont du Temple, le site le plus sacré du judaïsme. Il est aussi prétendument le troisième site le plus saint pour les musulmans, qui l’appellent l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa ou le Noble Sanctuaire et dont beaucoup rejettent l’idée qu’il est saint pour les juifs.

Sur le mont du Temple, Yehuda Glick montre à des Juifs religieux un diagramme du Temple juif, qui se trouvait autrefois à l’emplacement du Dôme du Rocher, à Jérusalem, le 17 septembre 2013. (Crédit : Christa Case Bryant/The Christian Science Monitor via Getty Images)

Glick a gagné en importance grâce à des décennies de lutte pour les droits des Juifs à prier sur le site, où les Juifs sont actuellement autorisés à se rendre – pendant des heures limitées, sur un itinéraire prédéterminé et avec de lourdes restrictions – mais pas à prier ou à afficher des symboles religieux ou nationaux israéliens.

Au cours de ces années, Glick s’est souvent rendu sur le mont du Temple, a protesté près de celui-ci, a entamé des grèves de la faim et a affronté la police et les forces de l’ordre. Il s’est vu interdire l’accès au site à de nombreuses reprises pendant des semaines ou des mois.

Il insiste sur le fait qu’il souhaite la coexistence entre Juifs et Musulmans sur le site, sans limiter l’entrée ou la prière des Musulmans.

Il est néanmoins considéré comme un extrémiste par de nombreux Palestiniens, et les incitations à son encontre ont failli lui coûter la vie en 2014 par un membre du groupe terroriste du Jihad islamique palestinien, qui lui a tiré dessus à bout portant après une conférence à Jérusalem.

Glick a été gravement blessé, mais il s’est bien rétabli.

Il a de nouveau été agressé cette année alors qu’il effectuait une visite de condoléances au domicile de la famille d’Iyad Halak à Jérusalem-Est, un Palestinien handicapé abattu par erreur par des agents de la police des frontières qui disent l’avoir pris pour un terroriste.

Le député Yehudah Glick s’exprime lors d’une session plénière à la Knesset à Jérusalem, le 23 mai 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

Les Palestiniens et la Jordanie seraient probablement furieux si Glick est choisi comme président, surtout s’il continue à se rendre sur le mont du Temple dans ses nouvelles fonctions.

Jeudi, Glick est arrivé près du quartier de la Vieille Ville de Jérusalem et a sonné le shofar pour protester contre l’interdiction d’entrée des Juifs dans le pays pendant la nouvelle période de bouclage visant à freiner la montée en flèche des infections au coronavirus.

Glick et son épouse, Hadas Disin, ont été condamnés à une amende de 500 shekels chacun pour avoir enfreint les restrictions de confinement interdisant aux résidents de s’éloigner de plus d’un kilomètre de leur domicile. Les policiers n’ont pas tenu compte des explications du couple selon lesquelles ils protestaient, une activité exemptée de cette règle.

Michael Bachner a contribué à cet article.

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