Le ministère de la Santé alerte de l’épidémie dans les villes arabes du nord
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Le ministère de la Santé alerte de l’épidémie dans les villes arabes du nord

Les résidents de Deir al-Asad et de trois localités voisines sont priés de rester chez eux en raison du taux d'infection "très élevé"

Un agent du service médical d'urgence Magen David Adom réalise un prélèvement dans le cadre d'un test de dépistage du coronavirus sur un site en drive-in à Tamra, dans le nord d'Israël, le 31 mars 2020. (Crédit : Ahmad GHARABLI / AFP)
Un agent du service médical d'urgence Magen David Adom réalise un prélèvement dans le cadre d'un test de dépistage du coronavirus sur un site en drive-in à Tamra, dans le nord d'Israël, le 31 mars 2020. (Crédit : Ahmad GHARABLI / AFP)

Le ministère de la Santé a mis en garde mercredi contre une épidémie de coronavirus centrée sur une ville arabe du nord d’Israël, avec un nombre croissant de cas de COVID-19.

Le ministère a fait savoir que le nombre d’infections à Deir al-Asad était « très élevé », avec 23 cas confirmés dans cette ville de plus de 12 000 habitants.

Huit autres cas au total ont été recensés dans les villes voisines de Nahf, Bi’ina et Majd al-Krum.

Outre les 31 infections totales dans la région, le ministère a averti que des centaines d’autres personnes étaient potentiellement exposées au virus.

« C’est pourquoi le ministère demande aux résidents et au public de Deir al-Asad et des environs… de rester chez eux et de respecter les consignes d’isolement et de distanciation sociale », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Il a ajouté qu’il travaillait avec le conseil local et de nombreuses agences gouvernementales afin de faire face à l’épidémie.

« Le ministère de la Santé a suggéré l’idée d’un confinement et, si c’est nécessaire, nous ne nous s’y opposerons pas, car la santé des résidents est la priorité », a déclaré le maire de Deir al-Asad, Ahmed Dabbah, au quotidien Haaretz.

Plus tôt, Dabbah a rencontré des représentants du ministère de la Santé, de l’Intérieur, de la police et du Commandement du Front. Il a ensuite été décidé que les personnes infectées par le virus seraient évacuées de la communauté et qu’un hôtel serait loué pour les loger.

Dabbah a aussi accepté l’idée qu’un confinement pourrait commencer dès demain à Deir al-Asad et dans la localité voisine de Bi’ina, si les résidents ne respectent pas les directives du ministère de la Santé.

Le ministère n’a fourni aucun détail sur l’origine potentielle de la contagion.

Une image de la ville arabe de Majd al-Krum en Galilée. (Capture d’écran YouTube)

Karmiel, une ville à prédominance juive voisine des quatre communautés arabes, a annoncé qu’elle mettrait en place des points de contrôle à toutes les entrées de la ville à la suite de l’annonce du ministère de la Santé.

Mardi matin, il n’y avait encore que neuf cas confirmés à Deir al-Asad, soit un taux d’infection de 72,38 pour 100 000 personnes, selon les chiffres du ministère de la santé.

L’augmentation des cas confirmés est survenue après l’ouverture lundi à Karmiel d’un centre drive-in de dépistage mobile, ce qui explique peut-être l’augmentation avérée du nombre d’infections.

Le député de la Liste arabe unie Ahmad Tibi assiste à l’ouverture du centre de dépistage du coronavirus de Deir al-Asad, le 15 avril 2020 (Crédit : Liste arabe unie)

Le député Ahmad Tibi, chef du comité de santé de la Liste arabe unie, a déclaré mercredi qu’un accord avait été conclu entre le conseil local de Deir al-Asad et les services d’urgence du Magen David Adom pour ouvrir immédiatement un centre de dépistage dans la ville.

« Nous sommes tous mobilisés pour lutter contre la propagation du coronavirus et les instructions du ministère de la Santé, de rester chez soi et de ne pas se rassembler, doivent être suivies », a souligné M. Tibi dans un communiqué, appelant les résidents présentant des symptômes à se faire tester.

Jusqu’à présent, quelque 510 cas de coronavirus ont été recensés parmi les Israéliens arabes, selon le site d’information Ynet, ce qui représente un peu plus de 4 % des 12 200 infections signalées mercredi matin.

Cependant, des plaintes ont été formulées concernant l’accès insuffisant aux tests dans certaines régions à forte population arabe, ce à quoi le ministère de la Santé a tenté de remédier en ouvrant des sites de tests mobiles.

Depuis mardi, les deux communautés arabes ayant les taux d’infection les plus élevés sont Jisr az-Zarqa et Daburiyya, qui ont fermé la semaine dernière les routes ralliant les communautés voisines pour empêcher une propagation plus large du virus.

Jisr az-Zarqa, l’une des communautés les plus denses et les plus pauvres d’Israël, compte au moins 35 cas de contamination confirmés, tandis que Daburiyya en enregistre 24.

De son côté, le député de la Liste arabe unie Yousef Jabareen a appelé à une augmentation du nombre de tests pour les Arabes israéliens, après l’annonce du ministère de la Santé.

« Je souhaite à nouveau attirer l’attention sur le manque grave et préoccupant de tests effectués dans les communautés arabes, ce qui pourrait conduire à un désastre dans des proportions inédites », a écrit Jabareen sur Twitter.

Il a ajouté que des tests supplémentaires sont nécessaires parmi les Arabes « afin d’avoir une meilleure vision du taux [d’infection] relatif à la population générale ».

Selon les derniers chiffres du ministère de la Santé, Israël recense 12 200 infections et 126 décès dus au coronavirus.

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