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Le monde culturel s’oppose à la fermeture de la chaîne Kan

Des acteurs, réalisateurs ou auteurs se sont rassemblés, bloquant une route, contre le plan du ministre des Finances de couper les financements au réseau public de radiodiffusion

Les employés de Kan et leurs soutiens lors d'une manifestation contre le plan du gouvernement de fermer la chaîne Kan à Tel Aviv, le 25 janvier 2023.  (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
Les employés de Kan et leurs soutiens lors d'une manifestation contre le plan du gouvernement de fermer la chaîne Kan à Tel Aviv, le 25 janvier 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Des centaines d’acteurs, de réalisateurs et autres auteurs se sont rassemblés mercredi à Tel Aviv pour s’opposer au projet apparent du gouvernement de fermer le réseau public de radiodiffusion.

Suite à leur regroupement, des dizaines d’entre eux se sont dirigés vers la rue Kaplan où ils ont brièvement bloqué la circulation. Le secteur est devenu un point névralgique des manifestations hebdomadaires contre les politiques gouvernementales et mardi, des centaines d’employés de l’industrie technologique y ont battu le pavé pour protester contre la refonte majeure du système judiciaire, l’un des piliers des plans élaborés par la nouvelle coalition.

Au début du mois, le ministre des Communications, Shlomo Karhi, avait estimé qu’il n’y avait aucune raison de soutenir un réseau public de radiodiffusion en Israël, ajoutant qu’il avait l’intention de fermer la chaîne Kan et d’autres instances de régulation.

Des centaines d’acteurs, réalisateurs, auteurs et autres personnalités du monde culturel, ainsi que des employés de la chaîne Kan, ont pris part à ce rassemblement de mercredi organisé au théâtre Tzavta pour s’opposer à ce projet.

Riki Blich, présidente de l’Association des acteurs israéliens Shaham, a indiqué au site d’information Ynet qu’un réseau public de radiodiffusion était nécessaire pour produire des émissions qui ne sont pas suffisamment cotées pour être attirantes pour les annonceurs mais qui sont néanmoins précieuses, comme celles qui se penchent sur les familles monoparentales ou sur les enfants en situation de handicap.

« C’est pour nous-mêmes que nous produisons de la culture et si l’État ne nous aide pas à la produire – il n’y aura plus de culture. Il faut bien comprendre qu’il n’y aura plus que des émissions qui permettent de rapporter de l’argent », a-t-elle commenté. « Ca reviendra à regarder de la pub en seul choix d’émission ».

Lior Raz, star et créateur de la série à succès « Fauda », a indiqué « qu’un pays sans réseau public de radiodiffusion est un pays qui a moins de démocratie ».

En plus de l’impact direct d’une telle décision sur les émissions, ce sont aussi des emplois qui vont disparaître, a-t-il continué. « Nous ne voyons que ce qui se passe sur l’écran mais derrière, il y a de nombreuses personnes et de nombreux prestataires qui travaillent » pour produire des contenus, a-t-il noté.

« Les chauffeurs de taxi, les restaurateurs, les employés des studios, les techniciens, les preneurs de son et les éclairagistes – nous ne voulons pas les oublier », a-t-il poursuivi.

Lior Raz, à gauche, star et cocréateur de la série à succès « Fauda », pendant une manifestation contre le projet de fermeture de la chaîne publique Kan à Tel Aviv, le 25 janvier 2023. (Crédit : JACK GUEZ / AFP)

Avant la manifestation, les organisateurs ont fait savoir que le réseau public de radiodiffusion employait des milliers de personnes et qu’il représentait environ 70% des salariés de l’industrie du film et de la télévision.

« Karhi réduit les gens au silence et il assèche la fontaine d’où les contenus originaux tirent leur force », ont écrit les organisateurs dans un communiqué. Ils ont déclaré que l’idée que des contenus en hébreu puissent être produits sans soutien public était « un leurre ».

« Si les œuvres originales sont vraiment importantes pour nous alors le réseau public de radiodiffusion est une nécessité et c’est ce qu’il a prouvé depuis ses débuts », a continué le communiqué. « La créativité et la liberté de communication ont des effets sociaux, moraux et éducatifs ».

Des acteurs, des réalisateurs et des célébrités lors d’une manifestation contre le plan du gouvernement de fermer la chaîne Kan à Tel Aviv, le 25 janvier 2023. (Crédit : JACK GUEZ / AFP)

Au début du mois, Karhi avait déclaré que la politique de son parti du Likud était « d’enlever les obstacles et de supprimer la régulation » dans l’industrie de manière à libérer la concurrence.

« Selon moi, une chaîne publique n’a plus lieu d’être aujourd’hui et à l’époque où nous vivons alors qu’il y a, par ailleurs, une vaste gamme de chaînes », avait-il ajouté.

Cela fait longtemps que la formation du Likud, qui est dirigée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, est accusée de chercher à fermer Kan en raison de ses critiques du gouvernement et alors même qu’elle bénéficie de fonds publics.

La chaîne Kan avait commencé à diffuser ses émissions en 2017 après une longue bataille législative pour faire fermer son prédécesseur, l’Autorité de radiodiffusion israélienne, et remplacer cette dernière.

A ce moment-là, le Premier ministre Netanyahu, qui était aussi ministre des Communications, s’était opposé avec force à la création de Kan, affirmant que la chaîne était trop de gauche et trop difficile à contrôler.

Des désaccords internes sur cette question avaient failli renverser la coalition en 2017. Toutefois, si le bureau des informations devait être fermé, il est peu probable que la coalition de droite, d’extrême-droite et religieuse du Premier ministre s’oppose aujourd’hui à une telle initiative.

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