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Lapid : La violence à l’égard des femmes est « une tache intolérable »

Le chef de l'État a promis des mesures suite au viol présumé d’une soldate par un prisonnier, évoquant les féminicides et abus sexuels des footballeurs, affirmant que tout est lié

Le Premier ministre Yair Lapid lors du Conseil des ministres hebdomadaire, le 31 juillet 2022. (Crédit : GPO)
Le Premier ministre Yair Lapid lors du Conseil des ministres hebdomadaire, le 31 juillet 2022. (Crédit : GPO)

Le Premier ministre Yair Lapid a évoqué dimanche la question des violences à l’égard des femmes, affirmant que cela constituait une « tache qu’il n’était plus possible de tolérer en Israël ».

« Pas plus tard que la semaine passée, une femme a été assassinée par son mari et une fille, par son père », a déclaré Lapid, faisant référence aux meurtres de Rabab Abu Siyam, 30 ans et Liana Savenok, 21 ans.

« Des détails effroyables ont été révélés dans l’affaire de viol de la gardienne de prison et des échanges humiliants ont été découverts en ce qui concerne des footballeurs », a-t-il ajouté, évoquant le cas de la soldate israélienne qui a déclaré avoir été violée à plusieurs reprises par un prisonnier de sécurité palestinien, à la prison de Gilboa, et les textos récemment publiés par deux célèbres footballeurs israéliens soupçonnés de viol en 2020 mais dont l’affaire a été classée sans suites.

« Même si ces cas diffèrent les uns des autres, ils ont un dénominateur commun : une violence terrible qui se déchaîne contre les femmes. Il est de notre responsabilité, en tant que société, et de notre obligation, en tant que gouvernement, d’en finir une bonne fois pour toutes avec ce phénomène », a déclaré le Premier ministre.

Lapid a déclaré s’être entretenu samedi avec le ministre de la Sécurité intérieure, Omer Barlev, et la cheffe du service pénitentiaire israélien, Katy Perry, du cas d’une ex-soldate affirmant avoir été violée par un prisonnier de sécurité, après avoir été « réduite à la prostitution », au vu et au su de sa hiérarchie.

« On m’a présenté les mesures prises par l’IPS [Israel Prison Service, Services pénitentiaires israéliens] pour s’assurer que cela ne se reproduise plus jamais », a-t-il déclaré.

« L’incident, en cours d’examen et qui a eu lieu pendant le mandat du gouvernement précédent, fait l’objet d’un embargo, mais il doit faire, et fera l’objet, d’une enquête. Nous veillerons à ce que la soldate reçoive tout le soutien nécessaire. Les accusés seront poursuivis dans le cadre de la loi », a-t-il ajouté.

Des manifestantes brandissent des pancartes avec des photos de femmes tuées, lors d’une manifestation contre les violences faites aux femmes et les féminicides, à Tel Aviv, le 25 juin 2022 (Crédit : Tomer Neuberg/FLASH90)

Lapid a également déclaré son intention d’organiser une réunion spéciale sur la question des violences faites aux femmes, accédant ainsi à la demande formulée par la ministre des Transports, Merav Michaeli.

« Ce gouvernement a fait plus que tout autre sur la question des violences envers les femmes », a assuré Lapid. « Plus de 200 millions de shekels ont été alloués au programme national de prévention et traitement des violences intra-familiales », a-t-il précisé.

« Bien sûr, c’est loin d’être suffisant », a-t-il ajouté. « Nous devons en faire plus et nous en ferons plus. Dans ce pays, les femmes et les filles doivent pouvoir se sentir en sécurité, aussi bien chez elles que dans la rue. »

Les propos de Lapid font suite à la décision d’un juge, qui a ordonné à une femme originaire de Lod de se rendre dans un refuge, contre sa volonté, en raison des menaces graves proférées par son ex-mari. La décision du tribunal a suscité des critiques de la part d’un groupe de pression anti-violence, au motif que la décision violait les droits de la femme.

Les militants se plaignent depuis longtemps que pas grand chose ne soit fait pour empêcher les violences faites aux femmes en Israël, en particulier dans les cas connus des autorités.

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