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L’armée détruit des maisons et des citernes situées dans une zone militaire contestée

Environ 1 000 habitants des villages de Masafer Yatta doivent être expulsés après une décision de la Cour suprême

L’un des villages de Masafer Yatta, en Cisjordanie, le 26 juin 2022. (Crédit : AP Photo/Majdi Mohammed)
L’un des villages de Masafer Yatta, en Cisjordanie, le 26 juin 2022. (Crédit : AP Photo/Majdi Mohammed)

L’armée a démoli cette semaine des maisons, des citernes et des oliveraies situés dans deux villages palestiniens du sud de la Cisjordanie, d’où environ 1 000 habitants risquent une expulsion imminente, ont rapporté mercredi des habitants et des militants.

Selon des images partagées par des habitants et des militants, des véhicules blindés ont escorté le matériel et les engins nécessaires aux démolitions dans les villages de Ma’in et Shaab al-Butum, situés dans la zone de Cisjordanie connue sous le nom de Masafer Yatta, que l’armée israélienne a désignée comme zone d’entraînement.

Les 1 000 habitants des huit hameaux qui composent Masafer Yatta doivent être expulsés, une ordonnance que la Cour suprême israélienne a confirmée en mai après une bataille juridique de vingt ans.

Selon un militant du groupe de défense des droits israélien Taayush, l’armée a rasé mardi cinq maisons, des enclos pour animaux et des citernes.

La plupart des habitants de la zone sont restés sur place depuis le jugement de mai, mais s’attendent à être expulsés à tout moment.

Le COGAT, l’organisme de défense israélien qui s’occupe des affaires civiles palestiniennes, n’a pas commenté la situation.

Les deux villages se trouvent dans la zone C, où l’armée exerce un contrôle total. Toutes les structures palestiniennes qui y sont construites sans permis militaire – qui, selon les habitants, sont presque impossibles à obtenir – peuvent ainsi être démolies.

Des soldats israéliens empêchent des militants pacifistes palestiniens, israéliens et étrangers de déplacer un rocher qui bloque une route passant près de l’implantation de Mezbi yair, à Masafer Yatta, en Cisjordanie, le 13 mai 2022. (Crédit : AP/Nasser Nasser)

Depuis plus de deux décennies, l’armée israélienne, les Palestiniens et les groupes de défense des droits se disputent la légalité de l’expulsion des Palestiniens vivant dans la zone de tir, connue sous le nom de zone 918.

L’armée a déclaré la région zone d’entraînement au début des années 1980. Les Palestiniens ont soutenu que leur présence dans les villages remontait à plusieurs décennies, et qu’ils ne pouvaient donc pas être expulsés. L’armée israélienne, en revanche, a fait valoir qu’ils étaient entrés occasionnellement dans la zone lors de migrations saisonnières – ce qui signifie qu’ils n’avaient aucun droit sur les terres.

Les avocats du gouvernement ont présenté des photos satellites qui, selon eux, ne montrent aucune structure résidentielle sur les collines avant les années 1990.

La quasi-totalité des constructions étant illégales, les autorités israéliennes démolissent régulièrement les maisons, et détruisent des câbles électriques et des canalisations destinées à acheminer l’eau vers les villages situés au sommet des collines.

En 1999, des ordres d’évacuation ont été délivrés aux habitants des villages de la région, déclenchant une longue bataille judiciaire. Après une vaste opération de démolition, les résidents ont fait appel à la Haute Cour, où les deux parties se sont affrontés jusqu’en mai dernier.

La jurisprudence israélienne interdit d’expulser des résidents permanents d’une zone de tir militaire en Cisjordanie. Le litige, qui dure depuis des décennies, porte sur la question de savoir si l’existence des villages est antérieure à la décision de l’armée d’exproprier les terres et si leur présence est permanente ou temporaire.

L’armée israélienne a déclaré qu’elle était disposée à autoriser les Palestiniens de la région à retourner cultiver la terre et à y garder le bétail pendant les week-ends et les fêtes juives, lorsque l’armée n’effectue pas d’exercices.

L’armée israélienne soutient que la zone de tir est essentielle à l’entraînement militaire en raison de ses « caractéristiques géographiques distinctives. » En février 2021, des chars israéliens ont traversé plusieurs de ces villages dans le cadre d’un exercice militaire.

La zone s’étend sur 300 km² au milieu des collines proches de la ville palestinienne de Yatta, près de Hébron. Plusieurs implantations israéliennes et avant-postes illégaux parsèment les collines voisines.

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