L’aéroport Ben Gurion va licencier le garde qui a gazé une famille druze
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L’aéroport Ben Gurion va licencier le garde qui a gazé une famille druze

Un garde aurait aspergé de gaz lacrymogène une famille de 16 personnes dans leur minibus après une altercation lors d'un contrôle de sécurité à l'entrée du site

Illustration : Des agents de la sécurité dans le hall de départ de l'aéroport international Ben Gurion le 23 juillet 2013. (Moshe Shai/FLASH90)
Illustration : Des agents de la sécurité dans le hall de départ de l'aéroport international Ben Gurion le 23 juillet 2013. (Moshe Shai/FLASH90)

L’aéroport Ben Gurion a déclaré lundi qu’il avait entamé un processus disciplinaire pour licencier un agent de la sécurité qui a pulvérisé du gaz lacrymogène sur une famille druze et les a menacés avec son arme à l’entrée de l’aéroport.

L’incident s’est produit la semaine dernière lorsqu’un garde a contrôlé une famille de 16 personnes de la ville de Daliyat al-Karmel, dans le nord du pays, exigeant leurs passeports à l’entrée de l’aéroport international, a rapporté le quotidien Haaretz.

L’un des membres a montré au garde sa carte de l’armée israélienne, mais celle-ci a été rejetée par le garde qui a exigé de voir leurs passeports. Le garde aurait indiqué qu’un passeport était manquant et qu’un différend animé a éclaté.

Un autre garde s’est alors approché, a raconté à Haaretz Roni Aboud, un des membres de la famille. Il avait du gaz lacrymogène et leur a demandé s’ils voulaient être aspergés.

« J’étais surpris », a dit Aboud à Haaretz. « Je ne pensais pas qu’il nous aspergerait alors j’ai dit ‘oui, vas-y’, je n’ai pas levé la main contre lui, je n’ai rien fait d’illégal et soudain il a commencé à asperger. »

Il y avait 16 personnes dans le minivan au moment de l’incident, dont deux enfants. Aboud a précisé qu’aucun des gardes ne leur a offert une assistance médicale après l’incident.

Les autorités aéroportuaires ont déclaré qu’une enquête a révélé que le garde avait agi de manière inappropriée et que des procédures disciplinaires avaient été entamées en vue de le congédier.

Cet incident est survenu dans un contexte de colère généralisée au sein de la communauté druze après le passage de la loi sur l’État-nation. Les membres de la communauté servent dans l’armée israélienne et ont exprimé leur indignation face aux dispositions de la loi, affirmant qu’elle en fait des citoyens de seconde classe.

Plusieurs officiers druzes ont démissionné de Tsahal en guise de protestation.

La loi sur l’État-nation adoptée par la Knesset en juillet proclame Israël comme « la patrie nationale du peuple juif » et dit que « le droit d’exercer l’autodétermination nationale dans l’État d’Israël est spécifique au peuple juif ».

Il définit également l’arabe comme une langue ayant un statut « spécial », le déclassant de facto de son statut de deuxième langue officielle d’Israël, bien qu’il stipule de manière ambiguë que « cette clause ne porte pas atteinte au statut accordé à la langue arabe avant l’entrée en vigueur de cette loi ».

Son adoption dans la législation a suscité des critiques de la part des Israéliens, des dirigeants juifs et de la communauté internationale.

Selon les partisans du projet de loi, les valeurs juives et les valeurs démocratiques sont sur un pied d’égalité. Les critiques, cependant, affirment que la loi est discriminatoire à l’égard des Arabes d’Israël et d’autres communautés minoritaires. La loi est devenue l’une des lois fondamentales qui, à l’instar d’une constitution, sous-tendent le système juridique israélien et sont plus difficiles à abroger que les lois ordinaires.

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