Le chef de Tsahal se rend sur le Golan alors qu’affluent les réfugiés syriens
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Le chef de Tsahal se rend sur le Golan alors qu’affluent les réfugiés syriens

Israël et l'ONU établiraient des zones de sécurité à la frontière afin de protéger les dizaines de milliers de personnes déplacées par la nouvelle offensive du dictateur Assad

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le chef d'état-major de Tsahal, Gadi Eizenkot, (au centre), le chef du Commandement Nord, le général Yoel Strick (à droite) et le chef de la Division de la recherche du renseignement militaire, le général de brigade Dror Shalom, assistent à un compte rendu sur les combats dans le sud de la Syrie, lors d'une visite le 4 juillet 2018, le long de la frontière syrienne. (Armée israélienne)
Le chef d'état-major de Tsahal, Gadi Eizenkot, (au centre), le chef du Commandement Nord, le général Yoel Strick (à droite) et le chef de la Division de la recherche du renseignement militaire, le général de brigade Dror Shalom, assistent à un compte rendu sur les combats dans le sud de la Syrie, lors d'une visite le 4 juillet 2018, le long de la frontière syrienne. (Armée israélienne)

Le chef de Tsahal, Gadi Eizenkot et d’autres officiers supérieurs de l’armée se sont rendus à la frontière israélo-syrienne mercredi pour prendre connaissance des observations des soldats sur le terrain concernant la bataille qui fait rage entre les forces du dictateur syrien Bashar el-Assad et les groupes rebelles dans la province de Daraa, a indiqué l’armée.

« Au cours de la visite, le chef d’état-major de Tsahal a procédé à une évaluation de la situation concernant les combats en Syrie et l’état de préparation du Commandement Nord », a déclaré l’armée dans un communiqué.

Le mois dernier, Assad et ses alliés russes ont lancé une nouvelle offensive contre les rebelles dans le sud-ouest du pays. Les bombardements des forces aériennes russes et syriennes, ainsi qu’une offensive terrestre, ont fait des dizaines de morts et déplacé plus d’un quart de million de Syriens, selon les évaluations de l’ONU.

Des dizaines de milliers de Syriens déplacés se sont dirigés vers le plateau du Golan israélien, s’installant dans des villages de tentes qui sont surchargés et manquent de moyens près de la frontière. Dans certains cas, les camps de personnes déplacées sont situés à une centaine de mètres de la clôture de sécurité, clairement visible depuis Israël.

Une photo prise depuis le plateau du Golan israélien montre un camp pour Syriens déplacés à proximité du village de Burayqah, dans la province de Quneitra, au sud du pays, le 30 juin 2018 (Crédit : AFP Photo/Menahem Kahana)

Le site d’information Walla a rapporté mercredi qu’Israël travaillait discrètement avec la Force des Nations Unies chargée d’observer le désengagement, qui est censée maintenir la paix entre Israël et la Syrie, afin d’établir des « zones de sécurité » près de la frontière où les civils syriens peuvent échapper à l’assaut du régime d’Assad.

Israël, qui est toujours en guerre avec la Syrie depuis 1948, a offert une aide humanitaire aux populations du sud-ouest du pays, notamment en accueillant des Syriens blessés pour des soins médicaux, mais a déclaré à plusieurs reprises qu’il ne permettrait pas aux réfugiés de franchir la frontière.

Les personnels médicaux de l’armée israélienne soignent un enfant syrien blessé amené au sein de l’Etat juif pour y être pris en charge dans un hôpital, le 29 juin 2018 (Crédit : Armée israélienne)

« L’armée israélienne suit ce qui se passe en Syrie et se prépare à divers scénarios afin de protéger la sécurité le long de la frontière. Nous continuerons à fournir une aide humanitaire aux populations de la région en territoire syrien, et nous empêcherons également l’entrée de réfugiés sur le territoire de l’État d’Israël », a déclaré l’armée mercredi.

Au cours de ce déplacement, Eizenkot a reçu des informations du chef du Commandement Nord, le major-général Yoel Strick, et du brigadier-général Amit Fisher, qui commande la 210e Division du Bashan, qui surveille la frontière syrienne.

Le général de brigade Amit Fisher s’entretient avec le chef d’état-major de Tsahal et d’autres officiers supérieurs au sujet des combats dans le sud de la Syrie, leur montrant une carte de la région, lors d’un briefing le long de la frontière syrienne le 4 juillet 2018. (Armée israélienne)

Il a été rejoint dans sa visite par le chef des opérations de Tsahal, le général de division Aharon Haliva, le chef de la direction de la planification de Tsahal, le général Amir Abulafiya et le chef de la division de recherche du renseignement militaire, le général de brigade Dror Shalom.

Eizenkot s’est rendu aux États-Unis cette semaine dans le cadre d’un voyage de travail officiel, en partie pour discuter des récents développements dans le sud de la Syrie ainsi que de l’ancrage militaire de l’Iran dans ce pays déchiré par la guerre.

Les États-Unis, la Russie et la Jordanie seraient en négociations sur le sort des provinces de Daraa et Quneitra, en grande partie tenues par les rebelles, dans le sud de la Syrie. Depuis le début de l’offensive d’Assad, un certain nombre de villes de la région de Daraa se sont rendues, tandis que d’autres ont repoussé les offres pour une soi-disant « réconciliation » et ont juré de se battre.

Le Conseil de sécurité de l’ONU devait tenir une réunion d’urgence jeudi pour discuter de l’offensive de l’armée syrienne contre les groupes rebelles dans le sud de la Syrie, qui a forcé quelque 300 000 personnes à fuir vers les frontières jordanienne et israélienne, ont déclaré des diplomates.

L’AFP et l’équipe du Times of Israel ont contribué à cet article.

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