L’AP refuse une invitation à la Maison Blanche sur la crise à Gaza
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L’AP refuse une invitation à la Maison Blanche sur la crise à Gaza

Dans un contexte de gel continu des liens avec Washington, un haut-responsable palestinien a accusé l'administration Trump de "liquider" le projet national palestinien

Un Palestinien à proximité du bureau du programme de secours de l' UNRWA à Gaza City, le 8 janvier 2018 (Crédit :  AFP Photo/Mohammed Abed)
Un Palestinien à proximité du bureau du programme de secours de l' UNRWA à Gaza City, le 8 janvier 2018 (Crédit : AFP Photo/Mohammed Abed)

L’Autorité palestinienne a refusé une invitation de l’administration Trump pour participer à une réunion à la Maison Blanche à la fin de la semaine consacrée à la situation humanitaire à Gaza, a dit un responsable palestinien samedi.

S’exprimant au micro de la radio Voix de la Palestine, le membre du comité exécutif de l’OLP Ahmad Majdalani a accusé les Etats-Unis de tenter de saper l’Autorité palestinienne, affirmant qu’une réunion n’était pas nécessaire parce que Gaza « est une question politique et non humanitaire ».

« Les Etats-Unis savent très bien que la cause de la tragédie dans la bande de Gaza est le siège injuste des Israéliens et que ce qu’il faut, c’est une gestion politique de ce problème », a-t-il clamé.

Majdalani, qui est également un conseiller du président de l’AP Mahmoud Abbas, a déclaré à la Voix de la Palestine que la rencontre organisée par la Maison Blanche au sujet de l’enclave côtière « ne vient pas de nulle part » et qu’elle entre dans le cadre d’une initiative plus large de Washington visant à isoler davantage la bande de Gaza de la Cisjordanie et à « liquider le projet national palestinien ».

Ahmad Majdalani (Crédit : Page Facebook)

Ce rejet survient dans un contexte de colère palestinienne après la reconnaissance de Jérusalem en tant que capitale israélienne par les Etats-Unis et la promesse d’y transférer l’ambassade américaine depuis Tel Aviv au mois de mai.

Les Palestiniens refusent de rencontrer de hauts-responsables américains depuis le mois de décembre.

Majdalani a également laissé entendre que les « préoccupations humanitaires » nourries par l’envoyé spécial du président américain Donald Trump au Moyen-Orient, Jason Greenblatt, pour la population de Gaza n’étaient pas réelles, évoquant ce qu’il a qualifié de « liquidation » par les Etats-Unis de l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens.

Au mois de janvier, l’UNRWA avait appris que les Etats-Unis retiendraient environ 100 millions de dollars de financement en faveur de l’agence. Trump avait indiqué que les Palestiniens devaient revenir à la table des négociations de paix pour recevoir l’argent des aides américaines.

Israël a accusé l’UNRWA de perpétuer le narratif palestinien de l’illégitimité d’Israël en accordant le statut de réfugié aux descendants de ces derniers, même s’ils sont nés dans d’autres pays et qu’ils en possèdent la nationalité. La population de réfugiés palestiniens ne cesse donc de croître chaque année, alors que les autres populations de réfugiés dans le monde se réduisent à chaque génération qui passe.

Suite aux annonces des coupes budgétaires, les responsables de l’UNRWA avaient averti que l’agence devait affronter une « crise financière existentielle » et avaient renforcé leurs initiatives de collecte financière pour combler cette pénurie.

Dans une lettre ouverte publiée jeudi dans le Washington Post, Greenblatt a révélé que la Maison Blanche allait réunir mardi des « parties prenantes » avec pour objectif d’améliorer les conditions de vie dans la bande de Gaza.

L’envoyé pour la paix du président américain Donald Trump, Jason Greenblatt (à gauche), dans un tunnel terroriste du Hamas près de la bande de Gaza avec le coordonnateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT) Yoav ‘Poly’ Mordechai le 30 août 2017 (Crédit : bureau du porte-parole du COGAT)

« En réponse à la situation humanitaire naissante à Gaza, des pays déterminants et des parties prenantes se préparent à agir : Il y a eu une réunion, jeudi, au Caire et il y aura une session de réflexion organisée à la Maison Blanche la semaine prochaine pour trouver des solutions réelles aux problèmes que le Hamas a causés », a écrit Greenblatt.

Un porte-parole de Greenblatt a refusé de préciser qui étaient les parties concernées et les pays participants. De la même manière, il est difficile de savoir qui ont été les intervenants du Caire, même si des responsables du Hamas se trouvaient récemment dans la capitale égyptienne pour discuter de réconciliation avec l’Autorité palestinienne.

Cela fait des années que la situation humanitaire se détériore à Gaza et elle s’est encore largement aggravée après la prise de contrôle de l’enclave par le groupe terroriste du Hamas, qui avait chassé l’Autorité palestinienne du pouvoir.

Israël et l’Egypte avaient imposé un blocus strict contre Gaza pour empêcher le Hamas d’importer des armes et des matériaux susceptibles d’être utilisés lors d’attentats terroristes ou pour construire des fortifications et des tunnels. Israël et les Etats-Unis accusent également le Hamas de dépenser des millions de l’argent versé en aides pour des armes.

Ces derniers mois, l’Autorité palestinienne a également retenu le financement nécessaire à la fourniture d’électricité dans la bande, pour tenter de pousser le Hamas à la réconciliation.

L’ensemble de ces éléments auraient placé Gaza « au bord de l’effondrement », selon les Nations unies.

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