L’armée israélienne et les rebelles syriens identifient les cibles touchées
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L’armée israélienne et les rebelles syriens identifient les cibles touchées

L'OSDH dit qu'au moins 6 agents pro-régime ont été tués et d'autres grièvement blessés dans les frappes aériennes israéliennes qui ont touché des positions syriennes et iraniennes

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le centre de commandement mobile d'où, selon Israël, un drone iranien aurait été activé depuis la Syrie avant de pénétrer dans l'espace aérien israélien, le 10 février 2018 (Crédit : Armée israélienne)
Le centre de commandement mobile d'où, selon Israël, un drone iranien aurait été activé depuis la Syrie avant de pénétrer dans l'espace aérien israélien, le 10 février 2018 (Crédit : Armée israélienne)

L’armée israélienne a identifié certaines des cibles des frappes de représailles conduites en Syrie après l’infiltration d’un drone israélien dans l’espace aérien qui s’était produite la veille, tandis que les forces rebelles syriennes ont fourni des détails sur les autres positions visées

Les cibles ont inclus des batteries de missiles anti-aériens, un système de défense anti-missile situé à proximité de Damas ainsi qu’un centre de commandement mobile aux abords de Palmyre, selon les militaires.

Six combattants pro-régime ont été tués dans ces raids, selon un observatoire.

A approximativement 4 heures 25 du matin, samedi, un drone iranien a pénétré sur le territoire israélien depuis la Jordanie et a été abattu par un hélicoptère de combat Apache à proximité de la ville israélienne de Beit Shean, dans le nord du pays, selon l’armée.

Israël a estimé que cette infiltration de drone était une « violation grave et illégale de la souveraineté israélienne », mettant en garde contre d’autres actions pour contrer une agression iranienne « sans précédent ».

En réponse, les forces aériennes israéliennes ont mené une série de frappes en représailles en Syrie.

Un avion-chasseur F-16 a été apparemment touché alors qu’il survolait la Syrie durant l’opération. Il est toutefois parvenu à revenir en Israël, où ses deux pilotes se sont éjectés de l’appareil qui s’est écrasé dans un champ dans la vallée de Jezreel, selon un porte-parole de l’armée, le lieutenant-colonel Jonathan Conricus. L’un des deux aviateurs a été grièvement blessé et l’autre légèrement.

Une photo prise dans le nord d’Israël montrant les débris d’un F-16 israélien qui s’est écrasé après avoir été la cible de tirs de la part de la défense aérienne syrienne (Crédit : AFP/ Jack GUEZ)

Le général de division Tomer Bar, numéro deux des forces aériennes, a expliqué que les avions avaient rencontré un barrage massifs de tirs anti-aériens syriens.

L’armée a fait savoir qu’elle enquêtait encore sur les causes exactes du crash, mais qu’elle avait pris pour hypothèse qu’il avait pour origine un missile anti-aérien syrien.

En réponse à la destruction en vol apparente du F-16, l’armée israélienne a mené un second round de frappes, prenant spécifiquement pour cible les systèmes de défense aérienne syriens. Là encore, les pilotes israéliens ont fait face à des tirs anti-aériens significatifs, déclenchant de multiples sirènes d’avertissement dans le nord d’Israël. Les habitants se sont alors réfugiés dans des abris antiaériens.

Une photo prise le 10 février 2018 montre les restes d’un missile syrien qui a atterri dans le nord d’Israël (Crédit : AFP Photo/Jack Guez)

Une initiative salutaire dans la mesure où des débris de missiles antiaériens syriens se sont abattus dans toute la région, en Syrie, en Jordanie, au Liban et au sein de l’Etat juif.

Au total, ce sont au moins quatre types différents de systèmes de défense antiaériens russes qui auraient été utilisés par la Syrie dans sa contre-attaque : Le SA-5, SA-17, SA-6 et SA-3.

Dans une carte distribuée tard dans la nuit de samedi, l’armée israélienne a spécifiquement identifié les batteries anti-missiles SA-5 à longue portée et SA-17 à moyenne portée comme cibles de ses frappes, ainsi que le système de défense anti-missile SA-2, qui avaient été tous déployés autour de Damas.

