Le bureau d’Abbas fustige les promesses d’annexion de la vallée du Jourdain
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Le bureau d’Abbas fustige les promesses d’annexion de la vallée du Jourdain

Le bureau du président de l'Autorité palestinienne a déclaré que les déclarations de Benjamin Netanyahu et Benny Gantz "sapent les fondements du processus de paix"

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, s'adresse à l'Assemblée générale des Nations Unies lors de sa 74e session, le 26 septembre 2019. (AP Photo/Richard Drew)
Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, s'adresse à l'Assemblée générale des Nations Unies lors de sa 74e session, le 26 septembre 2019. (AP Photo/Richard Drew)

Mardi, le bureau du président de l’Autorité palestinienne (AP), Mahmoud Abbas, a fustigé le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son principal rival Benny Gantz pour leurs promesses d’application de la souveraineté israélienne sur la vallée du Jourdain.

« De telles déclarations sapent totalement les fondements du processus de paix – conduisant la région dans une nouvelle phase dangereuse de conflit et d’instabilité », a réagi le bureau d’Abbas, selon le site de l’agence de presse officielle Wafa.

Mardi, Netanyahu a promis d’appliquer la souveraineté israélienne dans la vallée du Jourdain, mais aussi dans chaque implantation en Cisjordanie « sans exception ». Depuis septembre, le Premier ministre a fréquemment déclaré que s’il réussissait à former un nouveau gouvernement, il annexerait la zone.

Plus tôt dans la journée, Gantz s’était engagé, lors d’une visite dans la vallée, à appliquer la souveraineté sur le territoire « en coordination avec la communauté internationale ».

Le Likud de Netanyahu et Kakhol lavan de Gantz sont les favoris des prochaines élections du 2 mars. Les deux hommes semblent avoir fait ces déclarations dans l’objectif de séduire les électeurs de droite.

L’écrasante majorité de la communauté internationale s’oppose depuis longtemps à l’application de la souveraineté israélienne dans la vallée du Jourdain et appelle à faire avancer la solution à deux États.

Une photo composite montre le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et le chef du parti Kakhol lavan, Benny Gantz (à droite), lors d’une conférence de presse à Jérusalem, le 8 décembre 2019. (Yonatan Sindel/Hadash Parush/Flash90)

La vallée du Jourdain, où résident 10 000 habitants d’implantations et 80 000 Palestiniens, représente presque 30 % de la Cisjordanie. Les deux populations y cultivent la terre, des fruits et des légumes.

Le chef de l’Autorité palestinienne basée à Gaza appelle depuis longtemps à la création d’un État palestinien indépendant, comprenant la vallée du Jourdain, le reste de la Cisjordanie, la bande de Gaza et Jérusalem-Est.

Le bureau d’Abbas a également appelé la communauté internationale à « s’opposer fermement à ces positions israéliennes qui menacent la sécurité, la stabilité et la paix dans le monde ».

Mercredi, Nickolay Mladenov, le représentant spécial des Nations unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, a exprimé son appréhension à l’égard d’une telle mesure israélienne, tweetant qu’elle porterait « un coup dévastateur » à la solution à deux États.

Le président de l’AP avait auparavant déclaré que si Israël appliquait la souveraineté à la vallée du Jourdain, les Palestiniens annuleraient tous les accords avec l’État juif, tout en continuant de lutter contre le terrorisme.

Les deux partis ont effectivement signé un certain nombre d’accords sur la sécurité, l’économie et d’autres axes de coopération.

« Si vous l’annexez, il n’y aura aucune relation entre nous et vous. Nous couperons tous les liens et annulerons tous les accords quelle que soit la nature de ces accords », avait-il menacé lors d’une réunion en marge de la rencontre annuelle de l’Assemblée générale des Nations unies en septembre 2019, avant d’ajouter « Nous préserverons une chose… je continuerai à lutter contre le terrorisme et à préserver la légitimité internationale ».

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