Le marathon de Jérusalem, un « événement spirituel et sportif », selon Barkat
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Un coueur indien : 'Ce que je pensais ressentir n'est rien en comparaison de ce que je ressens aujourd'hui'

Le marathon de Jérusalem, un « événement spirituel et sportif », selon Barkat

Le septième marathon international de la ville, qui a eu lieu vendredi tôt, rassemble 30 000 participants, dont plus de 3 500 venus de l'étranger

Des milliers de coureurs ont participé au marathon de Jérusalem, vendredi, qui a démarré sans incident malgré les menaces des manifestants ultra-orthodoxes.

Sous forte présence de la police, l’événement de vendredi a commencé avec un semi-marathon de 20 km, qui a débuté lorsque le maire de Jérusalem Nir Barkat a tiré le coup de feu pour annoncer le départ à 6h45.

Alors que la plupart des milliers de coureurs parcouraient les différentes distances, Shadrack Kipkogey du Kenya a remporté le marathon complet, complétant la course de 42 km en 2 heures, 17 minutes et 36 secondes. L’Ethiopien Tilahun Wendwesen est arrivé deuxième, et le Kenyan Mathew Kibiwott Sang troisième.

Chez la femme, Emily Chepkemoi du Kenya a fini la course en 2 heures, 49 minutes et 25 secondes, suivie de sa compatriote Merci Too et de l’Israélienne Yaara Zangi-Radoshitzky.

L’Israélien le plus rapide a été Fenta Gezachew, qui a fini le marathon en 2 heures, 47 minutes et 47 secondes, et l’Israélienne la plus rapide était Yaara Zangi-Radoshitzky.

Le maire de Jérusalem Nir Barkat au départ du marathon de Jérusalem 2017, le 17 mars 2017. (Crédit : Flash90)
Le maire de Jérusalem Nir Barkat au départ du marathon de Jérusalem 2017, le 17 mars 2017. (Crédit : Flash90)

Jeudi, un groupe ultra-orthodoxe extrémiste connu sous le nom de Faction de Jérusalem, dirigé par le rabbin Shmuel Auerbach, a menacé de perturber le marathon en signe de protestation contre l’arrestation d’un de ses membres qui a refusé de se présenter au bureau de recrutement de l’armée en appelant les hommes ultra-orthodoxes d’Israël à venir à Jérusalem pour manifester dans un message enregistré.

La police a intercepté trois autobus pleins d’hommes ultra-orthodoxes à l’intersection de Shoresh sur l’autoroute principale menant à Jérusalem tôt dans la journée de vendredi. Ils sont soupçonnés d’avoir projeté de perturber la course, a indiqué la police.

Plusieurs autres hommes ont été arrêtés à l’intérieur de Jérusalem.

Beaucoup de membres de la communauté ultra-orthodoxe évitent le service militaire obligatoire qui s’applique à la plupart des Israéliens, et la communauté bénéficie historiquement d’exemptions générales en pour leur permettre de poursuivre des études de séminaire religieux. Cependant, un groupe de disciples ultra-orthodoxes d’Auerbach refusent même de se présenter au bureau de conscription pour faire une demande d’exemptions.

Un de ces étudiants, Yisrael Meir Toledano, a été arrêté dimanche soir à son domicile d’Ofakim. Mardi, un tribunal militaire a prolongé sa détention provisoire jusqu’à jeudi.

Avant la course, le maire Barkat a prévenu les manifestants « de ne pas se présenter pour perturber le marathon ».

« Nous avons été clairs avec les dirigeants de la Faction [de Jérusalem] : nous prenons cela très au sérieux et le marathon n’est l’otage de personne, ni des terroristes, ni de ceux qui veulent l’utiliser pour leurs propres besoins », a-t-il déclaré à la radio militaire.

Des milliers de coureurs participant au Marathon international de Jérusalem 2017 le 17 mars 2017 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)
Des milliers de coureurs participant au Marathon international de Jérusalem 2017 le 17 mars 2017 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Alors que Jérusalem se préparait pour son septième marathon international organisé le vendredi 17 mars, le maire Nir Barkat avait enfilé ses baskets pour un échauffement de deux kilomètres jeudi matin, le long des murs de la Vieille Ville, avec certains des premiers athlètes venus visiter Israël à l’occasion de la course.

« Ce n’est pas seulement un événement sportif, c’est un événement spirituel, a expliqué Barkat. Nous sommes dans la ville sainte de Jérusalem, pour courir là où ont marché les rois et les prophètes, où la Bible s’est déroulée. »

Après la course, Barkat a salué le nombre de coureurs à s’être déplacés. « Le fait que nous ayons brisé le record du nombre de participants étrangers l’année même où Jérusalem célèbre les 50 ans de sa réunification est une preuve de la puissance et du prestige international de Jérusalem », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Le maire, coureur de longue date, a indiqué qu’il avait tout d’abord pensé à organiser un marathon international lorsqu’il était lui-même sur la ligne de départ du marathon de New York lors de son 50e anniversaire. C’était il y a sept ans et Barkat avait pris ses fonctions deux ans auparavant.

Des semi-marathons annuels ont déjà eu lieu dans la ville, mais le premier marathon entier – parcourant une distance de 42 kilomètres – ouvert aux athlètes internationaux a eu lieu en 2011, avec seulement 10 000 participants.

Cette année, la compétition a attiré 30 000 athlètes, 3 500 d’entre eux provenant de 65 pays, qui pourront parcourir différentes distances. Neuf coureurs de premier plan venus de plusieurs pays africains devraient franchir la ligne d’arrivée du marathon en un temps record – approximativement « une heure avant qui que ce soit d’autre », a déclaré un porte-parole de l’événement.

