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Le musicien Yuval Wilner mis en cause dans deux affaires de viol

Le suspect, accusé par 2 femmes d'agressions commises en 2011 et 2022, a été relevé de son assignation à résidence ; il lui est interdit de quitter le pays pendant 30 jours et de contacter les plaignantes

Yuval Wilner, un musicien de 38 ans originaire de Tel-Aviv soupçonné d'avoir violé Shaylee Atary et Naama Shahar, dont l'identité a été divulguée suite à la levée de l'embargo qui pesait sur son nom le 17 mai 2026. (Crédit : Capture d'écran/YouTube)
Yuval Wilner, un musicien de 38 ans originaire de Tel-Aviv soupçonné d'avoir violé Shaylee Atary et Naama Shahar, dont l'identité a été divulguée suite à la levée de l'embargo qui pesait sur son nom le 17 mai 2026. (Crédit : Capture d'écran/YouTube)

Le musicien israélien Yuval Wilner a été mis en cause dimanche dans deux affaires de viol très médiatiques, après que le tribunal de Tel Aviv a autorisé la levée de son anonymat.

Âgé de 38 ans et originaire de Tel Aviv, Wilner est accusé d’avoir violé en 2011 Shaylee Atary, réalisatrice, chanteuse et, plus tard, rescapée du pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023. Une autre femme, Naama Shahar, a également accusé le musicien de l’avoir violée en octobre 2022.

Yuval Wilner est marié et réside à l’étranger. Il est toutefois revenu en Israël au début du mois de mai pour être interrogé dans le cadre de ces affaires. À son arrivée, il a été interpellé sur la base des soupçons pesant contre lui, puis placé en assignation à résidence.

Dimanche matin, juste avant la levée de l’interdiction de publication, Wilner a été relevé de son assignation à résidence. Le tribunal lui a néanmoins ordonné de rester en Israël pendant 30 jours. Il lui est par ailleurs interdit d’entrer en contact avec les plaignantes.

« Depuis quinze ans, je suis privée du droit le plus élémentaire qui soit : celui de prononcer le nom de Yuval Wilner à voix haute », a déclaré Atary dans un communiqué après la levée de l’embargo. « Ni dans une interview, ni dans un message, ni même avec des membres de ma famille ou des proches. Pendant qu’il menait une vie pleine de pouvoir, d’argent et de respect, je vivais comme si son nom était une bombe, susceptible de détruire ma vie à tout moment. »

« Aujourd’hui, on ne me demande plus de sacrifier ma vie pour préserver la réputation de celui qui m’a brutalement violée », a-t-elle ajouté.

L’avocat Moshe Weiss, qui représente Wilner, a pour sa part fait savoir dans un communiqué que son client « ne devra pas être jugé sur les réseaux [sociaux] ni être condamné dans les gros titres. C’est un être humain, comme tout le monde. Il n’a ni poste, ni pouvoir, ni influence. Le monstrueux personnage qu’on vous a décrit n’a jamais existé. Les preuves parlent d’elles-mêmes ; quand vous les verrez, vous le comprendrez. Il n’y a qu’une seule vérité, et elle finira par être établie. »

À gauche, Shaylee Atary arrive à une audience au tribunal de Tel Aviv, le 6 mai 2026 ; à droite, Naama Shahar arrive pour un interrogatoire avec l’homme qu’elle a récemment accusé de l’avoir violée, dans un commissariat de Tel Aviv, le 6 mai 2026. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Hila Neubach, responsable des affaires juridiques à l’Association des centres d’aide aux victimes de viol en Israël, a rapporté à la chaîne N12 qu’il a fallu un « parcours judiciaire long et pénible » pour que le nom de Wilner soit finalement rendu public.

« Aucune victime ne devrait avoir à se battre pendant des mois avec le système judiciaire pendant que le suspect se joue d’elle et des tribunaux, donnant l’impression que sa vie est en danger alors qu’il accorde déjà des interviews aux médias et qu’il se présente comme la victime dans l’affaire », a-t-elle expliqué.

L’année dernière, Atary a engagé une bataille juridique pour faire lever l’embargo qui a été imposé sur le nom du suspect lorsqu’elle a porté plainte contre lui en 2022, par crainte qu’il ne soit exposé à un risque de suicide ou d’automutilation.

Shahar, quant à elle, a dénoncé les faits le mois dernier dans un message publié sur les réseaux sociaux. Elle a accusé Wildner de l’avoir violée chez lui après une soirée passée dans un bar, et pense avoir été droguée.

En janvier, Atary a témoigné lors d’une audition à la Knesset pour dénoncer l’insuffisance de la réponse apportée par l’État à l’agression sexuelle violente qu’elle a subie.

« En avril 2011, j’ai été brutalement violée sur le bitume d’un parking sous mon appartement, à Tel Aviv », a raconté Atary.

Elle s’est rendue dans un commissariat en apportant des preuves de ses blessures. Mais « la police a fait preuve de négligence, et le parquet a classé l’affaire sans suite pour manque de preuves », a-t-elle précisé.

Wilner avait alors demandé un embargo sur son identité, qui lui a été accordé, a rapporté le site Ynet.

Selon la chaîne publique Kan, lundi dernier, l’avocat de Wilner a informé le tribunal que son client renonçait à invoquer un risque de suicide, et qu’il avait accepté que son identité soit révélée.

L’avocat de Wilner a alors demandé que la décision sur cette affaire soit reportée de deux semaines. Mais les avocats d’Atary, de Shahar et de l’Association des centres d’aide aux victimes de viol s’y sont tous opposés.

Le tribunal a finalement statué dimanche en faveur de la levée de l’embargo, et de la divulgation de l’identité de Wilner.

La police a rouvert le dossier d’Atary en 2025 suite à la découverte de nouvelles preuves.

Les forces de l’ordre ont également organisé une confrontation entre Wilner et Shahar après l’arrestation de ce dernier. D’après le site Ynet, ces éléments ont également renforcé les soupçons pesant sur Wilner.

Atary a survécu au pogrom perpétré par le Hamas en octobre 2023, alors qu’elle se trouvait chez elle, au kibboutz Kfar Aza. Son mari, Yahav Winner, a été tué après avoir tenté de la protéger, elle et leur nouveau-né, Shaya, leur permettant ainsi de s’enfuir. La mère et l’enfant sont restés cachés pendant plus de 24 heures avant d’être secourus.

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