Le gouvernement songerait à un couvre-feu nocturne en semaine
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Le gouvernement songerait à un couvre-feu nocturne en semaine

Alors que le nombre de cas graves a augmenté de 35 en 24 heures pour atteindre 252, les ministres craindraient que les jeunes continuent à se rassembler lorsque les bars fermeront

Des Israéliens piquent-niquent sur la place Dizengoff de Tel Aviv, le 20 mai 2020, alors que tous les restaurants, cafés et bars étaient encore fermés sauf pour les livraisons et les plats à emporter dans le contexte de la crainte de la propagation du coronavirus. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Des Israéliens piquent-niquent sur la place Dizengoff de Tel Aviv, le 20 mai 2020, alors que tous les restaurants, cafés et bars étaient encore fermés sauf pour les livraisons et les plats à emporter dans le contexte de la crainte de la propagation du coronavirus. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Dimanche, de hauts fonctionnaires du gouvernement auraient pesé le pour et le contre de l’imposition d’un couvre-feu en semaine en plus du confinement prévu les week-ends, dans un contexte où l’on craint que les jeunes Israéliens ne se rassemblent dans les parcs et sur les places publiques, en raison de la fermeture des restaurants, des bars et des cafés.

La nouvelle est tombée alors que le nombre de cas en Israël a dépassé les 50 000, s’élevant à 50 289 dimanche soir, dont 28 205 actifs, et que le nombre de personnes dans un état grave a atteint 252, dont 70 sont sous respirateur. Le ministère de la Santé a fait état de 1 438 cas diagnostiqués au cours des dernières 24 heures.

La chaîne Kan a rapporté que des confinements nocturnes étaient envisagés au moins pour le reste des vacances d’été, pendant lesquelles un nombre plus important de jeunes sont enclins à sortir. Sans une telle mesure, certains responsables du gouvernement craignent que les Israéliens commencent à organiser des fêtes chez eux, contre lesquelles la police a plus de mal à lutter, selon Kan.

Alors que le gouvernement a fermé les bars et les boîtes de nuit au début du mois, certaines institutions de la vie nocturne – en particulier à Tel-Aviv – sont restées ouvertes en se faisant passer pour des cafés, bien que ces derniers, ainsi que les restaurants, devront également fermer à partir de mardi matin, sauf pour les services de livraison et de vente à emporter.

Mais les responsables impliqués dans les discussions gouvernementales ont exprimé leur inquiétude sur le fait que la fermeture de ce qui reste de la vie nocturne israélienne ne suffira pas à empêcher les rassemblements, a rapporté Kan, rendant ainsi le confinement nécessaire.

Malgré la fermeture nationale de restaurants, de nombreux habitants de Tel Aviv ont, le 15 mars, commandé des plats à emporter pour les manger sur des tables publiques à proximité. (Crédit : Simona Weinglass / Times of Israël)

On pense que le confinement pendant le week-end, qui n’a toujours pas été ratifié par le gouvernement, est une idée de Dov Schwartz, de l’université Ben Gurion.

M. Schwartz, qui fait partie d’une équipe interdisciplinaire chargée d’étudier la pandémie à Ben Gurion, a déclaré dimanche à la Douzième chaîne que des fermetures la nuit et le week-end étaient nécessaires, ainsi qu’une obligation pour tous les Israéliens de plus de 67 ans de rester chez eux pendant les 30 jours suivants, afin de sauver le système de santé.

Si des mesures drastiques ne sont pas prises rapidement, a-t-il averti, cela pourrait conduire dans trois semaines à un « effondrement total » du système. M. Schwartz a affirmé que celui-ci serait submergé par des patients gravement malades branchés à des respirateurs, les médecins étant obligés de décider qui recevra un appareil respiratoire et qui sera laissé pour mort, comme ce fut le cas en Italie pendant les premiers mois de la pandémie.

Dov Schwartz, chercheur à l’université Ben Gurion, est interviewé par la Douzième chaîne le 19 juillet 2020. (Capture écran/ YouTube)

Dimanche dernier, la commission sur les coronavirus de la Knesset s’est réunie pour examiner les mesures approuvées par le gouvernement au cours du week-end, destinées à réduire le taux d’infection croissant du pays. Le président de la commission a déclaré qu’il n’était pas évident que les restrictions soient la bonne ligne de conduite.

Après des heures de discussion, le panel a finalement demandé au cabinet de revenir sur sa décision de fermer les restaurants à partir de mardi, et de les autoriser à fonctionner à un tiers de leur capacité à l’intérieur, tout en maintenant la distance nécessaire entre les clients à l’extérieur. Il a également demandé que les plages restent ouvertes et que les salles de sport continuent à fonctionner dans le cadre de mesures de distanciation strictes.

La commission se réunira à nouveau lundi pour examiner la réponse du cabinet et voter les mesures.

Les ministres ayant donné leur accord de principe pour imposer des restrictions strictes pour l’ensemble du pays le week-end à partir du vendredi 24 juillet, et averti qu’un confinement national à grande échelle était imminent, la présidente de la commission, la députée Yifat Shasha-Biton (Likud), a déclaré qu’il n’était pas évident que ce genre de mesures soit nécessaire. Ses fonctions seraient menacées par ce que le Premier ministre semble considérer comme un militantisme législatif excessif ; le soutien de son comité est crucial pour que les décisions approuvées par les ministres soient mises en œuvre.

Dans un contexte d’augmentation constante des taux d’infection nationaux, les réglementations annoncées aux premières heures de la journée de vendredi limitent fortement les rassemblements publics jusqu’à nouvel ordre, imposent la fermeture des salles des restaurants dans un avenir prévisible (bien que cette mesure ait été reportée au mardi après la forte opposition des restaurateurs), ordonnent la fermeture définitive des salles de sport et de danse, et prévoient de multiples interdictions le week-end, concernant notamment l’accès aux plages, aux parcs et à d’autres activités de loisirs.

Selon la législation récente, le cabinet peut rapidement adopter des règlements d’urgence sur le coronavirus sans avoir besoin de l’approbation de la Knesset, mais le corps législatif doit approuver les décisions dans un délai d’une semaine, sinon elles sont automatiquement annulées.

Netanyahu et le ministre de la Santé Yuli Edelstein ont averti à plusieurs reprises ces derniers jours que les dernières restrictions étaient nécessaires afin d’éviter un confinement total par la suite.

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