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Le Hamas met en garde Israël si la Marche du drapeau a lieu comme prévu

L'année dernière, le groupe terroriste a tiré des roquettes sur Israël durant Yom Yeroushalayim. Le parcours de cette année est toujours en attente de validation par le cabinet

Des Israéliens agitent des drapeaux israéliens et dansent pendant la Marche du drapeau devant la porte de Damas de la Vieille Ville de Jérusalem, en célébration de l'annexion de la partie orientale de Jérusalem en 1967, le 15 juin 2021. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)
Des Israéliens agitent des drapeaux israéliens et dansent pendant la Marche du drapeau devant la porte de Damas de la Vieille Ville de Jérusalem, en célébration de l'annexion de la partie orientale de Jérusalem en 1967, le 15 juin 2021. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, a mis en garde Israël, dans un discours prononcé dimanche, contre le fait de permettre aux Israéliens de droite de mener la semaine prochaine la « Marche du drapeau » annuelle de Yom Yeroushalayim dans la Vieille Ville de Jérusalem, un an après que le Hamas a tiré des roquettes sur Jérusalem lors de la dernière édition de cet événement.

« Je veux clairement mettre en garde l’ennemi contre ces crimes et ces marches. Le peuple palestinien, mené par la résistance – en particulier ceux de Cisjordanie et de Jérusalem – ne permettra pas que ces bêtises juives et talmudiques restent impunies », a déclaré Haniyeh, s’exprimant par vidéo devant une foule à Gaza.

« Notre décision est claire et sans appel… Nous résisterons de toutes nos forces et nous ne permettrons pas de violation sur le site de la mosquée Al-Aqsa ou la voyoucratie dans les rues de Jérusalem », a déclaré Haniyeh.

La semaine dernière, le ministre de la Sécurité intérieure Omer Barlev a annoncé que la Marche se déroulerait de la même manière que les années précédentes.

Selon l’itinéraire autorisé par Barlev, les participants emprunteront la route de Jaffa jusqu’à la porte de Damas, dont l’accès sera interdit aux Palestiniens. Ils poursuivront leur chemin à travers la Vieille Ville, en empruntant la rue Hagai (Al-Wad en arabe) dans le quartier musulman, pour parvenir au mur Occidental.

L’itinéraire doit encore être approuvé par le Premier ministre Naftali Bennett. Mais l’annonce de Barlev a immédiatement suscité la controverse au sein de la coalition, les législateurs de gauche attaquant la décision, affirmant qu’elle risquait de déclencher une escalade de violence de la part des groupes terroristes palestiniens.

Yom Yeroushalayim commémore la conquête par Israël de la Vieille Ville et de Jérusalem-Est sur la Jordanie, lors de la guerre des Six Jours en 1967, en même temps que l’extension de la souveraineté d’Israël à toute la ville. Il est surtout célébrée par les Juifs nationaux-religieux qui défilent dans la capitale en dansant avec des drapeaux israéliens.

Les Arabes de la Vieille Ville voient en cet événement une provocation doublée d’une démonstration de force à leur encontre.

Le chef du Hamas Ismail Haniyeh pendant une conférence de presse après une rencontre avec le président libanais Michel Aoun au palais présidentiel à l’est de Beyrouth, au Liban, le 28 juin 2021. (Crédit : Dalati Nohra/ Lebanese Official Government via AP)

La Marche de l’année dernière a eu lieu alors que les tensions montaient en flèche entre Israël et les Palestiniens à Jérusalem. La police israélienne s’était heurtée à plusieurs reprises à des Palestiniens sur le site sacré du Mont du Temple, lieu de tension, pendant les derniers jours du mois sacré du Ramadan, faisant des centaines de blessés. Les tensions étaient également liées aux expulsions potentielles de Palestiniens du quartier Sheikh Jarrah de Jérusalem-Est.

En 2021, l’itinéraire de la Marche, passant par la porte de Damas, avait été modifié en dernière minute, en raison de tensions accrues sur le mont du Temple et de menaces répétées de la part du Hamas, à Gaza.

