Le Pakistan utilise l’image d’une Gazaouie pour attaquer l’Inde à l’ONU
Rechercher

Le Pakistan utilise l’image d’une Gazaouie pour attaquer l’Inde à l’ONU

La représentante indienne a fustigé sa collègue pakistanaise, qui a montré une photographie de la guerre de 2014 pour dénoncer les violences indiennes au Cachemire

Maleeha Lodhi, la représentante pakistanaise aux Nations unies, présente une image d'une Gazaouie en affirmant qu'elle est une victime des violences indiennes au Cachemire, devant les Nations unies, le 23 septembre 2017. (Crédit : capture d'écran Twitter)
Maleeha Lodhi, la représentante pakistanaise aux Nations unies, présente une image d'une Gazaouie en affirmant qu'elle est une victime des violences indiennes au Cachemire, devant les Nations unies, le 23 septembre 2017. (Crédit : capture d'écran Twitter)

L’Inde a fustigé lundi le Pakistan pour avoir utilisé l’image d’une jeune fille gazaouie aux Nations unies pour illustrer les violences indiennes au Cachemire, affirmant que ce geste a promu un « narratif totalement faux ».

Maleeha Lodhi, représentante permanente du Pakistan aux Nations unies, a montré cette photographie samedi, affirmant qu’elle représentait une adolescente du Cachemire dont le visage portait les blessures d’une arme indienne. « Voici le visage de la démocratie indienne », a-t-elle dit en montrant la photographie.

La photographie a cependant été prise pendant la guerre de l’été 2014 dans la bande de Gaza, et montre Rawya abu Jomaa, 17 ans, victime présumée d’une attaque israélienne.

« La photographie a été prise le 22 juillet 2014 par la photographe américaine Heidi Levine. Cette photographie a été publiée par le New York Times le 24 mars 2015, avec la légende ‘Conflit, courage et guérison à Gaza », a dit Paulomi Tripathi, représentante indienne aux Nations unies.

« La représentante permanente du Pakistan a trompé cette assemblée en présentant cette photographie pour propager des mensonges sur l’Inde. Une fausse photographie pour appuyer un narratif totalement faux », a-t-elle dit.

« La représentante permanente du Pakistan, dans sa déclaration, a à nouveau cherché à détourner l’attention du rôle de centre du terrorisme mondial du Pakistan. Elle la fait en montrant cyniquement une photographie d’une jeune fille blessée », a dit Tripathi à l’organisation internationale.

Lodhi avait montré la photographie en réponse au discours prononcé samedi aux Nations unies par la ministre indienne des Affaires étrangères, qui a dit que son voisin avait donné au monde des « terroristes », pendant que l’Inde produisait des médecins et des ingénieurs de grande qualité.

« Pourquoi l’Inde est-elle aujourd’hui reconnue comme une superpuissance mondiale dans l’informatique, et le Pakistan uniquement reconnu comme un important facteur d’export du terrorisme ? », a demandé Shushma Swaraj à l’Assemblée générale.

« Nous avons produit des universitaires, des docteurs, des ingénieurs. Qu’avez-vous produit ? Vous avez produit des terroristes », a-t-elle affirmé.

Les relations entre l’Inde et le Pakistan sont tendues depuis des décennies, principalement sur la question du Cachemire, région divisée mais que les deux pays revendiquent.

Les deux nations nucléaires ont combattu trois guerres depuis leur indépendance en 1947, dont deux sur le territoire disputé de l’Himalaya.

Une photographie publiée sur Facebook par l'UNRWA d'une fillette dite Gazaouie. Elle a cependant été décrite comme une petite fille syrienne par l'agence à de multiples occasions. (Crédit : Facebook)
Une photographie publiée sur Facebook par l’UNRWA d’une fillette dite Gazaouie. Elle a cependant été décrite comme une petite fille syrienne par l’agence à de multiples occasions. (Crédit : Facebook)

Ironiquement, des organisations des Nations unies ont-elles-mêmes été accusées de promouvoir un faux narratif en utilisant de fausses images pour mettre en lumière le sort des Gazaouis.

Dans un post publié en juin sur Facebook, Twitter et son site internet, l’UNRWA, l’agence des Nations unies en charge des réfugiés palestiniens, avait utilisé la photographie d’une fillette, identifiée comme « Aya », en affirmant qu’elle avait souffert toute sa vie du blocus israélien sur la bande de Gaza.

La fillette photographiée n’est cependant pas gazaouie mais syrienne, avait affirmé l’association UN Watch.

L’AFP a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...