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Le Hamas refuse de donner des infos sur la santé des otages ; les discussions reprennent au Caire

Au moment où les délégations se préparent pour un nouveau round de négociations, l'armée a indiqué avoir frappé 50 cibles du Jihad islamique palestinien à Khan Younès, cette nuit

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Les familles des Israéliens kidnappés par les terroristes à Gaza et leurs soutiens réclament la libération des captifs à Jérusalem, le 2 mars 2024. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)
Les familles des Israéliens kidnappés par les terroristes à Gaza et leurs soutiens réclament la libération des captifs à Jérusalem, le 2 mars 2024. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

Un haut-responsable du Hamas a affirmé, dimanche, qu’un cessez-le-feu à Gaza pourrait être sécurisé « dans les 24 à 48 heures » si Israël acceptait les demandes soumises par le groupe terroriste dans les négociations en cours – des pourparlers tombés dans l’impasse suite au refus opposé par le Hamas de fournir à l’État juif une liste des otages israéliens qui sont encore en vie.

« Si Israël accepte les demandes soumises par le Hamas, avec notamment le retour des Palestiniens déplacés dans le nord de Gaza et une augmentation des aides humanitaires pour la population, la voie serait ouverte à un accord de trêve dans les prochaines 24 ou 48 heures », a déclaré l’officiel du Hamas, qui n’a pas été identifié, à l’AFP alors qu’une délégation du groupe terroriste arrivait au Caire pour des discussions sur un accord prévoyant un cessez-le-feu temporaire en échange de la remise en liberté d’otages conservés en captivité dans la bande.

Le responsable du Hamas a noté que l’organisation demandait l’entrée « d’au-moins 400 à 500 camions par jour » transportant des produits alimentaires, des médicaments et du carburant dans le cadre de cet accord de trêve.

Ces propos tenus par le responsable du Hamas – qui a attribué à Israël la responsabilité de l’incapacité des deux parties à conclure un accord – viennent contredire des paroles prononcées par un haut-responsable américain qui a fait savoir, samedi, que l’État juif avait accepté le cadre d’un accord prévoyant une pause dans les combats de six semaines et que la finalisation d’un éventuel accord dépendait maintenant de la bonne volonté affichée par le Hamas concernant la remise en liberté des otages.

Même si le groupe terroriste semble affirmer que c’est l’absence de réponse positive apportée par l’État juif aux demandes formulées par le Hamas qui serait à l’origine des pourparlers dans l’impasse, un responsable du Hamas a déclaré au journal Al-Araby Al-Jadeed, dont le siège est au Royaume-Uni, que l’organisation ne donnerait aucun détail sur les otages si Israël n’acceptait pas d’en payer le prix – « un prix élevé », a-t-il précisé.

« C’est un prix élevé qui doit être payé pour alléger les souffrances de la population de Gaza et pour mettre en place un cessez-le-feu », a-t-il dit, signalant que le groupe n’était pas prêt à répondre positivement à la demande soumise.

Les espoirs portant sur la conclusion d’un accord, dans la série des pourparlers actuels, avaient fait leur apparition la semaine dernière, après des discussions placées sous l’égide du Qatar et de l’Égypte à Doha – et le président américain Joe Biden avait indiqué, avec prudence, qu’un accord était proche. Biden a toutefois reconnu vendredi que ce dernier restait hors de portée pour le moment mais qu’il espérait encore qu’il pourrait être finalisé pour le début du mois sacré musulman du ramadan, qui commencera le 10 ou le 11 mars, en fonction du calendrier lunaire.

Des activistes participent à un rassemblement réclamant le retour des otages dans le centre-ville de Jérusalem, le 2 mars 2024. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

Si un accord devait être conclu, ce serait le deuxième en son genre dans le cadre de la guerre qui a suivi l’attaque meurtrière commise par le Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre. Un premier accord avait ouvert la porte à une trêve dans les combats, à Gaza, qui avait duré sept jours. 105 otages avaient été remis en liberté à cette occasion en échange de 240 prisonniers palestiniens qui étaient incarvérés sur le sol israélien pour atteinte à la sécurité nationale.

130 otages sont encore détenus à Gaza – tous ne seraient plus en vie – après la libération de 105 civils au cours d’une trêve qui a duré une semaine, à la fin du mois de novembre. Quatre otages avaient été relâchées avant cette pause. Trois ont été secourus par les soldats et les corps sans vie de onze captifs ont aussi été rapatriés, notamment ceux des trois Israéliens qui, étant parvenus à échapper à leurs ravisseurs, ont été accidentellement tués par les soldats israéliens. L’armée a bien confirmé la mort de 31 otages qui se trouvent encore dans la bande, citant de nouveaux renseignements et d’autres informations obtenues par les troupes, sur le terrain. Par ailleurs, une personne, Bilha Yinon, est encore considérée comme portée disparue depuis le 7 octobre, et son sort reste inconnu.

