Le drapeau israélien désormais obligatoire lors des événements publics
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Le drapeau israélien désormais obligatoire lors des événements publics

La loi imposerait une amende de 14 400 shekels aux organisateurs qui omettent de mettre en vedette la bannière lors d'événements auxquels assiste un officiel israélien

Le drapeau israélien flotte devant le dôme du Rocher de la vieille ville de Jérusalem, le 1er décembre 2017 (AFP Photo/Thomas)
Le drapeau israélien flotte devant le dôme du Rocher de la vieille ville de Jérusalem, le 1er décembre 2017 (AFP Photo/Thomas)

Un projet de loi qui rendrait obligatoire l’utilisation du drapeau israélien lors d’événements publics a passé une première lecture dans le plénum de la Knesset mardi matin, provoquant la colère des députés de l’opposition qui l’ont dénoncé comme une « tentative d’éduquer la communauté arabe ».

Le projet de loi, parrainé par le sulfureux député du Likud Oren Hazan, exige que le drapeau soit présent lors de tout événement public auquel participent le Premier ministre, le président, un ministre ou un membre de la Knesset. Tout manquement serait passible d’une amende de 14 400 shekels.

Vingt-cinq députés ont appuyé le projet de loi et onze se sont opposés à son adoption. Il doit encore être discuté par la commission de la Constitution, du droit et de la justice de la Knesset, puis passer devant deux autres plénums pour avoir force de loi.

Hazan a présenté le projet de loi à la suite d’un incident survenu en 2015, lorsque le drapeau israélien a été retiré d’une conférence organisée à New York par le journal Haaretz.

Le président Reuven Rivlin, qui faisait partie des participants, a demandé aux organisateurs de mettre le drapeau sur la table pendant son discours. Mais par la suite, le drapeau fut enlevé sur l’insistance de Saeb Erekat, officiel de l’OLP, qui a dit qu’il ne parlerait pas avec le drapeau sur scène, provoquant l’indignation en Israël.

« Le but du projet de loi est d’empêcher une situation dans laquelle un représentant officiel de l’État participe à un événement sans que le drapeau israélien ne soit montré », a dit Hazan, décrivant le projet de loi comme l’un des nombreux projets de loi d’une « campagne pédagogique ».

« C’est notre façon de remercier l’État », a-t-il ajouté. « Le drapeau n’offense personne et il est temps pour nous de le respecter. »

Le parlementaire du Likud Oren Hazan réagissant lors d’une session plénière à la Knesset, le 27 novembre 2017 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Les députés de l’opposition se sont élevés contre le projet de loi et sa qualification de « pédagogique ».

« Quiconque tente d’éduquer la communauté arabe se déconsidère lui-même », a déclaré le député Nachman Shai (Union sioniste). « La loi n’est pas nécessaire. »

Le député Yousef Jabareen, de la faction majoritairement arabe de la Liste arabe unie, a déclaré que « dans une démocratie, les symboles d’État et le drapeau devraient représenter tous les citoyens. Quand les symboles ont été adoptés, on savait que 20 % des citoyens seraient incapables de s’y identifier ».

« Lorsqu’une population ressent de la marginalisation envers sa citoyenneté et que des symboles ne la représentent pas en raison du traitement réservé par le gouvernement, la liberté de chaque citoyen est d’exprimer son opinion sur ces symboles », a déclaré une autre membre de la Liste arabe unie, Aida Touma-Sliman.

Hazan, l’auteur du projet de loi, a acquis une réputation de fauteur de troubles depuis son entrée à la Knesset en 2015 et a attiré l’ire des Palestiniens pour plusieurs de ses facéties.

Le député du Likud Oren Hazan monte dans un bus transportant des membres de la famille de Gazaouis détenus dans une prison militaire israélienne, le 25 décembre 2017. (Capture d’écran : Israel Hayom)

Le mois dernier, Hazan a conduit un petit groupe de manifestants pour bloquer des bus transportant des Palestiniens de Gaza qui allaient rendre visite à leurs proches dans une prison israélienne. Au cours de cette action, il a qualifié les proches des détenus de « familles de ces animaux » et a déclaré que les prisonniers méritaient d’être « isolés ».

Hazan s’est vu accorder une sécurité supplémentaire suite à l’incident, après les menaces d’un porte-parole de l’aile militaire du groupe terroriste du Hamas.

En octobre, Hazan a semblé appeler à l’assassinat du Président de l’AP, Mahmoud Abbas, dans un article sur Facebook dans lequel il laissait entendre que le dirigeant palestinien était sur la voie pour faire face au même sort qu’un certain nombre de personnalités de son parti Fatah éliminées par Israël.

Hazan a également fustigé les députés arabes israéliens, qualifiant de « terroristes » les députés de la Liste arabe unie après qu’ils ont brandit des pancartes avec l’inscription « Jérusalem est la capitale de la Palestine » lors du discours prononcé par le vice-président américain Mike Pence devant la Knesset la semaine dernière.

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