Netanyahu et le chef du Mossad reçus par le prince héritier en Arabie saoudite
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Netanyahu et le chef du Mossad reçus par le prince héritier en Arabie saoudite

La rencontre inédite a été organisée en présence du secrétaire d'État américain Mike Pompeo, qui cherche à persuader Ryad de normaliser ses relations avec Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et le chef du Mossad Yossi Cohen lors d'un toast pour le Nouvel An juif, le 2 octobre 2017. (Haim Zach/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et le chef du Mossad Yossi Cohen lors d'un toast pour le Nouvel An juif, le 2 octobre 2017. (Haim Zach/GPO)

Pour la première visite de ce type, le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est rendu en Arabie saoudite dimanche, où il a rencontré le prince héritier Mohammed ben Salmane et le secrétaire d’État américain Mike Pompeo, a déclaré un responsable israélien aux médias israéliens lundi.

Netanyahu a passé cinq heures sur le terrain à Neom, une ville de la mer Rouge, pour la première réunion de haut niveau connue entre un leader israélien et saoudien. Il était accompagné par le chef des services de renseignement du Mossad, Yossi Cohen, selon les médias.

Pompeo a déclaré plus tôt dans la journée de lundi qu’il avait eu une réunion « constructive » avec le prince héritier saoudien la veille, alors qu’il terminait une tournée diplomatique dans sept pays qui comprenait des étapes en Israël et dans les pays du Golfe. Il n’a fait aucune mention de la présence du leader israélien.

« Heureux de rencontrer le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane. Notre partenariat sécuritaire et économique est solide et nous continuerons dans cette voie pour faire avancer les efforts visant à contrer l’influence malveillante de l’Iran dans le Golfe, les objectifs économiques du plan Vision 2030 et la réforme des droits de l’homme », a tweeté le diplomate américain, qualifiant la réunion de « constructive ».

L’ambassadeur américain en Arabie Saoudite John Abizaid, (à gauche), et le ministre saoudien des Affaires étrangères Faisal bin Farhan, (deuxième à partir de la gauche), accueillent le secrétaire d’État américain Mike Pompeo et son épouse Susan à leur arrivée à l’aéroport de Neom Bay à Neom, en Arabie Saoudite, le 22 novembre 2020. (AP Photo/Patrick Semansky, Pool)

Il n’y a pas eu de confirmation des informations de la part d’Israël, des États-Unis ou de l’Arabie saoudite. Cependant, dans une allusion au voyage, un assistant de Netanyahu a tweeté un commentaire sur le ministre de la Défense Benny Gantz qui a lancé une enquête sur l’affaire des sous-marins, écrivant que « Gantz fait de la politique pendant que le Premier ministre fait la paix ».

La chaîne Kan a indiqué que les discussions s’étaient concentrées sur l’Iran et le nouveau gouvernement Biden.

Netanyahu et Cohen se sont rendus en Arabie Saoudite dans l’avion privé de l’homme d’affaires Ehud Angel – le même jet que le Premier ministre a utilisé pour une visite secrète à Oman l’année dernière, selon Kan.

Ces informations ont été publiées après que des utilisateurs de Twitter ont constaté qu’un jet privé avait fait un rare voyage entre Tel Aviv et Neom dimanche soir, faisant spéculer sur la tenue d’une réunion de haut niveau.

A l’origine, Netanyahu devait participer à une réunion de son cabinet coronavirus dimanche soir, mais il a repoussé la réunion d’une journée, disant que le travail préparatoire devait encore être complété.

Gantz, qui a été tenu dans l’ignorance des efforts visant à établir des liens avec les EAU et le Bahreïn, s’était plaint plus tôt dimanche qu’il n’avait pas été informé du report de la réunion du cabinet coronavirus.

Un fonctionnaire israélien a déclaré aux médias israéliens que ni Gantz ni le ministre des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi, également du parti Kakhol lavan, n’avaient été prévenus du voyage de Netanyahu en Arabie saoudite.

Le voyage du leader israélien en Arabie saoudite marquerait un tournant dans l’évolution des liens entre le Golfe et Israël, qui ont été renforcés ces derniers mois à l’initiative de l’administration Trump.

En mai 2019, Netanyahu a effectué une visite secrète à Oman, un autre pays du Golfe avec lequel Israël n’a pas de liens diplomatiques.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) s’entretient avec le Sultan Qaboos bin Said à Oman le 26 octobre 2018 (Autorisation)

On pense que les liens secrets entre Israël et l’Arabie saoudite se sont développés ces dernières années. Ce changement de politique aurait été mené par le prince héritier, qui considère Israël comme un partenaire stratégique dans la lutte contre l’influence iranienne dans la région.

L’administration Trump a espéré que l’Arabie saoudite se joindrait aux EAU et à Bahreïn pour reconnaître Israël et établir des relations diplomatiques, une démarche considérée comme de plus en plus éloignée à la suite de l’élection de Joe Biden à la présidence des États-Unis. Mais les dirigeants saoudiens ont jusqu’à présent indiqué que la paix israélo-palestinienne devra passer en premier.

« Nous soutenons la normalisation avec Israël depuis longtemps, mais une chose très importante doit d’abord se produire : un accord de paix permanent et complet entre Israéliens et Palestiniens », a fait savoir dimanche le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan Al Saud.

Fin octobre, lorsque le président Donald Trump a annoncé qu’Israël et le Soudan allaient faire la paix, il a prédit que l’Arabie saoudite suivrait bientôt. Lors d’un entretien avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le président du Conseil souverain du Soudan, le général Abdel Fattah al-Burhane, et le Premier ministre soudanais Abdalla Hamdok, Trump a fait venir des journalistes dans le Bureau ovale, a annoncé que « l’État d’Israël et la République du Soudan ont convenu de faire la paix » et a déclaré aux journalistes que cinq autres pays « souhaitaient les rejoindre ».

« Nous pensons que l’Arabie saoudite sera l’un de ces pays », a ajouté Trump, qui a fait l’éloge des dirigeants « très respectés » du pays, le roi Salmane et le prince héritier Mohammed ben Salmane.

Le président américain Donald Trump (à droite) serre la main du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, à Riyad, en Arabie Saoudite, le 20 mai 2017. (AP Photo/Evan Vucci, File)

Lorsque la Maison Blanche a annoncé en août que les Émirats arabes unis et Israël s’étaient mis d’accord pour établir des liens diplomatiques complets – un geste auquel a souscrit le Bahreïn quelques semaines plus tard – l’Arabie Saoudite s’est abstenue de critiquer l’accord ou d’accueillir des sommets condamnant la décision, malgré les demandes palestiniennes en ce sens. Les Palestiniens ont dénoncé ces accords comme une « trahison de Jérusalem, de la mosquée Al-Aqsa et de la cause palestinienne », mais les médias saoudiens contrôlés par le gouvernement les ont salués comme historiques et bons pour la paix régionale.

Le royaume a également autorisé l’utilisation de son espace aérien pour les vols israéliens vers les EAU, une décision annoncée le lendemain de la rencontre de Jared Kushner, gendre et conseiller principal de Trump, avec le prince héritier à Ryad. Kushner a poussé les États arabes à normaliser leurs liens avec Israël et a déclaré que l’État juif pourrait éventuellement bénéficier de relations pleinement normalisées avec l’Arabie saoudite.

L’administration américaine sortante et Israël cherchent également à renforcer la pression sur l’Iran dans les derniers jours de l’administration Trump à la Maison Blanche.

Le chef de l’État américain n’a pas encore reconnu la victoire électorale de Biden.

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