Dans la vidéo ce-dessus, on peut voir un soldat israélien qui avait été grièvement blessé pendant l’opération Bordure protectrice dans la bande de Gaza en 2014 participer au marathon.

Parmi les autres participants d’exception, Milind Soman, coureur indien et star de Bollywood, a expliqué qu’il attendait depuis des années la bonne occasion de visiter Israël.

« C’est le marathon de Jérusalem qui m’a attiré », a dit Soman, qui a versé quelques larmes en évoquant cette opportunité offerte de visiter Jérusalem. « Ce que je pensais ressentir n’est rien en comparaison de ce que je ressens aujourd’hui. On parle beaucoup du conflit et de la violence dans le monde aujourd’hui et énormément de celle qui déchire cette région, mais quand je suis arrivé ici, j’ai en un sentiment de paix. »

Milind Soman, athlète indien, star de Bollywood et triathlète, qui prendra le départ du semi-marathon de Jérusalem, le 17 mars 2017. (Crédit : Jessica Steinberg/Times of Israël)
Milind Soman, athlète indien, star de Bollywood et triathlète, qui prendra le départ du semi-marathon de Jérusalem, le 17 mars 2017. (Crédit : Jessica Steinberg/Times of Israël)

Il ne s’inquiète pas des collines de la ville durant la course, rappelant qu’il parcourra « seulement » les 21,1 kilomètres du semi-marathon.

« Le temps est magnifique », a ajouté Soman, citant le ciel couvert et la température de 12°. « J’ai l’habitude de courir sous 30°. »

Paco Borao, président de l’Association grecque des marathons internationaux et des courses de distance, a également commenté le mixage de la compétition et de l’histoire dans le marathon de Jérusalem.

« C’est 42,5 kilomètres de bonheur », s’est exclamé Borao.

Environ 2 000 athlètes devraient participer au marathon, 6000 personnes s’alignant sur la ligne de départ du semi-marathon et 10 000 coureurs prenant part aux courses familiales et communautaires.

Des coureurs qui traversent la Vieille Ville de Jérusalem pendant le marathon de 2012 (Crédit : Yoav Are Doodkevitch/Flash90)
Des coureurs qui traversent la Vieille Ville de Jérusalem pendant le marathon de 2012 (Crédit : Yoav Are Doodkevitch/Flash90)

Différentes ONG utilisent le marathon pour organiser des collectes de fonds et des campagnes de sensibilisation. La plus importante collecte de fonds, cette année, est faite par Yachad — OU Israel, qui aide les enfants anglophones à besoins spéciaux. Le groupe aligne 600 coureurs, dont 100 venus d’Amérique du Nord, et a déjà levé plus de 500 000 dollars. Environ 40 participants issus de Yachad prendront part à la course de 800 mètres aux côtés du joueur de basket de l’équipe Hapoel Jerusalem Amare Stoudemire.

Le point de départ du marathon se situe entre la Knesset et le musée d’Israël sur le Boulevard Ruppin, où le maire a donné le coup d’envoi du marathon et du semi-marathon.

Le président Reuven Rivlin encourage les marathoniens devant la résidence présidentielle, à Jérusalem, le 17 mars 2017. (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)
Le président Reuven Rivlin encourage les marathoniens devant la résidence présidentielle, à Jérusalem, le 17 mars 2017. (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)

Les coureurs s’élancent d’abord dans la partie ouest de la ville, faisant une boucle autour du campus Givat Ram de l’Université hébraïque, le long de la Vallée de la Croix et à travers plusieurs quartiers vers le campus du mont Scopus de l’Université hébraïque (vers 8h20 – 8h40), à l’est de Jérusalem.

Le parcours descend ensuite vers la Vieille Ville, amenant les coureurs vers la Porte de Jaffa, le quartier arménien et la porte de Sion (7h00 et 11h00) sur la route qui mène à la forêt de Jérusalem, avant d’arriver au parc Sacher .

Le maire de Jérusalem Nir Barkat avec des coureurs africains de premier plan venus faire le marathon de Jérusalem avant un échauffement à la porte de Jaffa, avant l'épreuve du 17 mars 2017 (Crédit : Jessica Steinberg/Times of Israel)
Le maire de Jérusalem Nir Barkat avec des coureurs africains de premier plan venus faire le marathon de Jérusalem avant un échauffement à la porte de Jaffa, avant l’épreuve du 17 mars 2017 (Crédit : Jessica Steinberg/Times of Israel)

Le parc municipal spacieux accueille également des activités et des divertissements pour les visiteurs et les coureurs à partir de 11h30.

Les restaurants locaux ont installé des stands le long de certaines parties du parcours, comme le Cafe Nocturno, Burgers Bar, Rebar et Pompidou, qui mettront un point d’honneur à présenter des aliments sains. Les clients peuvent télécharger des réductions sur l’application Yerushalmi.

Il y aura aussi des moments réjouissants sur le circuit, avec des DJ qui diffuseront des chansons et des stands destinés aux badauds venus soutenir les coureurs à l’intersection de Bezalel et de Ben Tzvi, à Mishkenot Shaananim, au carrefour d’Oranim, à l’ancienne place HaMashbir plaza sur la rue King George, à l’entrée du campus du Mont Scopus de l’université hébraïque, au Tayelet à Armon Hanatziv, au pont de la Cinémathèqu, à Safra Square, à la First Station et sur Emek Refaim.

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