Lapid rejette toute alliance avec Netanyahu après l’éventuelle mise en examen
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Lapid rejette toute alliance avec Netanyahu après l’éventuelle mise en examen

La déclaration du leader de Yesh Atid fait suite aux propos d'un député du parti qui ont été interprétés comme un refus de ce scénario

Yair Lapid, le leader de Yesh Atid, prend la parole lors de la conférence des présidents des principales organisations juives américaines à Jérusalem le 19 février 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)
Yair Lapid, le leader de Yesh Atid, prend la parole lors de la conférence des présidents des principales organisations juives américaines à Jérusalem le 19 février 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le chef du parti Yesh Atid, Yair Lapid, a déclaré dimanche matin que son parti ne siégerait en aucune circonstance dans un gouvernement dirigé par quelqu’un qui a été inculpé au pénal, en réponse aux affirmations exprimées par des rivaux politiques selon lesquelles un membre du parti aurait refusé d’exclure la possibilité de se joindre à une future coalition avec le parti Likud de Benjamin Netanyahu, même si le Premier ministre est traduit en justice.

Le parti centriste, qui est entré en politique dans le cadre d’une campagne anti-corruption, a essuyé des critiques samedi de la part du parti d’opposition rival, l’Union sioniste, après que le député de Yesh Atid, Ofer Shelah, se soit abstenu de dire explicitement que le parti ne se joindrait pas à un tel gouvernement.

Au contraire, il a dit qu’il était incorrect de « boycotter » quelqu’un, mais a ajouté qu’ « un Premier ministre sous le coup d’une mise en accusation ne peut pas continuer à occuper ce poste ».

Dimanche matin, Lapid a dit clairement que son parti n’avait pas l’intention de soutenir Netanyahu.

A quiconque n’a pas compris et surtout à ceux qui persistent à ne pas comprendre : Yesh Atid ne fera partie d’aucun gouvernement dans lequel un Premier ministre est inculpé », a-t-il écrit sur Twitter. « Pas de si ou de mais. »

L’Union sioniste avait condamné Yesh Atid samedi soir, affirmant que les déclarations de Shelah signifiaient que le parti « n’hésitera pas » à siéger dans un gouvernement de Netanyahu, même si des accusations sont portées contre lui.

La discussion au sein de l’opposition israélienne a commencé lorsque Shelah a été pressé de répondre à la question lors d’un événement culturel dans la ville centrale de Ness Ziona.

Le député Ofer Shelah (Yesh Atid) s’exprime lors d’une conférence de presse sur ce que l’on appelle la « loi sur la conscription » à Tel Aviv le 12 septembre 2017. (Miriam Alster/Flash90)

« Je ne vais pas me lancer dans des spéculations, a déclaré Shelah. « Je ne pense pas qu’il soit correct de boycotter quelqu’un. La première chose qu’on vous demande dans la politique israélienne, c’est de savoir qui vous boycottez. »

« La réponse est : personne. Nous voulons un gouvernement dirigé par Yair Lapid avec les principaux partis en Israël », a-t-il déclaré.

Interrogé à nouveau sur la question de savoir s’il suggérait que le fait de s’asseoir avec un Likud dirigé par Netanyahu postérieurement à l’inculpation resterait une option, Shelah a de nouveau refusé de donner une réponse franche, affirmant seulement qu’ « un Premier ministre mis en accusation ne peut pas continuer à exercer ses fonctions ».

Par la suite, l’Union sioniste a déclaré dans un communiqué que « si quelqu’un avait le moindre doute, [le président de Yesh Atid] Yair Lapid et ses collègues n’hésiteront pas à siéger auprès de Netanyahu, même si des accusations sont portées contre lui ».

« Ils ne sont partenaires de rien. Ceux qui prétendent mener la lutte contre la corruption ne peuvent pas se permettre de faire deux poids, deux mesures en la matière. Nous nous engageons à remplacer les corrompus, à ne pas les accueillir à bras ouverts » a-t-il déclaré.

La querelle est survenue alors que l’Union sioniste, dirigée par Avi Gabbay, a chuté dans les sondages au profit évident de Yesh Atid.

La semaine dernière, un sondage de la Dixième chaîne a révélé que Yesh Atid obtiendrait 24 sièges (contre 11 actuellement) si de nouvelles élections étaient organisées, tandis que l’Union sioniste chuterait à 12 (contre 24 actuellement).

Cependant, les deux partis d’opposition ont suivi le Likud de Netanyahu, qui aurait obtenu 29 sièges, soit un de moins qu’à l’heure actuelle à la Knesset.

S’exprimant lors d’un événement organisé samedi pour les militants du parti à Beer Sheva, la députée de l’Union sioniste Stav Shaffir a appelé à la tenue d’élections anticipées afin que sa faction démontre que « les citoyens détestent la corruption et sachent que ce gouvernement les abandonne pour des intérêts personnels et politiques ».

« Il est clair pour tout le monde que le gouvernement corrompu de Netanyahu a cessé se soucier des citoyens israéliens », a-t-elle ajouté.

La présidente du Comité de transparence de la Knesset Stav Shaffir à la Knesset le 22 juillet 2015. (Hadas Parush/Flash90)

Le mois dernier, la police a recommandé que M. Netanyahu soit mis en accusation dans deux enquêtes de corruption, connues sous le nom de « Affaire 1000 et 2000 ».

Il est également soupçonné, dans le cadre de l’enquête de l’affaire 4000, dans laquelle l’actionnaire majoritaire du géant des télécommunications Bezeq, Shaul Elovitch, aurait ordonné au site d’information Walla, dont il est le propriétaire, d’accorder une couverture positive à la famille Netanyahu en échange de l’avancement par le Premier ministre de la réglementation qui lui est favorable financièrement.

Dans l’affaire 1000, Netanyahu et son épouse sont soupçonnés d’avoir reçu des dons illicites de bienfaiteurs milliardaires, d’une valeur d’environ 1 million de shekels en cigares et en champagne de la part du producteur hollywoodien d’origine israélienne Arnon Milchan et du propriétaire de la station balnéaire australienne James Packer, en échange de certains avantages.

L’affaire 2000 porte sur un accord présumé illicite entre Netanyahu et l’éditeur de journaux Yedioth Ahronoth Arnon Mozes, selon lequel le Premier ministre aurait affaibli un quotidien concurrent, Israel Hayom, soutenu par Sheldon Adelson, en échange d’une couverture plus favorable de la part de Yedioth.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et Nir Hefetz, à gauche, lorsqu’il était à la tête de l’administration d’information nationale, arrivent à la réunion hebdomadaire de cabinet au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le dimanche 27 décembre 2009 (Crédit : Yossi Zamir/Flash 90)

La semaine dernière, un ancien conseiller de la famille Netanyahu, Nir Hefetz, est devenu le troisième ancien proche assistant du Premier ministre à accepter de coopérer avec la police.

Il aurait promis de fournir à la police des messages SMS et des enregistrements compromettants de Netanyahu et de sa femme dans plusieurs affaires pénales, notamment les affaires 4000 et 1000.

Netanyahu a nié tout méfait dans tous les cas.

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