Le ministre de la Santé demande à Netanyahu de mettre Bnei Brak en quarantaine
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Le ministre de la Santé demande à Netanyahu de mettre Bnei Brak en quarantaine

Litzman veut que la police contrôle entrées et sorties et fournisse nourriture et produits essentiels dans cette ville où les cas sont élevés en raison du non-respect des règles

La police patrouille dans la ville juive ultra-orthodoxe de Bnei Brak, le 30 mars 2020. (Tomer Neuberg/Flash90)
La police patrouille dans la ville juive ultra-orthodoxe de Bnei Brak, le 30 mars 2020. (Tomer Neuberg/Flash90)

Le ministre de la Santé Yaakov Litzman a demandé au Premier ministre Benjamin Netanyahu d’imposer une quarantaine à la ville de Bnei Brak, très majoritairement ultra-orthodoxe, l’une des zones les plus touchées par le coronavirus.

Cette demande est apparue un jour après l’apparition d’une vidéo montrant des centaines de personnes participant à des funérailles nocturnes, la police ayant refusé d’appliquer les règles de distanciation sociale, alors que certains membres de la communauté ultra-orthodoxe de la ville auraient hésité à se conformer aux directives du ministère de la Santé.

Selon un reportage diffusé lundi par la Douzième chaîne d’information, M. Litzman souhaite que la police contrôle l’entrée et la sortie de la ville, mais aussi qu’elle fournisse de la nourriture et des produits de première nécessité aux habitants pour qu’ils restent chez eux. Des sources proches du ministre pensent que les habitants de Bnei Brak vont coopérer à cette opération.

Un porte-parole de Litzman a confirmé le reportage.

Le cabinet a tenu dimanche une longue discussion sur la manière d’encourager un respect plus strict des restrictions liées au virus dans la communauté ultra-orthodoxe et la question doit être rediscutée lundi soir, selon un programme publié par le gouvernement intérimaire.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) avec le ministre de la Santé Yaakov Litzman, à Jérusalem, le 11 mars 2020. (Flash90)

Bnei Brak a connu le deuxième plus grand nombre de contaminations dans le pays, selon les chiffres du ministère de la Santé, après Jérusalem, où le coronavirus s’est également répandu dans la communauté ultra-orthodoxe.

La ville à l’est de Tel Aviv est l’une des villes les plus densément peuplées au monde, avec 198 863 habitants entassés, avec un taux de plus de 27 000 personnes au kilomètre carré, selon le Bureau central des statistiques.

L’écrasante majorité des habitants de Bnei Brak sont ultra-orthodoxes, y compris des membres de certaines communautés extrémistes qui ont résisté aux directives gouvernementales de fermeture des synagogues, des écoles et des maisons d’études. Certains dirigeants rabbiniques ont d’abord rejeté la panique suscitée par le virus, mais la plupart ont depuis lors exhorté leurs adeptes à respecter les règles du ministère de la Santé.

« Le rabbin Kanievsky a dit qu’il n’y aurait pas de coronavirus à Bnei Brak, donc il n’y aura pas de coronavirus à Bnei Brak », a déclaré un résident à l’agence de presse AFP au début du mois, en référence à Shmaryahu Yosef Chaim Kanievsky, un leader de la communauté ultra-orthodoxe qui a initialement dit aux adeptes de continuer à se rassembler malgré les règles de distanciation sociale.

Le virus s’est également répandu dans d’autres communautés ultra-orthodoxes, notamment dans les villes de Kfar Habad et de Kyriat Yearim dans la banlieue de Jérusalem.

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