Le contrôleur de l’Etat va à nouveau enquêter sur le couple Netanyahu
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Le contrôleur de l’Etat va à nouveau enquêter sur le couple Netanyahu

Une ancienne militante du droit des femmes affirme avoir été exhortée à recruter des associations de femmes pour aider dans le procès des Netanyahu contre un concierge

Vered Swid, ancienne directrice de l’Autorité pour la promotion du statut des femmes au bureau du Premier ministre, dans le progamme Uvda de la Deuxième chaîne, le 7 novembre 2016. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)
Vered Swid, ancienne directrice de l’Autorité pour la promotion du statut des femmes au bureau du Premier ministre, dans le progamme Uvda de la Deuxième chaîne, le 7 novembre 2016. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)

Le contrôleur de l’Etat a ordonné l’ouverture d’une enquête sur le Premier ministre Benjamin Netanyahu, son épouse Sara, et son bureau, suite à un reportage sur le premier cercle de Netanyahu, a annoncé mardi la Deuxième chaîne.

Yossef Shapira va étudier les accusations de Vered Swid, ancienne directrice de l’Autorité pour la promotion du statut des femmes au bureau du Premier ministre.

Elle avait affirmé avoir affronté des sévices pendant qu’elle travaillait pour Netanyahu, et avoir subi des pressions pour utiliser les organisations féministes pour aider les Netanyahu dans l’affaire les opposant à un ancien concierge, Menny Naftali.

Les accusations ont été présentées pendant un reportage d’Ilana Dayan, diffusé ce mois-ci dans l’émission Uvda de la Deuxième chaîne ; et qui comprenait des interviews exclusives avec divers responsables qui ont appartenu au premier cercle de Netanyahu, et des informations sur les opérations internes de son bureau.

Dans le reportage diffusé le 7 novembre, Vered Swid a raconté avoir reçu un appel au sujet de Menny Naftali, ancien concierge de la résidence du Premier ministre, à qui a été attribué 170 000 shekels (environ 40 500 euros) de dommages et intérêts en février pour avoir été mal traité quand il travaillait pour le couple Netanyahu, avant d’être accusé de harcèlement sexuel La juge, Dita Pruginin, a déclaré n’avoir trouvé absolument aucune preuve soutenant cette accusation.

La journaliste Ilana Dayan (Crédit : Moshe Shai/Flash90)
La journaliste Ilana Dayan (Crédit : Moshe Shai/Flash90)

« J’ai reçu un coup de téléphone d’une proche qui ne travaille pas au bureau, et elle ne comprenait pas pourquoi je ne recrutais pas des brigades d’associations féministes pour lutter contre Menny Naftali », a déclaré Swid pendant l’émission.

« Pourquoi ne recrutez-vous pas, pourquoi n’aidez-vous pas ? Ils se sont occupés de toi, ils ont étendu ta nomination », a déclaré cette personne selon Swid.

« J’étais choquée, a raconté Swid. Parfois vous ne savez pas quoi dire, n’est-ce pas ? Il était clair que je ne recrutais pas et que je n’avais pas été impliquée dans ce genre de choses. »

En répondant à cette partie du reportage, le bureau du Premier ministre a raillé de « fausses accusations » conçues pour « faire porter la pression des médias sur les autorités pour ouvrir une ‘enquête’. Et tout cela pour le plaisir de critiquer le Premier ministre. »

Dans un long communiqué dénonçant le programme tout entier de Dayan, le bureau de Netanyahu a déclaré que Swid « couvrait d’éloges » Sara Netanyahu quand elle travaillait pour le Premier ministre.

Vered Swid, ancienne directrice de l’Autorité pour la promotion du statut des femmes au bureau du Premier ministre, et Sara Netanyahu; dans le progamme Uvda de la Deuxième chaîne, diffusé le 7 novembre 2016. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)
Vered Swid, ancienne directrice de l’Autorité pour la promotion du statut des femmes au bureau du Premier ministre, et Sara Netanyahu; dans le progamme Uvda de la Deuxième chaîne, diffusé le 7 novembre 2016. (Crédit : capture d’écran Deuxième chaîne)

La réponse du bureau de Netanyahu citait ce qu’il disait être une lettre de Swid remerciant Sara Netanyahu pour son aide « chaque jour de l’année pour les femmes et les enfants d’Israël. Votre porte et votre cœur sont toujours ouverts pour aider et faire avancer les choses. »

La déclaration affirmait aussi que les employés actuels et passés du bureau du Premier ministre avaient été témoins « de dizaines de situations » lors desquelles Swid avait comblé d’éloges Sara Netanyahu, « au contraire des mensonges qu’elle répand à présent […]. L’un d’entre eux a déclaré cette semaine : ‘en ayant accompagné l’épouse du Premier ministre et Vered Swid pendant plusieurs années pour des activités avec des victimes de l’Holocauste, des enfants souffrant de cancer, des femmes battues dans des refuges et plus encore, j’ai toujours entendu Swid dire à chacun comment Sara avait réussi à combiner sa position d’épouse du Premier ministre avec son travail de psychologue pour enfants au service du public, tout en s’engagent elle-même à chaque occasion pour être active pour les plus faibles de notre société’. »

Le reportage d’Uvda décrivait Sara comme une présence problématique dans le processus de décision du Premier ministre, une personne influente intimement impliquée dans le travail et les décisions de son mari, qui avait souvent le dernier mot sur les nominations gouvernementales.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son épouse Sara avant d'embarquer pour un vol vers New York pour une visite officielle d'État aux États-Unis, le 20 septembre 2016 (Crédit : Kobi Gideon/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son épouse Sara avant d’embarquer pour un vol vers New York pour une visite officielle d’État aux États-Unis, le 20 septembre 2016 (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Vered Swid a déclaré que c’était Sara Netanyahu qui l’avait appelée pour lui dire que son contrat était prolongé. Quand elle travaillait pour les Premiers ministres précédents, Ehud Olmert et Ariel Sharon, elle n’avait jamais reçu d’appels de leurs épouses.

Le programme Uvda a soulevé plusieurs questions sur l’influence de Sara Netanyahu sur la façon de gouverner de son époux, mais c’est la déclaration du bureau du Premier ministre qui, dans sa réponse attaquant violemment Dayan, a déclenché un tollé. Les critiques ont accusé Netanyahu d’inciter à la haine contre Dayan, et les médias en général.

La demande d’enquête auprès du contrôleur de l’Etat a été faite par Ometz, une association qui travaille pour la transparence du gouvernement.

Gavin Rabinowitz a contribué à cet article.

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