L’Arabie saoudite dément toute rencontre entre le prince héritier et Netanyahu
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L’Arabie saoudite dément toute rencontre entre le prince héritier et Netanyahu

"Les seuls responsables présents étaient américains et saoudiens", a déclaré sur Twitter le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Fayçal ben Farhane

Le ministre des Affaires étrangères d'Arabie saoudite, le prince Fayçal bin Farhane, assiste à une réunion à Athènes, le 24 janvier 2020. (Crédit : Petros Giannakouris / AP)
Le ministre des Affaires étrangères d'Arabie saoudite, le prince Fayçal bin Farhane, assiste à une réunion à Athènes, le 24 janvier 2020. (Crédit : Petros Giannakouris / AP)

L’Arabie saoudite a démenti lundi des informations en provenance d’Israël sur une rencontre entre le prince héritier Mohammed ben Salmane et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à l’occasion d’une « prétendue » visite secrète dans le royaume aux côtés du secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo.

« J’ai vu des informations de presse concernant une prétendue rencontre entre le prince héritier et des responsables israéliens lors de la récente visite de (Mike Pompeo). Aucune réunion de ce type n’a eu lieu. Les seuls responsables présents étaient américains et saoudiens », a déclaré sur Twitter le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Fayçal ben Farhane.

La première visite rendue publique d’un chef de gouvernement israélien en Arabie saoudite, pour rencontrer en secret ce weekend le prince héritier, a été révélée par la presse israélienne, et confirmée à l’AFP par une source gouvernementale israélienne.

Yossi Cohen, le chef du Mossad, les services de renseignements extérieurs israéliens, faisait également partie du voyage à NEOM, ville futuriste située dans le nord-ouest de l’Arabie saoudite, près d’Israël, selon ces mêmes sources.

Ces dernières années, l’Etat hébreu s’est rapproché de certains pays arabes du Golfe, en particulier avec ceux qui partagent avec lui la même animosité à l’égard de l’Iran. Les Emirats arabes unis et Bahreïn, proches alliés de l’Arabie saoudite, ont normalisé leurs relations avec Israël en septembre.

Ryad, qui entretient des liens très discrets avec l’Etat hébreu, notamment via leur grand partenaire commun, les Etats-Unis, s’en tient toujours à la position arabe traditionnelle qui fait de la résolution du conflit israélo-palestinien une condition sine qua non à l’établissement de relations officielles avec les Israéliens.

Le Premier ministre s’est exprimé pour la première fois sur les rumeurs de son voyage en Arabie saoudite hier.

« Pendant des années, je n’ai jamais commenté ces choses-là, et je ne vais pas commencer maintenant », a-t-il dit au début de la réunion hebdomadaire du Likud.

« Pendant des années, je n’ai ménagé aucun effort pour renforcer Israël et élargir le cercle de la paix. »

Le ministre israélien de l’Education, Yoav Gallant, a confirmé le voyage, le qualifiant de « succès incroyable ».

Ehud Yaari, un célèbre reporter du Moyen-Orient pour la Douzième chaîne d’information israélienne, a déclaré que la rencontre de Netanyahu avec le prince héritier n’était « pas la première » que les deux hommes avaient eue, et que le démenti du ministre saoudien des Affaires étrangères devait être pris avec scepticisme.

Les premiers rapports sur le voyage de Netanyahu – la première rencontre connue entre les dirigeants israéliens et saoudiens – sont survenus après que des journalistes israéliens ont constaté qu’un jet privé avait fait un rare voyage entre Tel Aviv et Néom dimanche soir, suscitant des rumeurs de rencontre de haut niveau.

Un jet privé Gulfstream IV a décollé juste après 17h40 GMT de l’aéroport international Ben Gurion près de Tel Aviv à destination de Néom, selon les données du site web FlightRadar24.com. Le vol a longé vers le sud la bordure orientale de la péninsule du Sinaï avant de tourner vers Néom et d’atterrir juste après 18h30 GMT, selon les données. Le vol a décollé de Néom vers 21h50 GMT et a suivi la même route pour revenir à Tel Aviv.

Un haut fonctionnaire américain actuellement en visite en Israël a déclaré lundi que l’Arabie saoudite ne cesse de réfléchir à la normalisation de ses relations avec Israël, arguant que les plans du royaume pour s’ouvrir au monde exigeraient qu’il adhère aux accords dits d’Abraham.

Dans une conférence de presse donnée aux journalistes israéliens à Jérusalem, le secrétaire d’État adjoint américain aux affaires politico-militaires, R. Clarke Cooper, a refusé de commenter les informations concernant la rencontre entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, en Arabie Saoudite. Mais il a fait part de certaines de ses impressions sur le fait d’avoir été dans le pays avant de venir en Israël cette semaine.

« Après avoir rencontré mes interlocuteurs saoudiens, je peux affirmer devant vous que la conversation sur l’examen par l’Arabie saoudite des accords d’Abraham est en cours. Et c’est une question qui ne se limite pas à l’espace de sécurité nationale », a-t-il déclaré. Ryad travaille à la mise en œuvre de réformes de grande envergure dans le cadre de son plan dit « Vision 2030 », a dit M. Cooper.

« Lorsque l’on examine comment mettre en œuvre les objectifs stratégiques de la Vision 2030 – être plus présent dans la communauté des nations et amener la communauté des nations en Arabie Saoudite – il faut inclure les Accords d’Abraham dans cette conversation ».

L’intérêt pour la normalisation des liens avec Israël est partagé par « différents types de populations et de circonscriptions dans les États arabes », a expliqué M. Cooper. « Il existe également des perspectives générationnelles intéressantes », poursuit-il, ajoutant que de nombreux jeunes des Émirats arabes unis et du Bahreïn ont étonnamment soutenu les accords de leur gouvernement respectif avec l’État juif.

« Il y a ici des aspects de personne à personne qui vont au-delà de ce que les ministres ont probablement prévu. C’est une réponse bienvenue, mais qui est également observée dans d’autres capitales ».

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