Rechercher

Le Hamas publie des images d’un captif israélien sous oxygène

Il s'agit de la première image de Hisham al-Sayed depuis son enlèvement en 2015. Le Hamas aurait proposé un accord pour l'échanger contre des détenus palestiniens malades

Vidéo d’un homme que le Hamas présente comme le prisonnier israélien Hisham al-Sayed, publiée le 28 juin 2022. (Crédit : Capture d’écran/Twitter)
Vidéo d’un homme que le Hamas présente comme le prisonnier israélien Hisham al-Sayed, publiée le 28 juin 2022. (Crédit : Capture d’écran/Twitter)

Le Hamas a publié mardi une vidéo d’Hisham al-Sayed, l’un des deux Israéliens détenus par le groupe terroriste dans la bande de Gaza, manifestement malade : il s’agit de la première image de l’otage depuis des années.

Dans cette vidéo, on voit al-Sayed sous oxygène. Les images ne sont pas datées, mais elles semblent récentes, car la conférence diffusée à la télévision sur la chaîne arabe d’Al Jazeera, en second plan, s’est tenue le 21 juin.

La vidéo donne également à voir la carte d’identité israélienne d’al-Sayed.

L’aile militaire du Hamas avait affirmé lundi soir que « la santé de l’un de ses prisonniers israéliens s’était détériorée », après des années de tentatives infructueuses pour parvenir à un accord sur l’échange de prisonniers.

Al-Sayed, Israélien bédouin, s’était rendu volontairement dans la bande de Gaza en 2015. Sa famille dit qu’il souffre de troubles mentaux.

C’est la toute première fois que la famille d’al-Sayed voit le détenu depuis sept ans. Ce long silence les avait amenés à craindre que leur fils était décédé en captivité.

« C’est la première fois que je vois son visage en sept ans. Cela nous rassure. Il prenait des médicaments au moment de sa disparition et j’espère qu’ils les lui donnent »,a déclaré son père Shaaban al-Sayed à la Douzième chaîne.

Il a lancé un appel au Hamas, leur demandant de « le libérer immédiatement. Il est malade et a besoin de soins en continu. »

Al-Mayadeen, une chaîne de télévision libanaise, a déclaré mardi que le Hamas était prêt à « procéder au plus vite à un échange de prisonniers pour des motifs humanitaires », à savoir échanger al-Sayed contre tous les prisonniers palestiniens malades dans des prisons israéliennes. Al-Mayadeen est considéré comme proche des groupes terroristes du Hamas et du Hezbollah.

La demande du Hamas constituerait un changement dans l’approche habituelle du groupe terroriste islamiste en matière de négociation. Le Hamas a pour habitude d’exiger la libération de ses prisonniers sur la seule preuve de la vie de prisonniers israéliens. Or, le groupe terroriste aurait publié ces dernières images, mardi, sans rien exiger d’Israël, du moins publiquement.

La liste des prisonniers palestiniens malades comprend de nombreux condamnés à de lourdes peines pour motifs de sécurité, parmi lesquels Nasser Abu Hmeid, cerveau des attaques terroristes de la deuxième Intifada, atteint d’un cancer.

Le cabinet du Premier ministre Naftali Bennett a qualifié la décision du Hamas de diffuser les images d’al-Sayed « d’acte désespéré et odieux ».

Dans un communiqué, le Hamas a erronément présenté al-Sayed, ainsi que le deuxième prisonnier israélien, Avera Mengistu, comme des soldats.

« Hisham al-Sayed n’est pas un soldat, mais un citoyen israélien souffrant de troubles mentaux, dont le seul tort a été de se rendre dans la bande de Gaza », a déclaré le cabinet du Premier ministre dans un communiqué.

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid s’est indigné de ces images, preuves selon lui que le Hamas est « une organisation terroriste méprisable ». Il en a d’ailleurs appelé à l’Organisation mondiale de la santé et à la Croix-Rouge, pour qu’elles condamnent le Hamas pour « conduite inhumaine ».

« Israël tient le Hamas directement responsable du sort des civils détenus en violation du droit international. Il s’agit de deux malades mentaux. Les garder ainsi captifs depuis des années relève d’une cruauté inexcusable », a ajouté Lapid.

Le ministre de la Défense, Benny Gantz, a déclaré que la « crédibilité de la vidéo posait question » et qu’elle était « une manœuvre d’extorsion ».

Le groupe terroriste détient actuellement deux Israéliens vivants – Mengistu et al-Sayed – et vraisemblablement la dépouille de deux soldats israéliens, Oron Shaul et Hadar Goldin.

La Douzième chaîne a indiqué qu’Israël avait fait savoir au Hamas, par divers canaux, qu’il tiendrait le groupe terroriste responsable si la santé de l’un de ses captifs se détériorait.

Israël tente depuis des années d’obtenir le retour des deux prisonniers et des dépouilles des soldats, par le biais d’un échange de prisonniers avec le groupe terroriste. Les services de renseignement égyptiens, qui entretiennent des liens étroits à la fois avec Israël et le Hamas, servent souvent d’intermédiaire en la matière.

Le radiodiffuseur public Kan a rapporté mardi soir qu’Israël envisageait de se tourner vers d’autres médiateurs pour relancer les pourparlers, aujourd’hui au point mort. Le cabinet de Bennett a reproché au Hamas d’avoir « entravé les pourparlers ».

Mengistu et al-Sayed ont tous deux des antécédents de maladie mentale. Les deux citoyens israéliens se sont volontairement rendus dans la bande de Gaza entre 2014 et 2015, et sont depuis retenus prisonniers par le Hamas.

Avera Avraham Mengistu, non datée. (Crédit : famille Mengistu via AP)

Les deux soldats, Shaul et Goldin, ont quant-à-eux été tués pendant la guerre de Gaza, en 2014. Les deux familles ont demandé à plusieurs reprises au gouvernement israélien de faire pression pour qu’un échange de prisonniers ait lieu, afin de récupérer la dépouille de leurs proches.

Israël et le Hamas ont tenu des pourparlers indirects en vue d’un échange de prisonniers. Un accord du même ordre, conclu pour obtenir la libération du soldat israélien Gilad Shalit des griffes du Hamas, avait permis de libérer 1 027 prisonniers de sécurité palestiniens, parmi lesquels nombre de terroristes condamnés.

L’échange de 2011 pour la libération de Shalit avait été sujet à controverse, de nombreux membres des forces de l’ordre israélien en dénonçant le caractère très avantageux pour le Hamas. Nombre des 1 027 prisonniers libérés ont ensuite repris du service dans des activités terroristes, comme Yahya Sinwar, aujourd’hui gouverneur du Hamas à Gaza.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...