Le ministère de la Santé serait prêt à fermer Bnei Brak
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Le ministère de la Santé serait prêt à fermer Bnei Brak

Cette ville majoritairement ultra-orthodoxe présente le deuxième plus fort taux de cas confirmés ; le plus grand nombre d'infections étant à Jérusalem

Un personnel soignant portant une combinaison de protection prélève un échantillon sur un Juif ultra-orthodoxe pour un test au coronavirus à Bnei Brak, le 31 mars 2020 (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)
Un personnel soignant portant une combinaison de protection prélève un échantillon sur un Juif ultra-orthodoxe pour un test au coronavirus à Bnei Brak, le 31 mars 2020 (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)

Le ministère de la Santé est sur le point d’imposer une fermeture de la ville de Bnei Brak, majoritairement ultra-orthodoxe, selon un reportage diffusé mardi par la Douzième chaîne.

La chaîne indique que le ministère a d’ores et déjà préparé une injonction de fermeture de cette municipalité, qui enregistre le taux le plus élevé de cas confirmés d’infection au coronavirus par rapport au nombre de tests qui y ont été menés, selon des chiffres diffusés par le ministère mardi.

Selon le reportage, l’injonction établit que les résidents de la ville ne seront autorisés à quitter leurs habitations que « pour acheter des produits alimentaires, des médicaments et autres produits essentiels dans les limites de la zone fermée ; pour chercher une aide médicale, même si elle se trouve à l’extérieur de la zone fermée ». Les employés des industries essentielles auront l’autorisation de quitter le secteur pour aller et revenir du travail.

Bnei Brak présente 571 cas d’infection confirmés sur 1 656 tests réalisés. Il y a 650 cas confirmés à Jérusalem, mais sur un nombre total de tests bien plus élevés – soit 5 834.

Israël avait jusqu’à mardi, effectué 62 843 tests en tout, avec 4 843 personnes qui s’étaient avérées positives au coronavirus. Il y a 278 cas confirmés à Tel Aviv, 114 à Ashkelon et 104 à Rishon Lezion.

18 personnes sont mortes des suites du virus en Israël, la dernière en date étant une femme de 90 ans qui s’est éteinte à l’hôpital Kaplan de Rehovot dans l’après-midi de mardi. Elle avait des facteurs de comorbidité. 83 personnes se trouvent dans un état grave.

Lundi, la Douzième chaîne avait rapporté que le ministre de la Santé Yaakov Litzman voulait que la police contrôle les entrées et les sorties de Bnei Brak, et qu’elle fournisse aux résidents des produits alimentaires pour que ces derniers restent confinés dans leurs habitations.

Des agents de police ferment des synagogues et dispersent des rassemblements publics dans le quartier juif orthodoxe de Mea Sharim à Jérusalem, le 31 mars 2020 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le directeur du ministère de la Santé Moshe Bar Siman-Tov a confirmé que la question avait été soulevée dans une conversation avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu et les représentants du ministère de la Défense.

« Nous nous préparons à de tels scénarios », a-t-il déclaré à la Douzième chaîne. « Cela nécessite une implication intense de la part du Commandement intérieur et de la police – je pense que nous constaterons des progrès sur le sujet pendant la journée ».

Ces informations arrivent dans le sillage de plusieurs incidents survenus à Bnei Brak. Des ultra-orthodoxes ont violé les directives mises en place par le ministère de la Santé dans le but de ralentir la propagation du virus, avec notamment un mariage et des funérailles en plein air auxquelles ont assisté des centaines de personnes.

Des incidents similaires ont eu lieu dans les quartiers ultra-orthodoxes de Jérusalem.

Bnei Brak, situé à l’est de Tel Aviv, est l’une des villes les plus densément peuplées du monde, avec 198 863 habitants et un taux de plus de 27 000 personnes au kilomètre-carré, selon le Bureau central des statistiques.

L’écrasante majorité des habitants de Bnei Brak sont des ultra-orthodoxes, notamment des membres de communautés radicales qui résistent aux directives du gouvernement portant sur la fermeture des synagogues, des écoles et des lieux d’étude.

Certains responsables rabbiniques ont initialement rejeté toute panique face au virus mais la plus grande partie d’entre eux a depuis conseillé aux fidèles de respecter les règles mises en place par le ministère de la Santé.

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