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L’ambassadeur russe demande à briefer les députés avant le discours de Zelensky

Lors d'une réunion tendue avec le président de la Knesset, Viktorov aurait insisté pour que les législateurs entendent le point de vue russe avant d'écouter le dirigeant ukrainien

Une séance plénière à la Knesset de Jérusalem, le 5 janvier 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Une séance plénière à la Knesset de Jérusalem, le 5 janvier 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Des responsables israéliens et ukrainiens ont confirmé mercredi que le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’adressera à la Knesset et aux ministres dimanche à 18 heures.

Dans le même temps, l’ambassadeur de Russie en Israël, Anatoly Viktorov, souhaite s’entretenir avec les législateurs avant le discours, afin de présenter la « perspective » de Moscou.

Kan News a rapporté que Viktorov avait contacté le président de la Knesset Mickey Levy, lui demandant d’autoriser les législateurs russes de briefer leurs homologues israéliens avant le discours de Zelensky.

Viktorov a dit à Levy que les membres de la Knesset devraient d’abord avoir « la perspective russe, et [les Russes] prendre en charge les événements actuels », a rapporté Kan.

Le média n’a pas précisé comment le président de la Knesset avait répondu, bien qu’une réponse affirmative entraînerait probablement d’intenses critiques de la part de l’Ukraine, et potentiellement d’autres pays.

La radio militaire a cité une source présente à la réunion qui a qualifié l’échange de « tendue », mais a précisé qu’il n’y avait eu aucune tentative de la part de l’envoyé russe d’empêcher Zelensky de parler à la Knesset.

L’ambassadeur russe en Israël, Anatoly Viktorov, faisant une déclaration à la presse au consulat russe à Tel Aviv, le 3 mars 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Levy a déclaré mercredi : « Ce sera un honneur pour moi et pour la Knesset d’accueillir le discours du président Zelensky… en cette période difficile à laquelle est confronté le peuple ukrainien. »

Zelensky avait initialement tenté de s’adresser au Parlement israélien par liaison vidéo, mais la demande avait initialement été rejetée par Levy, qui a expliqué que le parlement ne serait pas en mesure de tenir une telle session pendant ses vacances.

Le président de la Knesset, Mickey Levy, lors d’une session plénière à Jérusalem, le 26 juillet 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les critiques ont déclaré que la décision de Jérusalem était motivée par une réticence à être vue de trop près avec l’Ukraine alors qu’elle cherche à maintenir des relations de travail avec la Russie.

Israël dépend de la coordination avec la Russie pour mener des frappes militaires en Syrie contre des mandataires iraniens là-bas. Bien que le pays ait critiqué l’invasion russe, il a tenté d’éviter de prendre clairement parti.

Zelensky a prononcé plusieurs discours devant des parlements du monde entier depuis le début de l’invasion russe le 24 février et s’est adressé mercredi à des centaines de législateurs américains des deux chambres.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’adresse au Congrès américain par visio pour demander son soutien alors que son pays est assiégé par les forces russes, au Capitole américain, le 16 mars 2022, à Washington. (Crédit : AP/J. Scott Applewhite)

Israël a tenté d’équilibrer ses relations depuis que la Russie a envahi l’Ukraine, pris entre son proche allié Washington et le président russe Vladimir Poutine à Moscou, qui a des forces en Syrie voisine.

Le Premier ministre Naftali Bennett a tenté de servir de médiateur entre Poutine et Zelensky. Bennett s’est entretenu avec les deux dirigeants par téléphone lundi et s’est envolé pour Moscou pour rencontrer Poutine au début du mois.

Plus tôt mercredi, la députée ukrainienne Olga Vasilevskaya-Smaglyuk a déclaré que, lors de son discours à la Knesset, Zelensky comptait évoquer sa judéité et comparer la lutte de son pays contre l’invasion russe à la Shoah.

Les deux parties au conflit se sont mutuellement accusées de « nazisme », Poutine justifiant son invasion du 24 février en disant qu’il voulait « dénazifier » les zones de l’Ukraine où, selon lui, un « génocide » était commis contre les citoyens russophones. Les gouvernements occidentaux et l’Ukraine elle-même ont rejeté ces allégations, les qualifiant de justification sans fondement de l’invasion.

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