Le chef du Hezbollah menace les troupes américaines et Israël
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Le chef du Hezbollah menace les troupes américaines et Israël

Hassan Nasrallah a assuré que les soldats américains quitteront la région dans des "cercueils", ajoutant que l'Iran a agi avec transparence après avoir abattu un avion ukrainien

Des partisans du chef terroriste du Hezbollah, Hassan Nasrallah, scandent des slogans avant son discours télévisé dans une banlieue sud de Beyrouth, au Liban, le 5 janvier 2020. (Crédit : AP Photo/Maya Alleruzzo)
Des partisans du chef terroriste du Hezbollah, Hassan Nasrallah, scandent des slogans avant son discours télévisé dans une banlieue sud de Beyrouth, au Liban, le 5 janvier 2020. (Crédit : AP Photo/Maya Alleruzzo)

Hassan Nasrallah, le chef du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, a menacé violemment les États-Unis s’ils ne retiraient pas leurs troupes du Moyen-Orient, et déclaré que toute future attaque américaine contre l’Iran se verrait répondre par une attaque de représailles contre Israël.

« Si dans les jours ou les semaines à venir, les États-Unis ne retirent pas leurs forces du Moyen-Orient, les soldats américains rentreront aux États-Unis dans des cercueils », a menacé Hassan Nasrallah.

Il a déclaré que la frappe de missile iraniens sur les bases américaines en Irak a témoigné de la force militaire de Téhéran, car les missiles utilisés ont été produits en Iran, a rapporté la Treizième chaîne.

Nasrallah a pris la parole lors d’une cérémonie d’hommage à Qassem Soleimani, au Liban.

Le Hezbollah, organisation classée terroriste par les États-Unis et Israël, a promis de venger la mort du général Soleimani, qui supervisait la stratégie régionale de l’Iran.

Le Hezbollah est considéré comme l’allié de l’Iran au Liban.

Les partisans du groupe terroriste chiite du Hezbollah lors d’un discours de leur leader Hasan Nasrallah, diffusé sur écran, dans la banlieue sud de la capitale libanaise, Beyrouth, le 5 janvier 2020. (Crédit : Anwar Amro / AFP)

« Toutes les bases américaines au Moyen-Orient sont à la portée des missiles de précisions iraniens », a mis en garde Nasrallah. « L’attaque contre les bases américaines sont également un message fort pour l’entité sioniste, qui a toujours l’intention de « jouer » avec l’Iran. [Le Premier ministre] Benjamin Netanyahu a toujours rêvé d’envoyer ses avions attaquer les infrastructures ou les bases nucléaires en Iran. »

Netanyahu, a poursuivi le chef du Hezbollah, est un « idiot » qui « ne comprend pas qu’il traîne toute l’entité qu’il dirige… Quand ils entendent le guide suprême [Ali Khamenei] et d’autres dirigeants iraniens menacer Israël, l’entité sioniste, ils devraient prendre ces menaces au sérieux ».

Et d’ajouter que Téhéran avait adressé un message à Washington, par le biais d’intermédiaires et des médias, que toute attaque américaine contre l’Iran apporterait une réponse forte contre les États-Unis et Israël.

Nasrallah a affirmé que le Hezbollah a pu aujourd’hui défendre le Liban grâce à l’Iran et à Soleimani.

Soleimani entretenait des liens étroits avec le Hezbollah et était très impliqué dans ses opérations. Dans une rare interview à la fin de l’année dernière, il avait affirmé que lui et Nasrallah avaient réchappé à une tentative d’assassinat israélien lorsque l’aviation militaire les a pris pour cible à Beyrouth pendant la seconde guerre du Liban en 2006.

« Les grands succès du Hezbollah au Sud-Liban en 1999 et 2000 font honneur à Soleimani, notamment le retrait d’Israël du Sud-Liban », a-t-il commenté.

Il a également fait référence à l’avion de ligne ukrainien que l’Iran a « accidentellement » abattu la semaine dernière à l’extérieur de Téhéran, tuant 176 personnes, disant qu’aucun pays ne pouvait agir de manière aussi transparente que l’Iran. Les autorités iraniennes ont nié toute responsabilité pendant plusieurs jours avant d’admettre samedi qu’elles étaient bien responsables.

Les commentaires de Nasrallah surviennent alors que les Iraniens sont descendus dans les rues de Téhéran samedi soir pour manifester contre le régime, au milieu de la colère suscitée par l’abattage de l’avion mercredi. Des protestations ont également été signalées dans d’autres régions.

Rassemblent en souvenir des victimes de l’accident d’avion en Ukraine, à la porte de l’Université Amri Kabir dont certaines des victimes étaient d’anciens étudiants, à Téhéran, en Iran, le 11 janvier 2020. (Crédit ; AP Photo/Ebrahim Noroozi)

Les Iraniens ont exprimé leur horreur après que le chef de la division aérospatiale du Corps des gardiens de la révolution islamique a déclaré que son unité avait abattu l’avion de ligne après l’avoir pris pour un missile de croisière.

Le président américain Donald Trump a tweeté en anglais et en farsi pour soutenir les manifestants, écrivant : « le gouvernement iranien doit permettre aux groupes de défense des droits humains de surveiller et de rapporter les faits sur le terrain concernant les protestations continues du peuple iranien ».

Les Iraniens avaient organisé une manifestation sans précédent de soutien à leurs dirigeants quelques jours auparavant, lors d’une série de funérailles pour Soleimani, tué par un drone américain le 3 janvier.

L’Iran aurait averti Nasrallah qu’il pourrait être la prochaine cible des États-Unis, et lui aurait conseillé de renforcer les mesures de sécurité après la mort de Soleimani.

La semaine dernière, la République islamique a diffusé une vidéo inédite des deux hommes accompagnés de l’ancien commandant en chef du Hezbollah, Imad Mughniyeh, qui aurait été tué lors d’une opération conjointe du Mossad et de la CIA en 2008.

La vidéo non datée montre Nasrallah et Mughniyeh en train de parler et de rire à une table, alors que Soleimani est assis au milieu.

Soleimani aurait été avec Mughniyeh peu avant que celui-ci ne soit tué dans une attaque à la voiture piégée à Damas.

En réponse à l’assassinat de Soleimani, Nasrallah a appelé la semaine dernière les milices chiites à attaquer les ressources militaires américaines dans tout le Moyen-Orient – y compris avec des attentats-suicides – et a prédit que les Américains quitteraient la région dans des « cercueils », emmenant Israël avec eux.

Il a également affirmé que c’est Israël qui avait demandé aux États-Unis de tuer Soleimani.

« Israël voulait assassiner le commandant de la Force Al-Quds, Qassem Soleimani, en Syrie, mais il ne pouvait pas ou n’osait pas. Il s’est tourné vers les États-Unis, qui l’ont fait ouvertement », a-t-il ainsi affirmé. « Israël voyait en Soleimani l’homme le plus dangereux depuis la création de l’État, puisqu’il a encerclé le pays de missiles ».

Depuis la guerre de 2006 au Liban, Nasrallah limite ses apparitions publiques et prend d’importantes précautions de sécurité, Netanyahu l’appelant « l’homme dans le bunker à Beyrouth » en septembre.

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