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Mont du Temple: de nouveaux affrontements en ce dernier vendredi de Ramadan

Des émeutiers ont lancé des pierres et des pétards en direction du mur Occidental et ont brandi des drapeaux du Hamas ; 42 personnes ont été blessées et 3 arrêtées

Des Palestiniens - l'un d'entre eux brandit un drapeau du Hamas - affrontent la police israélienne à la mosquée al-Aqsa, sur le mont du Temple de Jérusalem, le 22 avril 2022. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)
Des Palestiniens - l'un d'entre eux brandit un drapeau du Hamas - affrontent la police israélienne à la mosquée al-Aqsa, sur le mont du Temple de Jérusalem, le 22 avril 2022. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

De nouveaux affrontements entre émeutiers palestiniens et policiers israéliens sur le mont du Temple à Jérusalem ont éclaté tôt vendredi matin , le dernier vendredi du mois sacré du Ramadan, dans un contexte de tensions accrues dans la ville qui ont alimenté les craintes d’une flambée plus importante.

Les Palestiniens de la Vieille Ville ont jeté des pierres et lancé des pétards en direction des officiers et du mur Occidental, situé sous le Mont du Temple, ce qui, selon la police, l’a contrainte à entrer sur le lieu saint pour disperser les émeutiers.

Au moins une pierre lancée par les émeutiers a atterri dans la zone de prière du ùur Occidental, selon la police.

Des hommes masqués ont également brandi le drapeau du groupe terroriste Hamas, lancé des explosifs et scandé « nous sacrifierons nos vies pour Al-Aqsa ».

Selon le Croissant-Rouge palestinien, 42 personnes ont été blessées, dont 22 ont été emmenées à l’hôpital. Aucune des blessures n’était grave, selon le Croissant-Rouge.

La police a annoncé que trois personnes ont été arrêtées, deux pour avoir jeté des pierres et une soupçonnée d’incitation à la violence.

Les affrontements ont pris fin environ une heure après leur début lorsque d’autres Palestiniens présents dans l’enceinte sont intervenus, convainquant les lanceurs de pierres et la police de se retirer.

« (…) Le site est calme et les fidèles (musulmans) entrent en toute sécurité (dans l’enceinte) », a indiqué la police.

Des dizaines de milliers de fidèles sont attendus pour la prière du vendredi dans le complexe de la mosquée.

La police a déclaré jeudi qu’elle renforçait son déploiement à Jérusalem avec environ 3 000 agents avant les prières du vendredi.

Les troupes étaient réparties dans la Vieille Ville de Jérusalem et sur les principales routes menant au mont du Temple, a indiqué la police. Certaines rues de la Vieille Ville et de Jérusalem-Est ont été fermées à la circulation.

Le dernier vendredi du mois sacré est également connu comme la Journée al- Qods, une journée de solidarité avec les Palestiniens qui avait été initiée par l’Ayatollah Khomeini en Iran.

L’Iran a instauré la Journée al-Qods, ou Journée de Jérusalem, en 1979, année de la Révolution islamique. Cette journée est commémorée par des discours et des événements anti-israéliens, ainsi que par des menaces de « libération » de Jérusalem du contrôle israélien.

Jeudi également, l’aile militaire du groupe terroriste du Jihad islamique a menacé Israël en montrant des images des drones à Jénine dans un clip de propagande.

Dans la vidéo diffusée par le groupe terroriste, un drone lance un dispositif explosif sur une jeep de l’armée israélienne au mois de septembre 2019 (la jeep n’avait essuyé que peu de dégâts lors cet incident).

« L’ennemi doit y penser et y réfléchir minutieusement : à quoi ressemblent aujourd’hui nos drones ? Quelles sont leurs capacités trois ans après cette opération ? », dit Abu Hamza, porte-parole de l’aile militaire du groupe terroriste.

Cette menace et le renforcement de la présence policière à Jérusalem interviennent dans un contexte de tensions accrues dans la capitale et après des affrontements réguliers entre la police et des émeutiers palestiniens sur le Mont du Temple tout au long du mois d’avril, alors que les musulmans marquaient le Ramadan et que les juifs célébraient Pessah.

Mercredi soir, plus de 100 000 fidèles musulmans ont pris part à des prières de masse à la mosquée Al-Aqsa à l’occasion de la fête musulmane de Laylat al-Qadr (Nuit du destin), qui marque le jour où, selon les musulmans, les premiers versets du Coran ont été révélés à Mahomet.

Des milliers de policiers ont été déployés dans la Vieille Ville de Jérusalem avant les prières, mais aucun incident n’a été signalé.

La Jordanie, qui supervise ce site sensible en contrôlant la dotation islamique Waqf qui administre le complexe, a critiqué de manière virulente et répétée ces dernières semaines le comportement des forces de sécurité israéliennes sur le Mont du Temple.

La Jordanie a accusé Israël de violer le statu quo sur le site, en vertu duquel les musulmans sont autorisés à visiter et à prier, tandis que les juifs ne peuvent pas prier et ne peuvent se rendre sur le site que pendant des plages horaires restreintes.

La police a déclaré qu’elle interdirait aux non-musulmans de se rendre sur le mont du Temple et dans l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa à partir de vendredi et jusqu’à la fin du mois sacré musulman du ramadan, le 1er mai, afin de réduire les tensions et les affrontements potentiels – une politique déjà en place depuis des années.

Au début du mois, de graves affrontements entre la police et des émeutiers palestiniens ont eu lieu, faisant des centaines de blessés et d’arrestations.

Les affrontements sur le lieu saint peuvent dégénérer en un conflit plus large et ont été l’un des éléments déclencheurs de la guerre entre Israël et le Hamas l’année dernière.

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