L’ambassade d’Argentine de Paris commémore l’attentat du centre juif Amia
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L’ambassade d’Argentine de Paris commémore l’attentat du centre juif Amia

L’ambassade d’Argentine de Paris a commémoré le 25e anniversaire de l’attentat du centre juif Amia, survenu à Buenos Aires le 18 juillet 1994, qui a fait 85 morts et 300 blessés

Aliza Bin Noun s’exprimant ce lundi 11 juin lors de la cérémonie de commémoration du 25e anniversaire de l’attentat du centre juif Amia à Buenos Aires, survenu le 18 juillet 1994. (Crédit photo : GOLDMANNAriel / Twitter)
Aliza Bin Noun s’exprimant ce lundi 11 juin lors de la cérémonie de commémoration du 25e anniversaire de l’attentat du centre juif Amia à Buenos Aires, survenu le 18 juillet 1994. (Crédit photo : GOLDMANNAriel / Twitter)

Ce lundi 11 juin, une cérémonie était organisée à l’ambassade d’Argentine, dans le 16e arrondissement de Paris, afin de commémorer le 25e anniversaire de l’attentat du centre juif Amia (Association mutuelle israélite argentine) à Buenos Aires, le 18 juillet 1994.

Francis Kalifat, dirigeant du CRIF, Aliza Bin Noun, ambassadrice d’Israël en France, Haïm Korsia, grand rabbin de France, et Ariel Goldmann, dirigeant du Fonds social juif unifié, ont ainsi été reçus par l’ambassadeur argentin à Paris, Mario Raùl Veron Guerra.

Sur Twitter, Aliza Bin Noun a déclaré : « Cérémonie émouvante à l’ambassade d’Argentine en hommage aux victimes du terrorisme iranien contre la communauté juive d’Argentine (1994) et l’ambassade d’Israël à Buenos Aires (1992). Luttons ensemble contre l’antisémitisme et le terrorisme iranien qui menacent le monde libre. »

Ariel Goldmann s’est lui dit « très honoré » et « ému ».

De nombreuses autres ambassades argentines à travers le monde prévoient d’organiser des cérémonies en hommage aux victimes d’ici le 18 juillet. Le 3 juin, la mission diplomatique de Santiago du Chili a ainsi commémoré l’attaque. Celles de Berlin, New York, Londres, Madrid, Moscou, Brasilia, Canberra, Tel Aviv et Rome, parmi d’autres, prévoyaient de faire de même, ainsi que le Comité des droits de l’homme des Nations unies à Genève.

Cette commémoration mondiale est une initiative conjointe du Congrès juif latino-américain – la branche régionale du Congrès juif mondial –, et du ministère des Affaires étrangères argentin. À chaque événement, la communauté juive locale a prévu de participer.

Vingt-cinq ans après les faits, l’attentat à la voiture piégée contre le centre juif argentin Amia qui a fait 85 morts et 300 blessés – le plus meurtrier de l’histoire du pays – n’a toujours pas été élucidé par la justice et l’impunité reste totale. Cette attaque n’a jamais été revendiquée mais Israël et l’Argentine affirment que plusieurs hauts responsables iraniens et du Hezbollah l’ont commanditée, ainsi que celle du 17 mars 1992 contre l’ambassade d’Israël à Buenos Aires (29 morts, 200 blessés).

L’enquête est toujours en cours et a connu de nombreuses irrégularités.

Le centre juif de Buenos Aires suite à l’attaque, en juillet 1994. (Cambalachero / Wikimedia commons)

En février dernier, l’ancien président argentin Carlos Menem (1989-1999), l’un des treize accusés dans l’affaire, a été acquitté. Le juge Juan José Galeano a lui été condamné à 6 ans de prison pour avoir torpillé l’enquête sur l’attentat de 1994, ainsi que l’ancien patron des services secrets argentins, Hugo Anzorreguy, condamné à une peine de 4 ans et demi de prison.

Le ministère public avait requis, en décembre 2017, une peine de quatre ans de prison contre Carlos Menem, 88 ans, et de 13 contre le juge Galeano, accusé d’avoir remis 400 000 dollars à Carlos Telleldín, indic de la police, pour qu’il accuse un groupe de policiers. Il a nié avoir agi sur ordre de Carlos Menem.

Tout au long du procès, qui a duré 3 ans, Menem a refusé de s’exprimer, disant que s’il parlait « cela pourrait affecter les intérêts de l’Argentine et provoquer la rupture d’une coexistence pacifique » avec d’autres pays.

« Je suis en paix. Nous voulions la vérité et qu’il paient pour ce qu’ils ont fait. L’enquête doit se poursuivre », a réagi Jorge Burstein, membre d’une des trois associations de victimes qui étaient partie civile.

Menem « est soulagé. Il n’y a jamais eu un ordre donné de sa part pour interrompre l’investigation », a déclaré l’avocat de l’ancien président, Omar Daer, à la sortie du tribunal.

Le juge Galeano avait dit pour sa défense que l’enquête sur l’attentat de l’Amia « a été victime des misérables luttes internes au sein des services de renseignement ».

Outre le juge et l’ex-patron des services de renseignement, deux policiers ont été condamnés (à 3 ans de prison), de même que deux ex-procureurs (2 ans) alors que M. Telleldin écope de trois ans et demi.

Une autre procédure pour entrave à l’enquête sur l’attentat de l’Amia a été ouverte contre l’ex-présidente Cristina Kirchner, qui a été mise en examen en 2017. C’est un accord conclu par Mme Kirchner avec l’Iran qui est mis en cause : il prévoyait l’audition à Téhéran, par des juges argentins, de dirigeants iraniens suspects. Mais l’accord est resté lettre morte.

L’Iran a toujours refusé de livrer les diplomates iraniens soupçonnés d’avoir participé à la préparation de l’attentat.

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