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Les familles des otages à Jérusalem après 4 jours de marche ; les manifestants réclament des élections

Les marcheurs réclamant un accord - devenus plus nombreux au fil de leur avancée - ont fait leur entrée par milliers dans la capitale

Les familles des otages et leurs soutiens à la fin d'une marche de quatre jours vers Jérusalem, le 2 mars 2024. (Crédit : Yael Gadot/Pro-democracy protest groups)
Les familles des otages et leurs soutiens à la fin d'une marche de quatre jours vers Jérusalem, le 2 mars 2024. (Crédit : Yael Gadot/Pro-democracy protest groups)

Les familles des otages détenus par les terroristes du Hamas dans la bande de Gaza, rejointes par des milliers de personnes, sont arrivées à Jérusalem samedi en début de soirée après quatre jours de marche de la frontière de Gaza à la capitale. Dans la foulée, un rassemblement a été organisé.

De leur côté, d’autres manifestants qui s’opposent au gouvernement se sont réunis à Tel Aviv et dans tout le pays, une semaine après des scènes de chaos caractérisées par des violences perpétrées par des policiers à cheval et par l’utilisation de canons à eau contre les protestataires.

Des familles d’Israéliens kidnappés par les terroristes du Hamas à Gaza et des citoyens participent à une grande marche vers Jérusalem, le 2 mars 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les familles des captifs et leurs soutiens sont partis mercredi matin du kibboutz Reim en direction de Jérusalem sous la bannière « Unis pour la libération des otages ».

Vendredi, les marcheurs – qui ont été rejoints par Benny Gantz, ministre au sein du cabinet de guerre – ont organisé une « marche des brancards » en hommage aux soldats en captivité à Gaza.

15 000 personnes environ ont rejoint la marche samedi, ont annoncé les organisateurs. Le nombre de participants n’a cessé d’augmenter au fil de l’arrivée de l’important cortège à Jérusalem, dans la soirée.

Après avoir passé la nuit du vendredi au kibboutz Tzora, les marcheurs se sont lancés dans la dernière étape de leur périple, samedi après-midi, se dirigeant via la Route 1 vers la capitale, avant d’arriver à Jérusalem pour le rassemblement de la soirée sur la Place de Paris.

Le ministre Benny Gantz rejoint une marche des familles d’otages détenus à Gaza vers Jérusalem, le 1er mars 2024. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

Fernando Marman, l’un des deux otages libérés par l’armée le mois dernier, lors d’une opération complexe à Rafah, dans la bande de Gaza, était présent.

Les familles des captifs expliquent que le temps est compté pour leurs proches, prisonniers du groupe terroriste après avoir été kidnappés lors de l’assaut meurtrier commis par le Hamas, le 7 octobre – les terroristes ont assassiné 1 200 personnes environ en Israël, se livrant à des atrocités et commettant des violences sexuelles à grande échelle.

Le président américain Joe Biden a déclaré, au début de la semaine, qu’il espérait la conclusion d’un accord entre les belligérants dès lundi – un accord qui prévoirait une pause de six semaines dans les combats opposant Israël et le Hamas contre la remise en liberté de certains otages. Il est toutefois revenu sur ce calendrier alors que les intermédiaires entre les deux parties, notamment les États-Unis, l’Égypte et le Qatar, continuent à œuvrer en faveur de la finalisation d’un accord.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, pour sa part, a fait part de son pessimisme jeudi soir concernant la conclusion d’un accord, accusant le Hamas de continuer à donner des réponses évasives à Israël et de ne pas chercher de bonne foi un compromis réel. Selon un reportage diffusé par la Douzième chaîne, cette semaine – un reportage qui n’a pas cité ses sources – certains responsables israéliens estiment que Netanyahu sabote délibérément la finalisation d’un accord afin d’apaiser les partis d’extrême-droite qui siègent dans sa coalition.

Israël et le Hamas – qui ont tous deux envoyé des délégations au Qatar, cette semaine, pour travailler sur les détails d’une trêve potentielle de 40 jours – ont fait savoir qu’il y avait encore d’immenses désaccords entre eux et les médiateurs qataris déclarent qu’aucune avancée n’a été enregistrée dans ce contexte.

Une femme tient un panneau à l’effigie d’une otage israélienne de 19 ans, Karina Ariev, pendant une manifestation devant l’ambassade américaine à Tel Aviv, le 1er mars 2024. (Crédit : Jack Guez/AFP)

Selon le site d’information Axios, Israël a indiqué, vendredi, que l’État juif ne participera pas à de nouveaux pourparlers avant d’avoir eu la liste des otages détenus par le Hamas qui sont encore en vie.

130 otages sont encore détenus à Gaza – 31 d’entre eux seraient morts – après la libération de 105 civils au cours d’une trêve qui a duré une semaine, à la fin du mois de novembre. Quatre otages avaient été relâchées avant cette pause. Trois ont été secourus par les soldats et les corps sans vie de onze captifs ont aussi été rapatriés, notamment ceux des trois Israéliens qui, étant parvenus à échapper à leurs ravisseurs, ont été accidentellement tués par les soldats israéliens. L’armée a bien confirmé la mort de 31 otages qui se trouvent encore dans la bande, citant de nouveaux renseignements et d’autres informations obtenues par les troupes, sur le terrain. Par ailleurs, une personne, Bilha Yinon, est encore considérée comme portée disparue depuis le 7 octobre, et son sort reste inconnu.

