Israël en guerre - Jour 289

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Israël a accepté un cadre de trêve et tout dépend dorénavant du Hamas, selon les États-Unis

Un officiel de Washington a mis en garde contre un trop plein d'espérance ; une délégation du Hamas est au Caire ; Israël n'enverra pas de représentants en Égypte avant d'avoir eu la liste des otages encore en vie

Les familles d'Israéliens retenus en otage par les terroristes du Hamas à Gaza et leurs partisans manifestent pour la libération des captifs à Jérusalem, le 2 mars 2024. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)
Les familles d'Israéliens retenus en otage par les terroristes du Hamas à Gaza et leurs partisans manifestent pour la libération des captifs à Jérusalem, le 2 mars 2024. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

Israël a approuvé un cadre ouvrant la voie à un accord de trêve à Gaza – une proposition qui permettrait à certains otages détenus par le Hamas de recouvrer la liberté. Et c’est au groupe terroriste au pouvoir dans la bande d’accepter l’ébauche dorénavant, a indiqué un haut-responsable de l’administration américaine samedi, vingt-quatre heures avant la reprise des pourparlers en vue de cet accord. Ces négociations de premier plan vont être relancées en Égypte.

Les médiateurs internationaux s’efforcent depuis des semaines de conclure un accord qui permettrait aux combats de faire une pause avant le début du mois sacré du ramadan, le 10 mars. L’accord comprendrait l’acheminement d’une assistance humanitaire supplémentaire dont des centaines de milliers de Palestiniens, dans le nord de Gaza, ont un besoin désespéré, alors que les responsables internationaux évoquent la menace de la famine.

Les Israéliens « ont plus ou moins » endossé la proposition. Elle prévoit un cessez-le-feu de six semaines et la libération, par le Hamas, des otages kidnappés lors du massacre du 7 octobre qui sont considérés comme les plus vulnérables – les malades, les blessés, les personnes âgées et les femmes, a précisé l’officiel.

« Aujourd’hui, la balle est dans le camp du Hamas et nous continuons à faire la promotion de cette proposition avec autant de vigueur que possible », a-t-il déclaré, s’exprimant sous couvert d’anonymat, conformément aux directives mises en place par la Maison Blanche concernant les échanges avec les journalistes.

« Les otages doivent être relâchés », a insisté le responsable au cours d’une visioconférence. « L’accord est fondamentalement là. Mais je ne veux pas créer d’attente des deux côtés », a-t-il averti.

La guerre a éclaté, le 7 octobre, quand les hommes armés du Hamas, franchissant la frontière séparant l’État juif de l’enclave, ont semé la désolation dans le sud d’Israël. Ils ont tué 1 200 personnes, majoritairement des civils, se livrant à des atrocités, violant leurs victimes et commettant des actes de torture. Ils ont aussi enlevé, ce jour-là, 253 personnes qui ont été prises en otage dans la bande de Gaza.

Israël a lancé, en guise de réponse, une campagne militaire dont l’objectif est de renverser le régime du Hamas et de garantir la libération des otages.

Les soldats de Tsahal mènent une opération dans la bande de Gaza sur une photo non-datée diffusée le 2 mars 2024. (Crédit : Armée israélienne)

Des délégations israélienne et du Hamas devaient arriver au Caire dimanche, ont indiqué deux sources proches des services de sécurité égyptiens, même si une autre source ayant connaissance de l’organisation des pourparlers a précisé qu’Israël n’enverrait pas de représentant avant d’avoir obtenu la liste des otages encore en vie.

Les espoirs de pause dans les combats étaient nés après une série de discussions qui avait eu lieu sous l’égide du Qatar et de l’Égypte, à Doha. Le président américain Joe Biden avait laissé penser qu’un accord était à portée de main.

Le Hamas n’a pas renoncé à une demande déterminante – celle d’une trêve temporaire qui devrait marquer obligatoirement le début d’un processus dont l’aboutissement serait un cessez-le-feu permanent, ont indiqué des sources égyptiennes et du Hamas. Une possibilité qui a été catégoriquement rejetée par l’État juif.

Des sources égyptiennes ont indiqué que des assurances avaient été offertes au Hamas et que les termes d’un cessez-le-feu permanent seraient débattus dans la deuxième phase et dans la troisième phase de l’accord. La durée de la pause initiale – elle devrait être de six semaines – a d’ores et déjà été convenue, ont souligné les sources.

Le Hamas n’a pas répondu à une demande de commentaire concernant les assurances qui ont été données, ne disant pas si ces garanties étaient, à ses yeux, suffisantes pour accepter la mise en œuvre de cette trêve de six semaines.

« S’agissant de l’arrêt de la guerre et du retrait total des forces israéliennes à Gaza, les différends entre les deux parties restent intacts », a commenté un officiel palestinien proche des équipes de médiation.

Les manifestants réclamant le retour des otages à Gaza arrivent à Jérusalem après une marche de quatre jours dans la ville, le 2 mars 2024. (Crédit :Charlie Summers/Times of Israel)

Des sources égyptiennes proches des services de sécurité ont déclaré que les intermédiaires avaient évoqué des options susceptibles de convaincre l’État juif d’accepter un cessez-le-feu permanent, notamment l’établissement d’une zone-tampon de sécurité entre Israël et la bande de Gaza et des arrangements qui permettraient à l’armée israélienne de contrôler conjointement la frontière que partage l’Égypte avec l’enclave côtière.

