Israël en guerre - Jour 263

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Le contrat entre Israël et les citoyens a été rompu, dit le proche d’une otage

Zohar Avigdori explique que sa nièce Noam et sa belle-sœur Sharon "semblent aller bien" mais qu'elles sont aux prises avec le traumatisme de leur captivité et de la nouvelle de la mort du frère de Sharon

Jeremy Sharon est le correspondant du Times of Israel chargé des affaires juridiques et des implantations.

Sharon Avigdori et sa fille Noam retrouvant leur mari et père Hen  Avigdori avec le second fils de la famille, Omer Avigdori, après avoir été relâchées de captivité par le Hamas à Gaza, le 25 novembre 2023. (Crédit : Famille Avigdori)
Sharon Avigdori et sa fille Noam retrouvant leur mari et père Hen Avigdori avec le second fils de la famille, Omer Avigdori, après avoir été relâchées de captivité par le Hamas à Gaza, le 25 novembre 2023. (Crédit : Famille Avigdori)

Zohar Avigdori, l’oncle de Noam Avigdori, douze ans, qui a été libérée samedi par le Hamas avec sa mère, Sharon, a déclaré mardi que le contrat entre Israël et ses citoyens avait volé en éclats, le 7 octobre, et que la fracture qui s’était révélée ce jour-là pourrait prendre des décennies à guérir.

S’exprimant devant les journalistes, Avigdori a expliqué que le combat mené par le Forum des familles d’otages et de portés-disparus, dont il est membre, était d’aider « à réécrire » ce contrat par le biais de pressions exercées sur le gouvernement de manière à ce que ce dernier accorde la priorité au retour de tous les otages au détriment de ses autres objectifs poursuivis dans le cadre de la guerre dans la bande de Gaza.

Avigdori a dit que Noam et Sharon, sa belle-sœur, allaient bien de façon générale mais il a fait remarquer qu’elle venait tout juste d’apprendre la mort de son frères et qu’elle commençait à avoir une image d’ensemble des atrocités commises le 7 octobre par les hommes armés du groupe terroriste – et qu’elle avait des difficultés à intégrer cette nouvelle réalité.

Sharon et Noam avaient été kidnappées par des terroristes du Hamas au cours de l’attaque meurtrière commise par ces derniers au kibboutz Beeri, le 7 octobre. Des milliers d’hommes armés avaient franchi la frontière et ils avaient pris le contrôle du sud d’Israël, tuant 1 200 personnes et enlevant 240 personnes.

La mère et la fille étaient venues dans le kibboutz pour rendre visite au frère de Sharon, qui a été assassiné pendant l’assaut. Son époux, Hen, et son second fils, Omer, avaient décidé de rester au domicile familial ce jour-là.

Avigdori a déclaré qu’après les premières semaines de la guerre, le Forum des familles d’otages et des disparus estimait que le renversement du Hamas avait plus d’importance, aux yeux du gouvernement, que le retour des otages et que l’organisation s’était donné pour mission d’inverser ces priorités.

Sharon Avigdori retrouvant son fils Omer, après avoir été libérée de 50 jours de captivité dans la bande de Gaza, le 26 novembre 2023. (Crédit : Haïm Zach/GPO)

Et pour ce faire, avait rapidement compris le forum, il fallait « une pression forte de la part du public ».

« Nous avons réalisé qu’au-delà de notre souffrance personnelle, de notre désir de revoir les nôtres, il s’agissait de réécrire le contrat entre l’État d’Israël et ses citoyens qui a été violemment et brutalement rompu le 7 octobre », a-t-il expliqué, s’exprimant en anglais.

« Nous savions et nous savons encore que si tous les otages ne reviennent pas, le bien-fondé de ce que signifie l’État d’Israël aux yeux de ses citoyens va se réduire dans une mesure telle qu’il est susceptible de s’effondrer complètement ».

Interrogé sur l’état de ce contrat, sept semaines après les atrocités commises par le groupe terroriste dans le pays, Avigdori a estimé qu’il faudra « des décennies pour réparer les dégâts » essuyés par ce pacte tacite et que la tâche à effectuer ira « bien au-delà de la responsabilité initiale de ramener les otages ».

Évoquant Sharon et Noam, il a indiqué que « dans l’ensemble, ça a l’air d’aller mais c’est encore trop tôt pour le dire » au vu du traumatisme entraîné par leur captivité aux mains des terroristes de Gaza et des difficultés émotionnelles rencontrées depuis leur remise en liberté.

« Les sept dernières semaines ont été complètement surréalistes et incompréhensibles, et leur libération est encore une autre facette de ce surréalisme parce que les prendre dans nos bras… et dire ‘Tu es enfin de retour après avoir passé 50 jours sous la garde d’une organisation islamiste terroriste et radicale, sans aucun scrupule’ – cela ressemble encore à l’intrigue d’un film, cela ne ressemble pas à quelque chose qui peut arriver à vos parents les plus proches », a-t-il commenté.

Il a raconté que Sharon avait perdu trois membres de sa famille dans le massacre, notamment son frère, une nouvelle tragique qu’elle n’a apprise qu’après avoir été remise en liberté.

« Il a fallu dire tout à Sharon, comme cela a été le cas également de nombreux autres otages qui découvrent aujourd’hui qu’ils ont perdu des membres de leur famille et que des communautés entières ont été détruites et réduites en cendres », a-t-il ajouté.

Sharon Avigdori retrouve son mari Hen Avigdori, après sa libération, en compagnie de sa fille Noam, de la bande de Gaza par le Hamas, le 25 novembre 2023. (Autorisation : Famille Avigdori)

« C’est beaucoup de choses à intégrer et c’est à ça que seront consacrés les deux prochains jours… avec l’objectif qu’elles puissent reconstruire leur vie et aller au-delà de ce trauma ».

Mais Avigdori a aussi précisé que la famille toute entière continuera à œuvrer au sein du Forum des familles des otages et des portés-disparus « jusqu’au retour du dernier » d’entre eux, en raison d’un sentiment partagé de responsabilité entre tous ceux dont les proches ont été ou sont encore otages à Gaza.

« Pour nous, la question ne se pose même pas, c’est notre combat et nous le poursuivrons en continuant à encourager ou à exercer des pressions sur le gouvernement israélien et sur tous les acteurs internationaux – avec pour objectif de garantir la libération immédiate de tous les otages parce que c’est ce qui doit rester la seule et unique priorité de la politique israélienne actuellement ».

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