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Le chef de la Liste arabe unie ne s’engagera pas à renverser le gouvernement

Alors que la coalition vacille sans majorité à la Knesset, Odeh dit que son parti ne s'associera pas à l'opposition si cela signifie coopérer avec le « dangereux » Netanyahu

Le député Ayman Odeh à gauche, chef de la Liste arabe unie, et le député Ahmad Tibi assistent à une réunion de faction, à la Knesset, à Jérusalem, le 7 mars 2022. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)
Le député Ayman Odeh à gauche, chef de la Liste arabe unie, et le député Ahmad Tibi assistent à une réunion de faction, à la Knesset, à Jérusalem, le 7 mars 2022. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)

Le chef de la Liste arabe unie, une alliance de partis à prédominance arabe, a déclaré samedi qu’il ne s’engagerait pas à se joindre à un éventuel vote de défiance pour faire tomber le gouvernement si cela signifie aider le chef de l’opposition, le député Benjamin Netanyahu.

Le député Ayman Odeh a déclaré qu’il était encore trop tôt pour parler de la dissolution de la Knesset, bien que le gouvernement ait perdu sa courte majorité au parlement la semaine dernière lorsque le député Idit Silman, membre du parti Yamina du Premier ministre Naftali Bennett, a quitté la coalition.

Alors que la coalition ne détient désormais plus que la moitié des sièges à la Knesset, le Likud de Netanyahu cherche à rallier suffisamment de législateurs pour soutenir un vote de censure, déclenchant de nouvelles élections. Du coup, la Liste arabe unie, avec six sièges, pourrait se retrouver à détenir l’équilibre des forces.

Bien qu’Odeh ait déclaré que la coalition actuelle est « un mauvais gouvernement de droite » qui nuit aux Arabes israéliens, il a souligné que Netanyahu n’était pas une alternative viable à ses yeux.

« Si quelqu’un pense que nous nous associerons à Netanyahu pour un vote de défiance constructif, il se trompe totalement », a déclaré Odeh lors d’une interview accordée à la Douzième chaine.

« Nous sommes les plus éloignés du Likud – c’est ce que nous étions, ce que nous resterons – surtout avec le Likud d’aujourd’hui de Benjamin Netanyahu », a-t-il déclaré. « Je pense que Netanyahu est la personne la plus dangereuse du pays. »

Odeh a noté que « personne du gouvernement ne [les] a approchés »  à la suite des récents développements.

Lorsqu’on lui a demandé si son collègue membre de la Liste arabe unie, le député Ahmad Tibi, pouvait décider de voter pour faire tomber le gouvernement, Odeh a insisté sur le fait qu’aucune des factions de son parti ne romprait les rangs.

« Les six membres de la Liste arabe unie sont unis », a-t-il déclaré.

Le Premier ministre Naftali Bennett s’entretient avec le député Idit Silman à la Knesset à Jérusalem, le 5 janvier 2022. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)

Le député Mansour Abbas, qui dirige Raam, un parti islamiste arabe qui fait partie de la coalition, a déclaré à la Douzième chaîne qu’il n’est pas garanti que sa faction fasse défection vers la coalition.

« Je ne laisserai pas ce gouvernement s’effondrer, même si j’obtiens un engagement de Netanyahu. » a dit Abbas.

Silman a annoncé mercredi qu’elle quittait le gouvernement suite aux «préjudices» à l’identité juive en Israël, privant la coalition de sa majorité à un siège près.

Silman a déclaré qu’elle travaillerait pour établir une coalition de droite à la Knesset actuelle, mais a démenti les informations selon lesquelles elle aurait conclu un accord pour rejoindre le Likud. Elle a également affirmé que la coalition actuelle lui avait proposé de lui confier le poste de ministre de la Santé pour regagner son soutien, ce qu’elle a dit avoir rejeté.

La coalition – une alliance improbable de huit partis disparates – s’est efforcée de maintenir alignés d’autres déserteurs potentiel et de donner une illusion de stabilité, alors même qu’elle est au bord de l’effondrement après le départ de Silman.

Avec Silman quittant la coalition mais pas la Knesset, le gouvernement de Bennett ne détient plus que 60 sièges sur les 120. Les voies à suivre pour la coalition et la Knesset ne sont pas évidentes, une nouvelle élection étant considérée comme l’issue la plus probable, mais le calendrier reste incertain.

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