Le nouveau conseiller en communication de Netanyahu critiqué
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Le nouveau conseiller en communication de Netanyahu critiqué

La nomination de Ran Baratz agace le chef de l’Etat ; le conseiller a aussi traité Obama d' « antisémite »

Ran Baratz donne une conférence au centre juif Statesmanship. (Crédit : capture d'écran: YouTube / mmedinaut)
Ran Baratz donne une conférence au centre juif Statesmanship. (Crédit : capture d'écran: YouTube / mmedinaut)

Il n’a pas fallu longtemps pour que le nouveau gourou de la communication du Premier ministre ait sa première crise médiatique à gérer : sa propre nomination.

Ran Baratz, nommé mercredi par le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour être le nouveau porte-parole, a été sous le feu de la critique après que l’on ait appris qu’il avait publiquement fustigé le président Reuven Rivlin sur Facebook il y a une semaine.

Depuis, ressortent les déclarations de Baratz sur le secrétaire d’Etat John Kerry dont « l’âge mental ne dépasse pas 12 ans », sur le président israélien Reuven Rivlin dont même l’organisation Etat islamique (EI) ne voudrait pas comme otage ou sur l’ultra-sensible mont du Temple.

Le nouveau conseiller en communication de Netanyahu a aussi traité Obama d’ « antisémite ».

« Permettez-moi d’être abrupt et de me départir de ma mesure coutumière », écrivait Baratz sur sa page Facebook en mars après un discours prononcé par M. Netanyahu devant le congrès américain sur le nucléaire iranien. La Maison Blanche avait très mal pris cette allocution, ingérence sans précédent selon elle dans les affaires intérieures américaines.

« La façon dont Obama parle du discours de Netanyahu, voilà le visage moderne de l’antisémitisme dans les pays occidentaux et libéraux. Et cela va de pair, bien sûr, avec beaucoup de tolérance et de compréhension envers l’antisémitisme islamique », disait M. Baratz.

Netanyahu doit rencontrer Obama à Washington le 9 novembre.

Baratz, qui a été nommé comme conseiller médiatique en charge de la diplomatie et des médias pour remplacer Mark Regev, qui va devenir ambassadeur au Royaume-Uni, a déclaré le 25 octobre que Reuven Rivlin était une personnalité insignifiante, après que le chef de l’Etat soit rentré de République tchèque en classe économique.

« Je pense que cela en dit long que le président voyage en classe économique, se déplace dans l’avion et serre la main de tout le monde, a écrit Baratz dans une diatribe en hébreu. En particulier, cela dit que c’est une personnalité si périphérique qu’il n’y a pas d’inquiétude pour sa vie ».

Baratz a continué en suggérant d’envoyer Rivlin au-dessus de la frontière syrienne en parapente, comme un Arabe israélien l’a récemment fait.

« Une journée plus tard, ils nous le retourneront avec le désir d’ouvrir des négociations pour revenir immédiatement en Irak », a-t-il poursuivi Baratz.

« Juste prenez le, sur nos vies, les Israéliens, votre président va autour du camp serrant les mains de tout le monde, en essayant de nous parler dans un arabe qu’il ne connaît pas, nous dit de nous unir car c’est dommage que nous soyons divisés en tribus ».

Rivlin parle couramment l’arabe et son père était un érudit arabophone de premier plan de Jérusalem qui a publié la première édition en hébreu du Coran.

La résidence du président a rapidement répondu à un rapport exposant la publication de ces propos sur Facebook, en disant que le président considérait les remarques de Baratz avec sérieux et « exigeait de savoir si ses déclarations étaient connues du Premier ministre quand il a décidé de le nommer à ce poste ».

Le bureau du Premier ministre a déclaré dans un communiqué plus tard mercredi soir qu’il n’était pas au courant des commentaires de Baratz et que Netanyahu les considérait comme étant inconvenables.

Lorsqu’on lui a demandé des éclaircissements, Baratz a expliqué au Bureau du Premier ministre que ces observations ont été faites en tant que citoyen privé et que sa nouvelle position exigeait plus de retenue. Baratz a également déclaré dans une interview accordée à la Deuxième chaîne qu’il était désolé si Rivlin avait été offensé.

Ces propos figuraient toujours sur la page Facebook de Baratz jeudi.

Sa nomination doit encore être approuvée par le cabinet la semaine prochaine.

Baratz était auparavant le fondateur du site Web conservateur d’actualités en hébreu Mida et enseignait à la faculté de l’académie Ein Prat située en dehors de Jérusalem.

Il a déclaré dans un communiqué après l’annonce que les relations publiques était le « principal facteur dans la lutte pour la position d’Israël ».

« Les défis auxquels nous sommes confrontés sont nombreux et comprennent l’expansion des activités de diplomatie publique dans les nouveaux médias sur la scène internationale, ainsi que de fournir aux citoyens israéliens un accès plus efficace au travail du Premier ministre et du gouvernement », a-t-il précisé.

Baratz, un résident de l’implantation cisjordanienne de Kfar Adumim, a autrefois enseigné la philosophie grecque à l’université hébraïque, mais a été renvoyé, selon un article de Maariv en 2010, en raison de son
« appartenance à l’aile droite du spectre politique ».

Agé de 42 ans, il appelait sur le site d’information NRG en 2004, à la reconstruction du temple juif sur le mont du Temple à Jérusalem. Il préconisait que les musulmans ne soient autorisés à y prier que s’ils reconnaissaient le site comme un lieu saint juif.

Le mont du Temple, troisième lieu saint de l’islam et site le plus sacré pour les juifs, est au coeur de la vague de violences récente à Jérusalem et dans les Territoires palestiniens.

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