L’armée a ajouté qu’elle avait bombardé « quatre cibles faisant partie de l’établissement militaire iranien en Syrie ».

Parmi ces cibles, un centre de commandement mobile établi sur la base aérienne militaire T-4 aux abords de la ville de Palmyre, d’où un agent iranien aurait activé le drone qui est entré sur le territoire israélien, selon l’armée.

Selon les forces rebelles, des Syriens et des Iraniens sont morts lors de ces frappes israéliennes. L’observatoire syrien des droits de l’Homme, qui se penche sur la guerre civile, a expliqué que les raids avaient tué six combattants pro-régime sans préciser leurs nationalités.

« Le bilan humain devrait s’alourdir parce que certaines personnes se trouvent dans un état grave », a expliqué samedi l’observatoire.

Bar a déclaré que la réponse apportée était « l’attaque la plus importante et la plus significative que les forces aériennes ont mené contre les défenses aériennes syriennes depuis l’opération Paix pour la Galilée » de 1982, pendant la première guerre du Liban.

Un commandant de l’opposition syrienne a fourni au Times of Israel la liste établie par les rebelles des 12 sites visés par les avions de l’Etat juif.

Selon les rebelles, la base aérienne T-4 a été épargnée, au moins temporairement, par les frappes.

Dans le secteur de Damas, des sites militaires ont également été visés à al-Mazza, al-Dimas, Madaya, Sarghaya, dans les montagnes d’al-Manea, dans les collines d’Abu Thaaleb, ainsi qu’une base appartenant à la 104ème division de l’aviation syrienne, au nord-ouest de la capitale.

Une base aérienne de défense dans les montagnes de Qalamoun, le long de la frontière libano-syrienne, a également été touchée, selon les rebelles.

De plus, trois bases militaires situées au nord de Daraa ont été frappées par les munitions israéliennes, a précisé le commandant de l’opposition.

La base aérienne des Tiyas, ou T-4, Air Base, aux abords de la ville syrienne de Palmyre, qui, selon Israël, serait activée par l’Iran et sa force al-Quds (Capture d’écran : Wikimapia)

L’observatoire syrien des droits de l’Homme a confirmé qu’Israël avait frappé les angles de la base aérienne T-4, dans le désert de Homs, à proximité de Palmyre, où les forces du Hezbollah sont stationnées aux côtés des troupes syriennes.

Il a également noté que les raids israéliens avaient visé des secteurs du sud-ouest de Damas, à la frontière des provinces du sud. Puis des postes du gouvernement syrien, le long de la route reliant Damas et Beyrouth, à proximité de la frontière entre la Syrie et le Liban, ont été ensuite pris pour cible.

Dans un développement positif, les Syriens se trouvant des les zones détenues par les rebelles ont noté sur les réseaux sociaux que suite aux frappes israéliennes, il n’y a pas eu de bombardements conduits par les forces aériennes syriennes pendant le reste de la journée.

Les échanges aériens de samedi sont les premiers affrontements directs publics entre Israël et l’Iran en Syrie.

Les responsables politiques et militaires israéliens avertissent depuis longtemps de l’initiative prise par l’Iran d’établir des bases aériennes et navales d’où Téhéran serait en mesure d’armer le Hezbollah et autres groupes chiites en Syrie, ou de mener des attaques de son propre chef.

Israël veut la paix mais nous continuerons à nous défendre avec détermination contre toute attaque à notre encontre ou contre toute tentative par l’Iran de s’ancrer militairement en Syrie ou ailleurs

Samedi soir, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dans une vidéo en anglais que les événements de la journée avaient prouvé les craintes israéliennes.

« Ce matin, l’Iran a effrontément violé la souveraineté israélienne. Les Iraniens ont envoyé un drone depuis le territoire syrien en Israël », a dit Netanyahu. « Et c’est la démonstration du fait que nos mises en garde étaient justes à 100% ».

Le Premier ministre a ajouté : « Israël veut la paix mais nous continuerons à nous défendre avec détermination contre toute attaque à notre encontre ou contre toute tentative par l’Iran de s’ancrer militairement en Syrie ou ailleurs »

Khaled Abu Toameh et l’équipe du Times of Israël ont contribué à cet article.

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