Le chef de Meretz crée un tollé en légitimant l’enquête de la CPI contre Israël
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Le chef de Meretz crée un tollé en légitimant l’enquête de la CPI contre Israël

Nitzan Horowitz s'est dit attristé par l'enquête sur les crimes de guerre, mais pas surpris, car Jérusalem continue à construire dans les implantations "comme si de rien n'était"

Le dirigeant du parti d'extrême gauche Meretz, Nitzan Horowitz, participe à une conférence du parti à Tel Aviv, le 14 janvier 2020. (Miriam Alster/Flash90)
Le dirigeant du parti d'extrême gauche Meretz, Nitzan Horowitz, participe à une conférence du parti à Tel Aviv, le 14 janvier 2020. (Miriam Alster/Flash90)

Le président du parti de gauche Meretz a déclaré samedi que s’il était peiné par l’ouverture par la Cour pénale internationale d’une enquête sur les crimes de guerre contre Israël, « cette décision était justifiée ».

« Les gens nous disent : ‘Vous voulez qu’Israël soit traduit devant La Haye’. Je ne veux pas qu’Israël soit traduit devant La Haye… Mais Israël a aussi sa part de responsabilité », a déclaré Nitzan Horowitz dans une interview à la Treiszième chaîne.

« Je le dis avec une grande tristesse, la décision est justifiée. Je ne veux pas qu’Israël soit confronté à ces situations… mais Israël doit se demander ce qu’il doit faire pour empêcher cela », a-t-il ajouté, exhortant le gouvernement à coopérer avec le tribunal international de La Haye – ce qu’il n’a pas fait jusqu’à présent.

Mme Bensouda, procureure générale de la Cour pénale internationale, a annoncé mercredi qu’elle ouvrait une enquête sur les actions commises par Israël et les Palestiniens en Cisjordanie, à Gaza et à Jérusalem-Est depuis 2014.

Bensouda a indiqué en 2019 qu’une enquête criminelle se concentrerait probablement sur la guerre de 2014 entre Israël et le Hamas, la politique d’implantation israélienne, et les manifestations de la Grande Marche du Retour de 2018, une série de manifestations extrêmement violentes organisées par le mouvement terroriste Hamas le long de la frontière de Gaza avec Israël qui a fait des dizaines de morts parmi les Palestiniens.

Horowitz a fait valoir qu’Israël avait provoqué cette décision par son refus d’entamer des négociations avec les Palestiniens et « en continuant à construire dans les implantations comme si de rien n’était ».

Fatou Bensouda, procureure en chef de la Cour pénale internationale (CPI), présente au Conseil de sécurité un exposé sur la situation en Libye, le 8 mai 2019. (Crédit : ONU/Loey Felip)

Pressé de dire s’il pensait aussi que l’armée israélienne avait agi de manière inappropriée à Gaza, le président du Meretz a déclaré : « Même dans l’opération Bordure protectrice (la guerre de 2014), il y a eu des choses qui n’auraient pas dû être faites. Il y a eu des dommages massifs causés à la population civile que le tribunal veut vérifier.

« La solution pour nous n’est pas de dire que La Haye est antisémite, mais plutôt de faire avancer les négociations avec les Palestiniens qui permettent de trouver une solution. Alors il n’y aura plus de raison d’avoir recours à La Haye », a-t-il ajouté.

Le Likud, parti du Premier ministre Netanyahu, a réagi à ces propos en déclarant qu’Horowitz « abandonne les soldats de Tsahal qui le protègent, lui et nous tous » et a ajouté que le Premier ministre combattra cette décision « antisémite ».

Le parti Tikva Hadasha de Gideon Saar a qualifié ces propos de « misérables » et a demandé à Horowitz de présenter ses excuses pour « avoir soutenu une décision antisémite ».

La députée Yamina, Ayelet Shaked, a déclaré que son parti ne siégera pas avec Meretz dans une même coalition, affirmant qu’Horowitz avait justifié l’“activité politique et antisémite de la CPI persécutant les soldats de l’armée israélienne”, le qualifiant de « honteux pour la Knesset ».

Le dirigeant de Kakhol lavan, Benny Gantz, s’exprimant sur la Treizième chaîne, a également critiqué Horowitz pour ses propos « inacceptables ».

Itamar Ben-Gvir, candidat d’extrême droite qui dirige la faction Otzma Yehudit sur la liste du Parti sioniste religieux, a déclaré qu’il avait exhorté le procureur général Avichai Mandelblit à ouvrir une enquête contre Horowitz, sur la base de soupçons de « trahison ».

Une manifestante pose avec un drapeau palestinien devant la Cour pénale internationale, CPI, lors d’un rassemblement exhortant la Cour à poursuivre l’armée israélienne pour crimes de guerre, à La Haye, Pays-Bas, le 29 novembre 2019. (AP/Peter Dejong)
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