Le Hamas détient également les dépouilles de deux soldats tués au combat en 2014, Oron Shaul et Hadar Goldin. Il garderait aussi en détention deux civils israéliens, Avera Mengistu et Hisham al-Sayed, qui seraient encore en vie après être entrés dans la bande de leur propre gré en 2014 et 2015.

Des appels aux élections après des violences policières

Par ailleurs, samedi soir – à peu-près à la même heure que le rassemblement des familles de captifs – les manifestants s’opposant au gouvernement se sont retrouvés dans tout le pays et notamment à Tel Aviv, rue Kaplan, la rue au cœur du mouvement massif de protestation contre le plan de refonte radicale du système judiciaire israélien qui était avancé, l’année dernière, par le gouvernement.

La manifestation a commencé place Habima à 18h30 et le cortège s’est rendu au principal point de rassemblement à 19h sous le slogan : « Israël a besoin d’élections, descendez dans les rues ! »

Des regroupements similaires se sont tenus dans les villes de tout le pays et les protestataires se sont également réunis sur les ponts de tout le territoire.

Des manifestants brandissent des pancartes et des drapeaux lors d’une manifestation antigouvernementale sur la place Habima à Tel Aviv, le 10 février 2024, appelant à de nouvelles élections et à la libération des otages. (Crédit : Ahmad Gharabli / AFP)

Parmi les intervenants qui devaient s’exprimer à Tel Aviv, Hadas Eilon Carmi, dont le frère Tal était le commandant de l’équipe de sécurité de Kfar Aza et qui a été tué alors qu’il défendait la communauté, le 7 octobre ; l’ancien chef d’état-major adjoint Yair Golan qui devrait se présenter à la tête du parti Avoda lors des Primaires organisées par la faction ; Or Szneiberg, un réserviste qui a été grièvement blessé lors des combats à Gaza et Moran Michel, qui a été blessé lors du mouvement de protestation de samedi dernier.

La semaine dernière, des policiers à cheval avaient été déployés pour contrer les manifestants, à Tel Aviv, qui avaient aussi essuyé les jets des canons à eau.

Sur des images, un agent, perché sur sa monture, avait utilisé ses rênes pour frapper à la tête un protestataire.

L’individu était tombé au sol, les mains derrière la tête.

Un manifestant tombant après avoir été frappé par un policier à cheval lors d’une manifestation anti-gouvernement, à Tel Aviv, le 24 février 2024. (Crédit : Jack Guez/AFP)

Vingt-et-une personnes avaient été arrêtées pendant la manifestation, avait noté la police. Des protestataires avaient été blessés, ce qui avait nécessité l’intervention des médecins.

Alors que le cortège des protestataires défilait à travers les rues, il s’était mélangé aux participants d’un autre regroupement qui était organisé au nom des otages détenus par les groupes terroristes de la bande de Gaza. Dans des scènes qui avaient suscité l’indignation du public, des proches de captifs avaient essuyé, dans la confusion, des jets de canon à eau.

Les forces de l’ordre, de leur côté, avaient indiqué que les manifestants avaient ignoré les avertissements des agents, qu’ils avaient bloqué des rues et qu’ils avaient affronté les policiers « malgré des tentatives répétées de négociation ».

Ces échauffourées avaient été parmi les plus intenses depuis le début de la guerre, le 7 octobre.

Les tactiques violentes employées par la police avaient été critiquées avec sévérité pendant tout le mouvement d’opposition au plan de refonte du système judiciaire qui avait fait trembler le pays pendant une grande partie de l’année 2023. Des violences dont les militants attribuent la responsabilité au ministre de la Sécurité nationale d’extrême-droite, Itamar Ben Gvir, qui a poussé de manière répétée les forces de l’ordre à agir avec agressivité à l’encontre des manifestants.

La police utilise un canon à eau pour disperser les manifestants qui s’opposent au gouvernement et au Premier ministre Benjamin Netanyahu à Tel Aviv, le 24 février 2024. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Les manifestations dénonçant le plan controversé de refonte radicale du système de la justice avaient cessé lors du début de la guerre – mais le mouvement de protestation s’est accru, ces dernières semaines, alors que les activistes défavorables au gouvernement réclament de nouvelles élections suite aux échecs des responsables qui ont permis au Hamas de mener son attaque meurtrière, le 7 octobre.

Les appels en faveur d’un nouveau scrutin se sont aussi amplifiés dans un contexte de mécontentement face à la gestion de la guerre par le gouvernement. Des sondages répétés montrent que Netanyahu perdrait sa majorité à la Knesset si un vote devait avoir lieu aujourd’hui. Le Premier ministre a affirmé, jeudi, que les ennemis de l’État juif se réjouissaient de la perspective de nouvelles élections au moment même où le conflit fait rage dans la mesure où le processus entraînerait de nouvelles divisions nationales – il a laissé entendre, en conséquence, que les politiciens qui chercheraient à renverser son gouvernement s’aligneraient de facto sur les adversaires du pays.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’exprime lors d’une conférence de presse télévisée en soirée, le 29 février 2024. (Crédit : Capture d’écran)

Netanyahu a été âprement critiqué pour son refus d’assumer la responsabilité de la catastrophe du 7 octobre alors même que pratiquement tous les responsables militaires et civils concernés l’ont fait. De nombreux officiels de premier plan devraient démissionner à la fin de la guerre. Netanyahu, pour sa part, a signalé qu’il n’avait pas une telle intention.

Le Premier ministre a aussi écarté tout lancement d’une enquête sur les échecs qui ont permis au Hamas de lancer l’assaut dans le sud d’Israël tant que la guerre continuera.

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