L’AP suspend le chef de la police de Hébron qui a aidé des soldats israéliens
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L’AP suspend le chef de la police de Hébron qui a aidé des soldats israéliens

Le Colonel Ahmad Abu al-Rub est très critiqué sur les réseaux sociaux pour avoir aidé des militaires à changer un pneu; le chef de la police de l’AP a ordonné une enquête

Le 11 novembre 2018, le colonel Ahmed Abu al-Rub, chef de la police de l'Autorité palestinienne à Hébron, aide les soldats israéliens à remplacer un pneu d'un véhicule militaire. (Crédit : capture d'écran Twitter)
Le 11 novembre 2018, le colonel Ahmed Abu al-Rub, chef de la police de l'Autorité palestinienne à Hébron, aide les soldats israéliens à remplacer un pneu d'un véhicule militaire. (Crédit : capture d'écran Twitter)

Un chef de police palestinien de Hébron a été suspendu après avoir été reconnu sur des photos le montrant en train d’aider des soldats israéliens à changer un pneu près de Hébron. Ces clichés ont été très largement partagés sur les réseaux sociaux.

Le chef de la police de l’Autorité palestinienne (AP) Hazem Atallah a suspendu le Colonel Ahmed Abu al-Rub et a ordonné qu’une commission enquête sur cet incident, a indiqué le porte-parole de la police de l’AP Louay Zreikat au Times of Israel jeudi.

Les photos partagées sur Twitter et Facebook montrent Abu al-Rub, chef de la police de l’AP dans le gouvernorat de Hébron, agenouillé dans la poussière sur le bas-côté d’une route avec un petit groupe de soldats israéliens près d’un véhicule militaire.

Une des photos montre aussi Kamal Makhamra, le secrétaire général d’une branche locale du Fatah, se tenir près d’Abu al-Rub et des soldats.

Makhamra a déclaré à Maan, un site d’information palestinien, qu’un groupe d’officiels du Fatah et d’humanitaires dont lui-même, ont rencontré par hasard des soldats après avoir aidé des Palestiniens dans le village de Susya au sud des collines de Hébron.

“Dimanche, nous étions en mission de secours au village de Susya avec plusieurs officiels et personnes impliquées dans le domaine humanitaire”, a-t-il dit.

Illustration : une route des collines du sud de Hébron, en Cisjordanie. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

“Après avoir terminé, nous avons essayé de quitter les lieux, mais un véhicule appartenant à l’armée d’occupation bloquait la route. Nous avons compris qu’il avait un pneu crevé. Les soldats nous ont demandé si nous avions du matériel pour les aider à le changer et [nous leur avons prêté un outil]. »

“Peu de temps après, les soldats ont essayé de changer le pneu, mais ils n’ont pas pu le faire. Après une longue attente, le Colonel Abu al-Rub s’est approché des soldats et leur a offert son aide. Il les a aidés à changer le pneu avec succès. Après cela, nous sommes partis.”

Zreikat a dit que le département de police de l’AP ne souhaite pas commenter l’affaire jusqu’à ce que la commission termine son travail d’enquête.

“Nous attendons les résultats de l’enquête de la commission”, a dit Zreikat. “Je ne suis pas en position d’affirmer ce qui est vrai ou faux.”

Mercredi, de nombreux réseaux sociaux arabes et palestiniens ont posté des photos d’Abu al-Rub sur Twitter et Facebook, et l’ont violemment critiqué pour avoir aidé des soldats.

Ibrahim Hamami, un détracteur de l’AP, a qualifié l’incident sur Facebook de “scandaleux” et de “honteux”.

Quds News Network, une publication d’information palestinienne, a posé la question rhétorique suivante sur Twitter : “Pensez-vous que la décision de suspendre Abu al-Rub soit suffisante ?”

Les forces de sécurité de l’AP et Israël travaillent ensemble sur de nombreux sujets liés à la sécurité en Cisjordanie.

Le président de l’AP Mahmoud Abbas a déclaré à des militants pour la paix israéliens dans une réunion à Ramallah en septembre que les forces de sécurité israélienne et palestinienne travaillent ensemble “quotidiennement”, selon l’association La Paix maintenant, dont le directeur exécutif a participé à l’événement.

Cependant, les sondages ont montré que la coopération sécuritaire israélo-palestinienne est très impopulaire dans la rue palestinienne.

Dans un sondage réalisé en 2015 par le Centre palestinien de recherche sur les sondages, 64 % des Palestiniens ont déclaré qu’ils souhaitent l’arrêt de cette coopération sécuritaire.

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