Le haut-responsable américain, largement au fait des négociations antérieures sur les otages, a affirmé que pour sa part, l’État juif ne participera plus à des discussions avant que le Hamas révèle clairement le nombre d’otages qui devraient être libérés et le nombre de captifs qui sont encore en vie à l’heure actuelle.

Israël veut aussi s’accorder avec le Hamas sur le nombre de prisonniers palestiniens, incarcérés pour atteinte à la sécurité nationale au sein de l’État juif, qui recouvreront la liberté en échange de chaque otage, a ajouté la source qui a refusé d’être identifiée.

« Aucune délégation n’ira au Caire avant que le Hamas n’apporte des réponses », a-t-elle continué.

La conclusion d’un accord de trêve nécessite aussi de trouver un accord sur le retrait des forces israéliennes dans le nord de Gaza et sur le retour des résidents déplacés dans le sud de l’enclave côtière, ont expliqué les sources égyptiennes, même si la source américaine proche des pourparlers a noté que pour Israël, le retour des Palestiniens déplacés dans le nord de Gaza n’était pas la principale question.

La proposition de trêve comprend également un engagement en faveur d’un renforcement de l’acheminement de l’aide humanitaire au sein de l’enclave, où la pénurie de produits alimentaires et de médicaments est grave.

Des Palestiniens inspectent les destructions occasionnées par l’offensive israélienne dans le camp de réfugiés de Jabaliya, dans la bande de Gaza, le 29 février 2024. (Crédit : AP/Mahmoud Essa)

S’exprimant devant les journalistes au sujet d’un cessez-le-feu et alors qu’il quittait la Maison Blanche, vendredi, Biden a dit que « nous n’y sommes pas encore ».

Des sources proches des services de sécurité israéliens ont néanmoins déclaré que les négociateurs égyptiens et américains étaient encore optimistes face à la possibilité d’un accord, complet ou partiel, qui pourrait être finalisé d’ici le milieu de la semaine prochaine.

Israël, le Hamas, l’Égypte, le Qatar et le département d’État américain n’ont pas répondu à une demande de commentaire.

De son côté, le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est dit pessimiste quant à la conclusion d’un éventuel accord entre Israël et le Hamas, accusant le groupe terroriste de continuer à donner des réponses évasives à Israël et de ne pas rechercher de bonne foi un compromis. « Nous sommes devant un mur de briques de réclamations délirantes, irréalistes de la part du Hamas », a dit Netanyahu lors d’une conférence de presse organisée au quartier-général de l’armée, la Kirya, à Tel Aviv. Il a ajouté que le groupe terroriste « sait pertinemment que ses demandes sont délirantes et il ne tente même pas de faire quelques pas pour se rapprocher d’un terrain d’entente. Telle est la situation actuelle ».

Il a aussi expliqué qu’il demandait à voir les noms de tous les otages qui seront remis en liberté avant d’accepter un accord.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’exprime lors d’une conférence de presse télévisée en soirée, le 29 février 2024. (Crédit : Capture d’écran)

Un haut-responsable égyptien a expliqué que son pays et le Qatar attendaient que le Hamas donne sa réponse sur les dernières propositions qui ont été faites au cours des discussions qui commenceront dimanche.

Israël et le Hamas avaient mis en place une trêve d’une semaine à la fin du mois de novembre. Cette pause de sept jours dans les combats avait été l’occasion de la remise en liberté de 105 captifs -majoritairement des femmes, des enfants et des ressortissants étrangers – en échange de la libération d’environ 240 prisonniers palestiniens incarcérés en Israël. La guerre s’était alors brièvement arrêtée.

Biden a déclaré, au début de la semaine dernière, qu’il espérait qu’un accord pourrait être conclu dès lundi. L’accord prévoirait une pause dans les combats de six semaines. Il est depuis revenu sur ce calendrier alors que les intermédiaires continuent leurs efforts de négociation.

Les soldats de Tsahal mènent une opération dans la bande de Gaza sur une photo non-datée diffusée le 2 mars 2024. (Crédit : Armée israélienne)

Des développements de la situation qui ont eu lieu alors que des milliers de personnes, les familles d’otages et leurs soutiens, sont arrivées à Jérusalem, samedi, à l’issue d’une marche de quatre jours – elles étaient parties de la frontière avec Gaza – pour prendre part à un rassemblement sommant le gouvernement de trouver un accord qui permettrait à leurs êtres chers de recouvrer la liberté. Une demande qui survient dans un contexte de frustration croissante du public face à la détention prolongée des captifs.

Le ministère de la Santé du Hamas, à Gaza, a fait savoir que 30 000 Palestiniens ont perdu la vie dans le conflit jusqu’à présent. Des chiffres invérifiables et qui comprendraient à la fois les victimes civiles et les membres du Hamas qui ont été tués à Gaza. Dans ce bilan figurent également les personnes qui ont été tuées par les tirs de roquette errants des factions terroristes qui, manquant leur trajectoire, sont retombées dans la bande.

De son côté, l’armée israélienne déclare avoir tué plus de 13 000 terroristes du Hamas en plus d’un millier d’hommes armés qui avaient été abattus sur le sol israélien, le 7 octobre. Depuis le début de l’offensive terrestre à Gaza, à la fin du mois d’octobre, ce sont 245 soldats israéliens qui sont tombés au champ d’honneur.

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