Le Hezbollah ouvre une enquête pour le meurtre d’un haut commandant Syrien attribué à Israël
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Le Hezbollah ouvre une enquête pour le meurtre d’un haut commandant Syrien attribué à Israël

Selon le groupe chiite, la responsabilité de l'explosion à la base de Damas n'est pas claire ; Un ex-chef de la sécurité israélienne : quel que soit le responsable, la mort de Mustafa Badreddine est une bonne chose pour nous

Funérailles d'un membre du Hezbollah qui a été tué en combattant aux côtés des forces du gouvernement Assad en Syrie, le 1er mars 2016. (Crédit : Mahmoud Zayyat/AFP)
Funérailles d'un membre du Hezbollah qui a été tué en combattant aux côtés des forces du gouvernement Assad en Syrie, le 1er mars 2016. (Crédit : Mahmoud Zayyat/AFP)

L’organisation terroriste du Hezbollah basée au Liban a déclaré qu’elle enquêtait sur les circonstances entourant la mort de son commandant en chef en Syrie, les rapports des médias au Liban affirmant qu’il a été tué mardi lors d’un raid aérien israélien à Damas.

« Selon une enquête préliminaire, une explosion a ciblé l’une de nos positions près de l’aéroport international de Damas, tuant notre frère, le commandant Mustafa Badreddine, et en blessant d’autres », a déclaré le groupe, qui se bat contre les rebelles en Syrie aux côtés des troupes du président Bachar el-Assad.

« Nous allons continuer l’enquête pour déterminer la nature et les causes de l’explosion et si elle était due à un raid aérien ou à un tir de missiles ou d’artillerie », a indiqué le groupe dans un communiqué.

Les funérailles de Badreddine devaient avoir lieu vendredi à 17h30 à Beyrouth, selon un journaliste d’ABC News. Un représentant du groupe a promis que la lutte en Syrie continuerait en dépit de cette mise à mort, a déclaré le journaliste.

Bien que la déclaration n’ait pas blâmé Israël pour la mort de Badreddine, qui avait 55 ans, plusieurs medias de télévision libanaises – y compris le canal al-Mayadeen pro-Hezbollah – ont déclaré vendredi matin qu’Israël avait mené l’attaque. Al-Mayadeen retirera plus tard son rapport sur l’implication d’Israël. Le quotidien israélien Haaretz a déclaré vendredi qu’il existait des « signes » selon lesquels l’Etat juif ne serait pas responsable de l’assassinat, mais le quotidien n’a pas élaboré ceux-ci.

Maj.-gén. (Ret.) Yaakov Amidror, l’ancien chef du Conseil national de la sécurité en Israël, a déclaré vendredi matin que la mort de Badreddine était une bonne nouvelle pour Israël, quel que soit le responsable du meurtre.

Yaakov Amidror (Crédit : Flash 90)
Yaakov Amidror (Crédit : Flash 90)

« C’est bon pour l’Etat d’Israël, [mais] l’Etat d’Israël n’est pas toujours responsable », a déclaré Amidror, selon la radio militaire.

« Nous ne savons pas si l’Etat d’Israël est responsable. Ceux qui opèrent en Syrie aujourd’hui y ont de nombreux ennemis, sans avoir besoin de l’Etat d’Israël. Mais un certain nombre de personnes qui ont accumulé beaucoup d’expérience disparaissent de la liste des personnes recherchées, et c’est tant mieux », a-t-il dit.

Il n’y a pas eu de confirmation de la part d’Israël jusqu’à présent concernant son rôle présumé dans le meurtre de Badreddine. L’Etat juif reconnaît rarement son rôle dans ces opérations, mais le Premier ministre Benjamin Netanyahu a confirmé à plusieurs reprises ces derniers mois qu’Israël travaille activement à perturber les opérations de contrebande d’armes du Hezbollah en Syrie et à contrer l’augmentation de ses capacités du côté syrien des hauteurs du Golan.

Badreddine a hérité de la direction des opérations militaires du Hezbollah de l’ancien commandant, et également cousin, Imad Mughniyeh, qui est également soupçonné d’avoir été assassiné par Israël en 2008. La sœur de Badreddine, Saada, était mariée à Mughniyeh.

Dans sa confirmation de l’assassinat de Badreddine, le Hezbollah a fait remarquer qu’il « a pris part à la plupart des opérations de la résistance islamique depuis 1982. »

Selon la déclaration « il a dit il y a quelques mois, ‘je ne reviendrai pas de Syrie, à moins d’être un martyr ou de porter le drapeau de la victoire’. Il était le commandant en chef Mustafa Badreddine. Et il est revenu aujourd’hui comme martyr ».

Badreddine avait une longue carrière d’attaques terroristes et d’opérations militaires pour le Hezbollah. Il a été jugé par contumace à La Haye pour son implication présumée dans l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri en 2005.

Son dernier rôle dans l’organisation était Chef commandant opérationnel en Syrie, où le groupe soutenu par l’Iran a envoyé des milliers de combattants pour soutenir le régime d’Assad.

 Des membres du Hezbollah pendant une cérémonie de recueillement  en mai dernier. (Crédit : AFP PHOTO / MAHMOUD ZAYYAT)
Des membres du Hezbollah pendant une cérémonie de recueillement en mai dernier. (Crédit : AFP PHOTO / MAHMOUD ZAYYAT)

Le Hezbollah a payé un prix très élevé pour son incursion publique et sanglante dans la guerre civile en Syrie. Autrefois loué au Liban et dans le monde arabe comme un mouvement de résistance héroïque contre Israël, le groupe a vu sa popularité chuter, même au sein de sa base libanaise, en raison de son soutien indéfectible a Assad.

La Ligue arabe a désigné le Hezbollah comme une organisation terroriste en mars dernier. Un mois plus tôt, l’Arabie Saoudite avait coupé ses 4 milliards de dollars d’aide aux forces de sécurité libanaises après que le ministre des Affaires étrangères du Liban, Gibran Bassi, ait refusé de se joindre aux résolutions de la Ligue arabe et islamique critiquant l’Iran et le Hezbollah.

Les États arabes du Golfe majoritairement sunnites, dirigés par le royaume saoudien, ont également pris d’autres mesures punitives. Ils ont mis en garde leurs citoyens contre les voyages au Liban, ont coupé la transmission des émissions libanaises par satellite et fermé une chaine de diffusion soutenue par l’Arabie saoudite au Liban. Les pays du Golfe ont également expulsé des expatriés libanais qui auraient selon eux des liens avec le Hezbollah.

Le Hezbollah, qui maintient une milice dominante au Liban, s’est également aligné avec les rebelles chiites Houthi, opposés aux saoudiens, dans la guerre civile au Yémen.

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