La police s’est déployée dans la Vieille Ville pour tenter d’empêcher les marcheurs israéliens d’atteindre la porte de Damas.

Mais le Hamas a néanmoins tiré des roquettes en direction de Jérusalem pendant la Marche. Les sirènes ont retenti dans la capitale tandis que les participants se précipitaient pour se mettre à l’abri.

Les tirs de roquettes ont déclenché l’année dernière une guerre de 11 jours entre Israël et les groupes terroristes de Gaza. Le Hamas a juré de ne pas permettre à Israël de répéter ce rassemblement annuel.

Dans son discours, Haniyeh a noté avec satisfaction que « cette marche a été anéantie par les roquettes Al-Qassam il y a un an » – une référence à la branche militaire du groupe terroriste.

Des Israéliens s’abritent alors qu’une sirène retentit pour prévenir de l’arrivée de roquettes en provenance de la bande de Gaza, lors de la Journée de Jérusalem, à Jérusalem, le 10 mai 2021. (Crédit : Flash90)

Un porte-parole masqué d’un ensemble de groupes terroristes de Gaza, dont le Hamas, a fait des commentaires après le discours de Haniyeh. Flanqué de quatre hommes armés, il a également menacé Israël au sujet de la Marche du drapeau.

« Notre peuple ne permettra absolument pas à Israël de briser les règles d’engagement et de permettre un retour aux provocations », a déclaré le porte-parole à la foule rassemblée à Gaza.

Cette année encore, la Marche se déroulera dans un contexte de fortes tensions entre Israël et les Palestiniens. Depuis le 22 mars, une vague d’attaques terroristes meurtrières a frappé les villes israéliennes, faisant 19 morts – une vague de violence des plus sanglantes en dehors des guerres depuis plusieurs années.

Les contre-attaques israéliennes en Cisjordanie ont fait au moins 30 morts parmi les Palestiniens au cours de la même période. Beaucoup étaient des hommes armés impliqués dans des échanges de tirs avec des soldats israéliens ou ont pris part à des affrontements violents. D’autres étaient des civils apparemment non impliqués, comme la journaliste d’Al Jazeera Shireen Abu Akleh, qui a été tuée par balle début mai à Jénine dans des circonstances toujours contestées, suscitant un tollé international.

Le député Itamar Ben Gvir et des militants de droite à une « Marche du drapeau », qui devait rallier la Vieille Ville de Jérusalem, mais qui s’est arrêtée place Tzahal, le 20 avril 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Des violences ont à nouveau eu lieu durant le mois sacré du Ramadan. Les Palestiniens et la police israélienne se sont affrontés à plusieurs reprises sur le site du Mont du Temple, bien que les tensions n’aient pas dégénéré en violence généralisée. Les Juifs considèrent le sommet de la colline comme le site le plus sacré de leur religion, tandis que les musulmans le considèrent comme le troisième lieu saint de l’islam.

Alors que les tensions atteignaient leur paroxysme fin avril, plusieurs centaines de manifestants nationalistes prévoyaient de mener une « Marche du drapeau » à travers différentes zones sous tension de Jérusalem afin de s’opposer au gouvernement actuel et de réaffirmer la présence juive dans la ville et sur ses lieux saints.

Le Hamas a menacé de réagir violemment si cette marche avait lieu, affirmant que son « doigt était sur la gâchette ».

Les organisateurs de l’événement avaient initialement prévu d’entrer dans la Vieille Ville par la porte de Damas, directement dans le quartier musulman, et de poursuivre jusqu’au mur Occidental.

En réalisant ce projet, les manifestants se seraient heurtés de front à des foules de fidèles musulmans, réunies dans la Vieille Ville les heures qui ont précédé la rupture du jeûne du Ramadan.

Avec une présence minimale mais croissante, la police israélienne est parvenue à contenir la manifestation – à laquelle Itamar Ben Gvir, législateur d’extrême droite à la Knesset a participé – en bloquant l’accès de la place Tzahal à la porte de Damas – une bande de route qui sépare les parties ouest et est de Jérusalem. La journée s’était finalement déroulée sans attaque du groupe terroriste de Gaza.

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