Rechercher

Le cinéaste Hesam Eslami raconte « l’obsession » de l’Iran pour le contrôle des citoyens

Ce court-métrage, sorti et présenté à la Berlinale en 2025, est la quatrième réalisation du cinéaste de 43 ans, installé à Téhéran d'où il est arrivé cette semaine

Le réalisateur iranien Hesam Eslami dans le cadre d'une interview. (Capture d'écran/YouTube)
Le réalisateur iranien Hesam Eslami dans le cadre d'une interview. (Capture d'écran/YouTube)

Avec « Citoyens enchaînés », présenté au festival du documentaire de Biarritz qui s’achève samedi dans le sud-ouest de la France, le réalisateur iranien Hesam Eslami s’interroge sur la façon « dont un Etat contrôle ses citoyens », dans un Iran « obsédé » par cette question.

Ce court-métrage, sorti et présenté à la Berlinale en 2025, est la quatrième réalisation du cinéaste de 43 ans, installé à Téhéran d’où il est arrivé cette semaine, qui travaille depuis plusieurs années sur les populations marginalisées de la société iranienne.

Le sujet du film, explique-t-il lors d’un entretien avec l’AFP, lui est venu à la suite du mouvement contestataire de 2022, « Femme, vie, liberté », durement réprimé. Et il trouve un écho particulier dans les récentes manifestations, dont la répression a fait des milliers de morts.

« Citoyens enchaînés » plonge dans le système de surveillance des personnes assignées à résidence avec un bracelet électronique.

Il y a trois ans, « le régime avait annoncé à grands cris qu’il allait mettre en place une technologie permettant de reconnaître par vidéosurveillance les personnes désobéissant à l’interdiction du port du voile dans la rue, les retrouver et les punir. On a compris un peu plus tard que c’était du bluff, que l’Iran n’a pas cette technologie », relate Hesam Eslami.

Mais l’hypothèse d’un monde « où vous êtes constamment sous surveillance » reste « terrifiante », dit-il.

Le surveillant, « aussi un prisonnier »

Le cinéaste s’est également intéressé à un centre de contrôle et de surveillance à distance des bracelets électroniques, à Téhéran. A force de temps « et d’argent », explique-t-il en riant, il a obtenu la permission d’y tourner pendant deux jours.

Les condamnés y viennent se faire poser leur bracelet et sont informés de leur périmètre restreint de déplacement. Ils sont ensuite scrutés par géolocalisation, non sans quelques « bugs ». « Un surveillant me racontait que, parfois, les bracelets se bloquent et vibrent pendant des heures, provoquant des dizaines d’appels de gens à bout », dit le réalisateur.

L’employé que l’on voit devant ses écrans « n’a aucun pouvoir, il a un salaire médiocre, beaucoup de pression et ne croit probablement pas au système », estime Hesam Eslami. « Il est aussi un prisonnier en quelque sorte et c’est ce que dit le titre du film. »

Un documentaire critique, teinté d’humour noir, qu’il a fait sortir d’Iran sans difficulté, assure-t-il.

Sans nier la « forte répression » qui s’exerce dans le pays sur les cinéastes, pour lui, le plus gros obstacle intervient en réalité au moment de la projection des films. En revanche, dit-il, « les tourner et les envoyer à l’étranger pour des festivals ou autre, ça n’est pas vraiment compliqué ».

Il cite en exemple les films de Jafar Panahi (« Un simple accident », « Taxi Téhéran ») ou de Mohammad Rasoulof (« Les graines du figuier sauvage »), réalisés « avec de grosses équipes, beaucoup d’acteurs », pourtant censés être « infaisables ».

Comment? « Parce que vous pouvez écrire n’importe quoi aux autorités pour obtenir une permission de tourner. Je ne dirais pas que nous sommes de bons menteurs mais nous y sommes habitués », sourit Hesam Eslami.

En savoir plus sur :
Pour commenter, rejoignez
la Communauté du Times of Israël !
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.

Merci pour votre fidélité !

Si vous voyez ce message, ça veut dire que vous faites partie de nos lecteurs les plus assidus. Pour continuer votre lecture, veuillez rejoindre notre Communauté. Rejoignez-nous maintenant !
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.