Le chef de la police nie avoir caché des informations sur Milhem
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Le chef de la police nie avoir caché des informations sur Milhem

Le service de sécurité Shin Bet a souligné que le vocabulaire utilisé par Nashat Milhem était similaire à celui de l'EI

Nashat Milhem participe à un quiz pendant le Ramadan dans une nouvelle vidéo du tireur de Tel Aviv, diffusée en janvier 2016. (Capture d'écran : Deuxième chaîne)
Nashat Milhem participe à un quiz pendant le Ramadan dans une nouvelle vidéo du tireur de Tel Aviv, diffusée en janvier 2016. (Capture d'écran : Deuxième chaîne)

Le chef de la police, Roni Alsheich, a déclaré que les policiers enquêtent sur l’affirmation qu’il n’y a pas eu de suivi suite à un rapport qui signalait que le terroriste Nashat Milhem avait été aperçu après son attaque meurtrière du Jour de l’An mortelle à Tel Aviv.

« La principale chose que nous avons à étudier est de savoir si ce qui a été fait a perturbé ou n’a pas perturbé les activités opérationnelles », a-t-il précisé.

« Il n’y a pratiquement aucun événement dont on ne peut tirer de leçons. Pour ceux qui se demandent pourquoi nous cachions ces allégations jusqu’à présent, [je réponds que] nous ne les cachions pas. Nous sommes au milieu de l’enquête et ne publions pas d’informations pour le moment ».

Au cours de l’après-midi du vendredi 1er janvier, Milhem a ouvert le feu dans le bar Simta dans le centre de Tel Aviv, et a tué Alon Bakal et Shimon Ruimi. Il a ensuite réquisitionné un taxi et tué le chauffeur, Amin Shaaban, qui pensait-il allait le dénoncer, avant d’abandonner le véhicule apparemment parce qu’il n’arrivait pas à le conduire.

Peu de temps après, deux jeunes femmes – deux sœurs Noa, 20 ans, et Ofir, 25 ans – ont vu Milhem à bord d’un bus avec un sweat ensanglanté dans le nord de Tel Aviv. Elles ont essayé d’alerter la police, mais ont été ignorées en dépit de la chasse à l’homme lancée par les forces de sécurité après l’attaque, a signalé la radio israélienne mercredi.

Les deux jeunes filles l’ont notifié à leur patron, qui a appelé la hotline de la police à plusieurs reprises, mais a dit que les agents de police n’ont jamais donné un suivi à ses appels. Ils ont appelé à plusieurs reprises vendredi, dimanche et lundi.

Alsheich a ordonné une enquête interne sur la manière dont la police a géré l’attaque et la chasse à l’homme à l’échelle nationale qui a suivi pour attraper Milhem, qui a finalement été retrouvé une semaine complète après les meurtres, le 8 janvier, et a été abattu quand il a tiré sur les forces de l’ordre qui étaient venus l’arrêter.

L’auteur de l’attentat de Tel-Aviv semble avoir été inspiré par l’EI

Le Shin Bet a publié une vidéo et des informations qui éclairent pour la première fois les possibles motivations de Nashaat Milhem.

Avant de s’enfuir de Tel-Aviv, il a accroché un drapeau de l’Etat islamique et un autre drapeau proclamant « il n’y a de dieu que dieu » sur un bâtiment au nord de la ville, a indiqué le Shin Bet à l’AFP jeudi.

Le Shin Bet reste toutefois prudent dans ses conclusions mais c’est la première fois qu’il évoque explicitement un lien direct possible entre l’EI et une affaire spécifique d’assassinats en Israël.

Dans une vidéo diffusée par le Shin Bet et retrouvée sur son téléphone portable, Nashaat Milhem se filme dans son village, avant l’attaque.

Sur les premières images, il déambule dans la rue, lunettes noires sur le visage, tête recouverte d’une capuche, et explique comment il consomme toutes sortes de drogues et d’alcool. On le voit boire une bière. Il apparaît ensuite chargeant une arme et ponctuant son discours d’insultes et de menaces contre les chrétiens, les juifs et les musulmans chiites.

« Le langage utilisé est similaire à celui utilisé par l’Etat islamique et par les djihadistes salafistes », a indiqué le Shin Bet.

L’EI n’a jusqu’ici revendiqué aucune exaction en Israël mais le Shin Bet estime que la menace d’attaques existe.

Plusieurs Arabes israéliens, accusés de liens avec l’EI, ont été arrêtés dans le nord d’Israël et une cinquantaine d’Arabes israéliens se battraient actuellement dans les rangs de l’EI en Syrie et en Irak, selon les services de renseignement israéliens.

Le Shin Bet a par ailleurs annoncé que trois hommes, dont deux parents de Nashaat Milhem, ont été inculpés pour l’avoir aidé dans sa fuite.

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