Le conseiller juridique de la Knesset accuse Rothman de l’avoir menacé
Sur une vidéo, le président de la Commission du Droit de la Knesset chuchote à l'oreille du conseiller juridique Gur Bligh qui lui répond sèchement : "Vous ne me menacerez pas !"

Gur Bligh, le conseiller juridique de la commission de la Constitution, du Droit et de la Justice de la Knesset, a accusé lundi le président du panel, le député Simcha Rothman, de l’avoir menacé durant une discussion sur le projet controversé du gouvernement visant à scinder les fonctions du procureur général.
C’est au cours d’une intervention de l’ancien ministre du Likud Dan Meridor que Rothman a murmuré quelque chose à l’oreille de Bligh, qui lui a répondu d’une voix forte : « Vous ne me menacerez pas. »
Si on ignore ce que Rothman a dit à Bligh, le député, après que le conseiller juridique l’a accusé de menaces, lui a demandé : « Pardon ? Pourquoi me criez-vous dessus ? »
S’immisçant dans la discussion, le député Les Démocrates Gilad Kariv a réprimandé Rothman pour avoir menacé Bligh, lui intimant : « Ne parlez pas sur ce ton au conseiller juridique, espèce de voyou. »
Les discussions ont été brièvement interrompues pendant cet échange, avant que l’ordre ne soit rétabli et que la réunion ne reprenne sans incident.
Rothman, membre du parti d’extrême droite HaTzionout HaDatit et architecte de la réforme judiciaire du gouvernement, a présenté un projet de loi qui diviserait le poste de procureur général en trois rôles distincts — conseiller juridique du gouvernement, procureur général et représentant du gouvernement devant les tribunaux — et qui donnerait au gouvernement un contrôle total sur les nominations à ces postes, dans le cadre des efforts continus de la coalition pour limoger la procureure générale Gali Baharav-Miara.
עימות סוער בוועדת החוקה: רוטמן לחש לאוזנו של היועץ המשפטי של הוועדה, שהתפרץ – "אתה לא תאיים עליי"@yaara_shapira @diklaaharon pic.twitter.com/EuzPgSzAiC
— כאן חדשות (@kann_news) November 24, 2025
Lors de la réunion de la Commission, Meridor, ancien ministre de la Justice ayant servi dans plusieurs cabinets du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a qualifié les initiatives visant à scinder cette fonction de tentative de « transformer complètement Israël en un régime non démocratique ».
Pour les partisans du projet de loi visant à scinder le rôle du procureur général, ce poste concentre trop de pouvoirs et présente un conflit d’intérêts inhérent.
Ses détracteurs affirment que cette loi porterait un coup fatal au système déjà fragile de contrôle et d’équilibre des pouvoirs en Israël.
Le mois dernier, les députés de la coalition ont fait avancer ce projet de loi lors d’un vote préliminaire remporté à 59 voix contre 44, renvoyant ainsi le texte à la commission de Rothman. Le projet de loi reviendra ensuite à la Knesset pour de nouvelles lectures en assemblée plénière.
La coalition tente depuis des mois de limoger Baharav-Miara, l’accusant de travailler contre le gouvernement et de nuire à ses intérêts. La procureure générale s’est en effet opposée à plusieurs initiatives législatives phares du gouvernement, notamment à son projet controversé de refonte judiciaire, et a refusé de défendre le gouvernement dans le cadre de procédures engagées devant la Haute Cour contre certaines de ses politiques et projets de lois.







