Le FBI accuse la secte extrémiste Lev Tahor d’avoir enlevé une enfant
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Le FBI accuse la secte extrémiste Lev Tahor d’avoir enlevé une enfant

Cinq leaders du groupe fanatique ultra-orthodoxe, qui se trouve dorénavant au Guatemala, sont notamment mis en cause pour le mariage arrangé d'une fillette de 12 ans

Illustration : Une jeune femme membre de la communauté Lev Tahor dans la ville canadienne de Chatham, Ontario, 29 novembre 2013. (Rick Madonik / Toronto Star via Getty Images, JTA)
Illustration : Une jeune femme membre de la communauté Lev Tahor dans la ville canadienne de Chatham, Ontario, 29 novembre 2013. (Rick Madonik / Toronto Star via Getty Images, JTA)

JTA — Les autorités fédérales américaines ont porté plainte pour exploitation et enlèvement d’enfant contre les responsables d’une secte extrémiste qui est accusée d’avoir obligé des toutes jeunes filles – certaines avaient seulement douze ans – à épouser des hommes du groupe beaucoup plus âgés.

Cinq chefs spirituels du groupe Lev Tahor ont été ainsi mis en examen par le procureur des États-Unis pour le district du sud de New York, et par le FBI, pour des crimes liés à un mariage forcé présumé en 2017, et pour un enlèvement qui a eu lieu en 2018.

Parmi les actes d’inculpation, une conspiration visant à transporter une mineure avec l’intention de la livrer à des activités sexuelles criminelles, et une conspiration visant à voyager dans le but de se livrer à des activités sexuelles illicites. Le premier chef est sanctionné d’une peine minimale obligatoire de dix ans d’emprisonnement et d’une peine maximale de prison à vie. Le deuxième peut entraîner une condamnation à trente ans de prison.

Nachman Helbrans, l’un des hommes mis en cause, avait arrangé un mariage en 2017 entre sa nièce âgée de 12 ans et un jeune homme de 18 ans, selon l’acte. Ils s’étaient mariés en 2018 et avaient eu des relations sexuelles.

Selon le communiqué de presse du département de la Justice, il était attendu des jeunes promises « qu’elles aient des relations sexuelles avec leur époux ; qu’elles ne disent pas, hors de Lev Tahor, qu’elles étaient mariées ; qu’elles prétendent être plus vieilles et qu’elles accouchent chez elles plutôt qu’à l’hôpital – partiellement pour dissimuler au public le jeune âge des mères ».

A la fin de la même année, la mère de la jeune adolescente avait fui le groupe et elle s’était réfugiée aux États-Unis avec sa fille et le petit frère de celle-ci. Ils étaient arrivés à New York au mois de novembre 2018. Selon le département de la Justice, au mois de décembre 2018, les cinq hommes dorénavant mis en cause avaient kidnappé la jeune fille, qui avait alors 14 ans, et son frère au beau milieu de la nuit, les ramenant auprès de l’époux de l’adolescente à Mexico. Les enfants étaient revenus à New York plusieurs semaines plus tard, ramenés par la police, mais le groupe avait tenté de les enlever à nouveau à deux reprises.

Nachman Helbrans. (Capture d’écran: YouTube/ Windsor Star)

Nachman Helbrans est le fils du rabbin Shlomo Helbrans, fondateur de Lev Tahor dans les années 1980, qui était devenu le leader du groupe après la mort de son père, en 2017. Les autres hommes mis en examen sont Mayer Rosner, Yakov Weingarten, Shmiel Weingarten et Yoel Weingarten.

Yakov Weingarten a été arrêté le mois dernier au Guatemala, au premier jour de Pessah. Le groupe avait fui le Canada et avait trouvé refuge au Guatemala après avoir attiré l’attention des autorités canadiennes pour des violences sur enfant et pour des mariages de mineurs présumés. La secte avait été fondée à Jérusalem et elle avait fui ensuite à l’étranger.

William F. Sweeney Jr., directeur-adjoint du FBI, a remercié la police du Guatemala pour l’aide apportée dans cette affaire.

« Les frontières internationales n’empêcheront pas le FBI de poursuivre la justice et de sanctionner les violations faites à nos lois, en particulier quand elles visent les enfants. Les comportements dénoncés aujourd’hui sont scandaleux et ils ne peuvent absolument pas être justifiés », a commenté Sweeney.

Des enfants de la secte Lev Tahor étudient dans une chambre d’hôtel dans l’Ontario (Crédit : capture d’écran YouTube)

Le groupe a été qualifié de culte et ses membres ont été assimilés à des « Talibans juifs », les femmes et les fillettes de plus de trois ans devant porter de longues robes noires qui leur recouvrent entièrement le corps, ne laissant entrevoir que le visage. Les hommes passent la majorité de leur temps à prier et à étudier des portions spécifiques de la Torah uniquement.

Les membres de Lev Tahor se soumettent à un respect singulier et strict des lois de la casheroute. Ils pensent que les manipulations génétiques ont rendu non-casher les poulets de l’époque moderne.

Les mariages entre des adolescentes et des membres plus âgés sont fréquents.

Selon l’acte du département américain de la Justice, Nachman Helbrans et ses proches ont « adopté des pratiques extrêmes, avec notamment le contrôle strict et invasif des membres du groupe, des violences physiques fréquentes et des mariages forcés de mineures à des adultes. Les enfants, au sein de Lev Tahor, subissent souvent des violences physiques, sexuelles et psychologiques ».

Des filles de la secte Lev Tahor à Chatham, Ontario (Crédit : capture d’écran YouTube)

Les leaders du groupe ont déjà été accusés d’enlèvement dans le passé, notamment dans l’affaire qui a débouché, lundi, sur la mise en examen des cinq hommes. En 2019, quatre dirigeants de Lev Tahor avaient été inculpés pour le kidnapping de 2018.

Les autorités du Guatemala ont attentivement surveillé, ces dernières années, les leaders de la secte qui s’est installée dans le pays. Les membres du groupe, qui sont antisionistes, ont demandé l’asile politique à l’Iran.

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