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Lapid : Israël espère établir des liens avec l’Indonésie et l’Arabie saoudite

Le ministre des Affaires étrangères a également déclaré que des "petits pays" non nommés pourraient être en mesure de rejoindre les Accords d'Abraham

Le ministre israélien des Affaires étrangères Yair Lapid pendant une réunion de sa faction Yesh Atid à la Knesset, le 8 novembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Le ministre israélien des Affaires étrangères Yair Lapid pendant une réunion de sa faction Yesh Atid à la Knesset, le 8 novembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid a déclaré mardi que si Israël espère développer les Accords d’Abraham et établir des relations diplomatiques avec l’Arabie saoudite et l’Indonésie, aucun accord n’est imminent.

Les accords négociés par les Etats-Unis ont permis à Israël de normaliser ses relations avec les EAU, Bahreïn, le Soudan et le Maroc.

S’exprimant sur les ondes de la radio de l’armée, Lapid a déclaré que Jérusalem cherchait à « étendre les Accords d’Abraham à d’autres pays ».

« Si vous me demandez quels sont les pays importants que nous envisageons, l’Indonésie en fait partie, l’Arabie saoudite bien sûr, mais ces choses prennent du temps », a-t-il souligné.

Lapid a ajouté que des « petits pays » qu’il n’a pas identifiés pourraient normaliser leurs relations avec Israël dans les deux années à venir.

Ses commentaires font suite à un reportage de la radio de l’armée, diffusé au début du mois, selon lequel une délégation de responsables indonésiens s’était récemment rendue en Israël pour discuter des stratégies relatives au coronavirus.

Les responsables indonésiens de la santé ont rencontré des responsables israéliens dans le but « d’apprendre comment faire face à la pandémie de coronavirus », selon la radio de l’armée.

Le reportage ne précisait pas quand la visite avait eu lieu, précisant seulement qu’elle s’était déroulée « ces dernières semaines ».

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken, à gauche, et le ministre indonésien des Affaires étrangères Retno Marsudi signent un protocole d’accord au bâtiment Pancasila à Jakarta, le 14 décembre 2021. (Olivier Douliery/Pool Photo via AP)

Cette visite aurait eu lieu après que le secrétaire d’État américain Antony Blinken a évoqué l’idée que le pays rejoigne les Accords d’Abraham lors d’une visite à Jakarta, la capitale indonésienne, le mois dernier.

L’information, publiée par les sites d’information Walla et Axios, cite des responsables israéliens au fait des discussions, qui ont estimé qu’aucune percée imminente n’était probable.

En novembre, le chargé d’affaires israélien à Bahreïn s’est entretenu avec le ministre indonésien de la Défense lors d’une rare interaction publique entre des responsables de ces pays, qui n’ont jamais entretenu de relations diplomatiques officielles. La rencontre entre Itay Tagner et Prabowo Subianto a eu lieu en marge de la conférence annuelle de Bahreïn sur le dialogue de Manama.

En outre, le conseiller à la sécurité nationale Eyal Hulata a rencontré brièvement le ministre indonésien de la Défense Prabowo Subianto au cours de la même conférence, échangeant des cartes de visite avec lui, selon Walla.

En décembre également, il a été confirmé que Lapid et son homologue saoudien Faisal Bin Farhan avaient participé à une réunion virtuelle de hauts diplomates du monde entier organisée par Blinken dans le but de renforcer la coopération pour combattre le variant Omicron du coronavirus.

Le prince saoudien Faisal bin Farhan Al Saud lors d’une table ronde au centre de conférence La Nuvola pour le sommet du G20 à Rome, le 30 octobre 2021. (Crédit : AP Photo/ Andrew Medichini)

Lapid et Blinken ont tous deux publié des déclarations après coup, mais aucun n’a mentionné la présence de Farhan lors de la session Zoom.

Ryad a pris un certain nombre de mesures ces dernières années en vue de normaliser les relations avec Jérusalem. Les Saoudiens auraient donné en coulisses leur feu vert à l’établissement de liens entre les Émirats arabes unis et Israël l’année dernière, et ont depuis autorisé les avions israéliens à utiliser leur espace aérien pour des vols directs vers Dubaï et Abou Dhabi.

Cependant, les liens entre Israël et l’Arabie saoudite sont restés presque entièrement officieux, et le royaume du Golfe insiste sur le fait que cela ne changera pas tant qu’Israël ne fera pas la paix avec les Palestiniens.

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken et le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal Bin Farhan Al Saud, arrivent pour parler aux journalistes au département d’État à Washington, DC, le jeudi 14 octobre 2021. (Crédit : Jonathan Ernst/Pool via AP)

En septembre, le conseiller américain à la Sécurité nationale, Jake Sullivan, aurait évoqué la notion de normalisation des liens entre l’Arabie saoudite et Israël lors d’une réunion avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salman dans la ville de Neom, sur la mer Rouge.

Ben Salman n’a pas rejeté la proposition d’emblée, selon Axios, qui cite trois sources américaines et arabes.

Le prince héritier saoudien a à son tour présenté aux responsables américains une liste d’étapes qui devraient être franchies avant qu’un tel accord de normalisation puisse aller de l’avant, toujours selon Axios. Ces étapes comprennent une amélioration des relations bilatérales américano-saoudiennes, après que les liens se sont refroidis depuis l’élection du président américain Joe Biden, qui s’est montré plus critique à l’égard des droits de l’homme avec Ryad.

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