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Lapid et Mansour Abbas s’entendent pour que Raam revienne au sein de la coalition

Le parti islamiste met fin au boycott et fera avancer les priorités de la faction telles que la reconnaissance des villes bédouines et le financement des communautés arabes

Shalom Yerushalmi est analyste politique pour Zman Israël, le site en hébreu du Times of Israël sur l'actualité israélienne.

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid et le leader du parti Raam, Mansour Abbas, à la Knesset, le 21 juin 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/FLASH90)
Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid et le leader du parti Raam, Mansour Abbas, à la Knesset, le 21 juin 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/FLASH90)

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid et Mansour Abbas, le chef du parti Raam, qui a boycotté la coalition gouvernementale au début du mois, ont convenu que Raam reviendra au bercail.

Au cours d’une longue réunion mercredi, Lapid et Abbas ont convenu que Raam recommencera à voter avec la coalition après la fin des congés de la Knesset le 9 mai, a rapporté Zman Yisrael, la version en hébreu du Times of Israel.

Le parti islamiste Raam a gelé temporairement son adhésion à la Knesset et à la coalition dans un contexte de pressions croissantes sur la faction suite aux affrontements qui ont opposé émeutiers palestiniens et policiers israéliens sur le Mont du Temple.

Depuis lors, il a émis diverses conditions à son retour au Parlement et au gouvernement, notamment sur des questions essentielles pour la société arabe, telles que le financement du développement économique et l’avancement des plans de logement.

Le gouvernement était déjà au bord de l’effondrement depuis la démission de la députée Idit Silman du parti Yamina de Naftali Bennett, ce qui a fait perdre à l’alliance au pouvoir sa mince majorité.

Après le retour de Raam au gouvernement, la coalition accélérera plusieurs mesures importantes pour le parti, notamment la reconnaissance immédiate des villages bédouins illégaux dans le sud d’Israël. Le parti Raam tire son soutien électoral des Bédouins de la région du Néguev.

Mansour Abbas, leader du parti Raam à la Knesset, le 2 novembre 2021. (Crédit: Noam Moshkavitz/GPO)

Le gouvernement devrait également adopter d’importants budgets pour la construction et l’infrastructure dans les communautés arabes, ainsi que pour l’intégration accrue des citoyens arabes dans les services gouvernementaux et le secteur public.

Ces mesures visent à prouver à Raam que sa participation au gouvernement porte ses fruits auprès de ses électeurs et à renforcer la position du parti face à la Liste commune, une faction politique arabe rivale dans l’opposition.

Raam s’est séparé de la Liste arabe unie pour rejoindre le gouvernement l’année dernière, marquant la première fois qu’un parti arabe indépendant a rejoint une coalition israélienne au pouvoir.

Lapid et Abbas ont également discuté des votes à venir à la Knesset qui nécessiteront la participation de Raam lors de la réunion de mercredi.

Il est toutefois clair pour toutes les parties concernées qu’une grave escalade, telle qu’un incident sécuritaire majeur, pourrait encore mettre un terme au partenariat entre Raam et ses alliés de la coalition.

Les Palestiniens lors des prières du vendredi – c’est le troisième vendredi du mois du ramadan – à la mosquée al-Aqsa, sur le mont du Temple de Jérusalem, le 22 avril 2022. (Crédit : AHMAD GHARABLI / AFP)

La décision de Raam de geler sa participation au gouvernement le 17 avril a permis aux tensions autour de la mosquée de se calmer, et à Raam de rester dans la coalition, alors que la Knesset était de toute façon en congé, le boycott du parti ayant ainsi été essentiellement déclaratif.

Bennett et Lapid n’étaient pas d’accord avec la démarche, qui a été initiée par Abbas, mais ont compris que c’était un moyen pour Raam de rester dans le gouvernement.

Des événements plus dramatiques se sont produits depuis que Raam a annoncé son gel, notamment des combats sur le Mont du Temple, une marche provocatrice de l’extrême droite à Jérusalem et des tirs de roquettes depuis Gaza, mais le parti a réussi à rester à l’écart et la coalition est restée à flot.

Raam n’a pas participé aux discussions de la coalition sur l’éviction du parlementaire Amichai Chikli, mais n’était de toute façon pas tenu d’assister aux discussions.

Même après le retour de Raam, la coalition ne sera pas hors de danger. Le Parlement est dans l’impasse, et Jérusalem reste sur la corde raide, la police ayant renforcé son déploiement à l’approche de la dernière prière du vendredi du Ramadan à la mosquée Al-Aqsa, un point chaud qui a régulièrement été le théâtre d’affrontements entre la police et les fidèles ces dernières semaines. De nouveaux affrontements ont éclaté sur le site vendredi.

Le mont du Temple, connu par les musulmans sous le nom de Haram al-Sharif ou complexe al-Aqsa, est le site le plus saint du judaïsme et le troisième sanctuaire le plus sacré de l’Islam. Il y a eu, ces dernières semaines, des émeutes et des affrontements répétés sur le mont – des tensions encore amplifiées cette année par les célébrations parallèles du ramadan et de Pessah.

Israël a déclaré qu’il s’engageait à maintenir le statu quo et que ses forces de sécurité avaient répondu aux émeutes palestiniennes, provoquées par l’organisation terroriste Hamas et d’autres groupes extrémistes.

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