Le Hamas détient également les dépouilles de deux soldats tués au combat en 2014, Oron Shaul et Hadar Goldin. Il garderait aussi en détention deux civils israéliens, Avera Mengistu et Hisham al-Sayed, qui seraient encore en vie après être entrés dans la bande de leur propre gré en 2014 et 2015.

De son côté, le ministère de la Santé placé sous l’autorité du Hamas, à Gaza, a annoncé dimanche que la guerre avait fait plus de 30 400 morts et 71 700 blessés du côté palestinien. Des chiffres invérifiables et qui comprendraient à la fois les victimes civiles et les membres du Hamas qui ont été tués à Gaza. Dans ce bilan figurent également les personnes qui ont été tuées par les tirs de roquette errants des factions terroristes qui, manquant leur trajectoire, sont retombées dans la bande.

De son côté, l’armée israélienne déclare avoir tué plus de 13 000 terroristes du Hamas en plus d’un millier d’hommes armés qui avaient été abattus sur le sol israélien, le 7 octobre.

Dimanche, l’armée a indiqué qu’elle avait mené une série de bombardements aériens contre cinquante cibles du Hamas à l’ouest de Khan Younès en l’espace de seulement six minutes, pendant la nuit, afin de permettre aux troupes terrestres de la 98e Division de manœuvrer dans de nouveaux secteurs de cette ville du sud de Gaza.

Les troupes de la Brigade des Commandos lors d’une opération à Khan Younès, une image diffusée par l’armée en date du 2 mars 2024. (Crédit : Armée israélienne)

Selon les militaires, les frappes ont visé des infrastructures souterraines, des bâtiments utilisés par le Hamas, des positions de lancement antichar, des bâtiments piégés et des zones de rassemblement où se trouvaient des agents

Après la vague de frappes, la 98e division « a lancé un assaut surprise sur la zone, au cours duquel les troupes ont mené des raids contre des cibles terroristes et éliminé des terroristes », a indiqué Tsahal. Les combats étaient encore d’une forte intensité dans la matinée de dimanche.

Par ailleurs, dans le centre de Gaza, Tsahal a annoncé que la Brigade Nahal avait tué des dizaines de membres du Hamas au cours des dernières vingt-quatre heures, notamment en appelant des frappes aériennes en renfort. Les soldats ont également saisi des armes.

Suite à un incident meurtrier survenu jeudi dans le nord de Gaza – plus de cent Palestiniens auraient été tués alors qu’il se ruaient sur les camions qui transportaient les aides humanitaires, à Gaza City, un incident qui a aussi fait des centaines de blessés – le porte-parole de l’armée israélienne, le contre-amiral Daniel Hagari, a répété dimanche que Tsahal s’engageait à garantir que les civils qui se trouvent dans les secteurs les plus isolés de la bande de Gaza, parce que très endommagés, auraient bien accès à une assistance vitale.

Dans une déclaration en anglais qui a été filmée, Hagari a expliqué que les soldats avaient « coordonné » un total de 21 largages dans la bande de Gaza au cours des dernières semaines, par les États-Unis, la Jordanie, la France, les Émirats arabes unis et l’Égypte, avec plus de 450 paquets de nourriture et d’aide médicale distribués aux civils palestiniens.

De l’aide humanitaire pour les Gazaouis embarquée dans un avion-cargo de l’armée américaine avant un parachutage au-dessus de l’enclave, le 2 mars 2023. (Crédit : US Central Command photo)

Ce sont plus de 450 livraisons de produits alimentaires et d’aide médicale qui ont été parachutées en tout au-dessus de la bande à destination des civils dans le besoin. Le dernier largage a eu lieu samedi, et il a été initié par les États-Unis et par la Jordanie.

Trois responsables de l’administration Biden ont confirmé après ce parachutage que les avions avaient largué « des repas prêts à être consommés » – comme ceux qui sont mis à disposition des militaires – sur des sites qui, selon eux, offrent aux civils une grande sécurité s’agissant de l’accès à l’assistance humanitaire. Les États-Unis ont ensuite contrôlé les sites et ils ont pu voir les civils s’approcher et distribuer les repas eux-mêmes, ont continué les responsables, qui se sont exprimés sous couvert d’anonymat.

« Nous continuerons à étendre nos efforts humanitaires à la population civile de Gaza tout en réalisant nos objectifs de libérer nos otages du Hamas et de libérer Gaza du Hamas », a affirmé Hagari.

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