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Le gouvernement veut inciter les Israéliens à trier leurs déchets alimentaires

La réglementation vise à décourager l'enfouissement des matières organiques en rendant cette pratique coûteuse et en encourageant le tri en fournissant des incitations économiques

Une photo illustrative de déchets organiques destinés au compostage. (Crédit : Maerzkind via iStock by Getty Images)
Une photo illustrative de déchets organiques destinés au compostage. (Crédit : Maerzkind via iStock by Getty Images)

Le ministère de la Protection de l’environnement prévoit de commencer à faire pression pour que les déchets organiques ou fermentescibles soient séparés des autres déchets et recyclés, mais n’exigera pas que les autorités locales mettent en œuvre des programmes de collecte séparée de ces déchets, comme cela est plus le cas en Europe.

De nouvelles réglementations ont été rédigées et publiées la semaine dernière afin de recueillir les commentaires de la population avant leur promulgation probable, une mesure qui intervient après des années d’efforts largement vains de la part du ministère pour encourager les ménages et les entreprises à trier les déchets organiques « à la source », lorsque les gens se débarrassent de ces substances.

Alors que le recyclage des bouteilles et du verre est courant dans les municipalités en Israël, seul un petit nombre de conseils municipaux collectent actuellement les déchets fermentescibles séparément des autres types d’ordures.

Les restes de repas et les déchets de jardin représentent environ 40 % du poids total des déchets municipaux en Israël.

Environ un tiers de ces déchets sont séparés après la collecte, compostés et utilisés à des fins de récupération des terres. Lors du processus de compostage, qui ne répond pas aux normes occidentales, les déchets organiques peuvent contenir des restes d’ordures non organiques, comme des bouts de verre.

Le reste est enterré dans des décharges, où il dégage du méthane en se décomposant.

La décharge de Dudaim, la plus grande décharge d’Israël, près de la ville de Rahat, dans le sud d’Israël, le 10 août 2016 (Crédit : Yaniv Nadav/Flash90)

Le méthane généré par les matières organiques dans les décharges d’Israël contribue pour 8 à 10 % des émissions totales de gaz à effet de serre du pays, selon les calculs du ministère. Bien que le méthane reste moins longtemps dans l’atmosphère que le dioxyde de carbone, il peut avoir un effet beaucoup plus néfaste sur le réchauffement de l’atmosphère à court terme, selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat des Nations unies (GIEC).

Avant d’être enterrés, les déchets organiques non séparés peuvent souiller d’autres types de déchets, comme le papier ou le carton, ce qui les rend impropres au recyclage. Une fois décomposés sous terre, les déchets organiques génèrent des odeurs nauséabondes et exsudent des liquides qui polluent le sol et les eaux souterraines.

En revanche, les déchets organiques triés à la source peuvent être recyclés en un compost de haute qualité destiné à l’agriculture, à l’horticulture ainsi qu’à la mise en valeur des terres.

Des ouvriers trient des déchets à l’usine de recyclage de Greenet dans la zone industrielle d’Atarot, au nord de Jérusalem, le 16 juin 2015 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La nouvelle réglementation vise à décourager l’enfouissement des matières organiques en rendant cette pratique plus coûteuse, tout en encourageant le tri avant la collecte en fournissant des incitations économiques aux autorités locales.

La réglementation, si elle est mise en œuvre, interdira aux entreprises de mise en décharge d’enfouir des matières organiques qui n’ont pas été préalablement traitées contre les émissions de méthane (via différentes formes de compostage).

Étant donné qu’il n’existe pas encore en Israël d’installations de compostage à grande échelle répondant aux normes internationales, le ministère invite les autorités locales à soumettre des offres pour une partie des 600 millions de shekels qu’il a réservés pour la construction, la modernisation et l’exploitation de telles installations, et s’engage à financer jusqu’à 60 % de chaque projet.

Le gouvernement versera également aux autorités locales qui obtiennent des ménages qu’ils séparent leurs déchets organiques des autres déchets 80 shekels par tonne de déchet – soit à peu près le montant qui est payé en Europe.

Des passants passent devant une poubelle recueillant les déchets organiques installée pour permettre aux résidents de séparer leurs déchets organiques à New York. (Crédit : AP Photo/Stephen Groves)

Environ 5,8 millions de tonnes de déchets municipaux sont générés chaque année en Israël, le volume total augmentant en moyenne de 2,6 % par an, ce qui correspond à la croissance démographique.

En 2006, le gouvernement a introduit un plan directeur de gestion durable des déchets solides, qui fixait de nouveaux objectifs pour les gouvernements nationaux et locaux, notamment la réduction de la quantité totale de déchets en général, et l’atteinte d’un taux de recyclage de 50 % d’ici 2015. Ce plan a échoué.

En 2009, le ministre de l’Environnement de l’époque, Gilad Erdan (actuellement ambassadeur d’Israël auprès des Nations unies), a tenté d’introduire des poubelles pour les matières organiques dans les foyers afin que les déchets fermentescibles puissent être séparés et collectés à la source.

Mais cette initiative a également échoué. Le public n’était pas suffisamment sensibilisé au recyclage et les installations permettant de composter les déchets n’existaient pas.

En juin 2020, l’ancienne ministre de la Protection de l’environnement, Gila Gamliel, a fixé un objectif pour les dix prochaines années : réduire la quantité de déchets envoyés en décharge de 80 % à 20 %.

En 2021, le gouvernement a fixé des objectifs nationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de transition vers une économie à faible émission de carbone, déterminant que les émissions provenant des déchets solides devraient diminuer de 47 % d’ici 2030, par rapport à 2015.

L’Union européenne a annoncé qu’elle mettrait en œuvre la séparation à la source de tous les déchets organiques commerciaux et institutionnels d’ici décembre 2023, après quoi des objectifs annuels contraignants seront fixés.

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